DECLARATION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 2 octobre 2007

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le mardi 02 Octobre 2007, sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Secrétaire National chargé de la coordination des activités du parti, en l'absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général, en mission, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale;
2. vie du Parti.

Le Bureau Politique de l'AFP a examiné la situation nationale sous l'angle du réel douloureux des Sénégalais, auquel le pouvoir en place continue d'opposer un autre Sénégal dont les bases n'existent que dans l'imaginaire et le verbe. La conférence de presse que Maître Abdoulaye Wade a servie aux populations hier est un conte long et exhaustif. Il ne manquait que la formule initiale traditionnelle qui a été soigneusement éludée : " Il était une fois ".

Le Bureau politique de l'AFP estime que le rétablissement des faits et de la vérité des chiffres, en cadrant les priorités de notre pays, constitue une des tâches des patriotes, qui ne doivent pas se lasser de mettre à nu la comédie de fort mauvais goût que le pouvoir de Maître Wade sert en permanence au peuple pris sous l'étau d'une misère profonde, qui s'aggrave au fil des jours.

Sur le plan de la croissance économique, la situation de notre pays est préoccupante, après la mise en faillite par le régime de Maître Wade du système productif du monde rural, de nos principales unités industrielles et la détérioration d'un environnement peu propice aux investissements. La réalité qu'aucune gesticulation de prestidigitateur ne peut masquer, c'est que dans le cadre de l'UEMOA, le Sénégal occupe la 5ème place sur huit (8) avec un taux de croissance se situant autour de 2 %, devançant seulement trois pays qui ont connu des guerres civiles ou des troubles graves.

Le Bureau politique de l'AFP invite Maître Wade et son régime à descendre rapidement sur terre, parmi nous, pour traiter des urgences qui ne sauraient être occultées, sans mettre en péril les équilibres déjà fragiles de notre pays. Dans le domaine de la santé, la prévalence relative au choléra, au paludisme et à la tuberculose connaît une courbe ascendante, avec des ravages palpables au sein des populations, notamment les plus démunies. Pourtant, le régime en place n'a mis en œuvre aucune politique cohérente, pour régler le grave problème de l'accessibilité et de la qualité de l'eau.

En ce qui concerne la production et la distribution de l'électricité, la SENELEC continue, depuis la nationalisation de 2000, d'engloutir des sommes faramineuses, sans que la situation s'améliore. Les délestages continuent de plus belle, au moment où le gouvernement de Maître Wade s'apprête à attribuer à la SENELEC un montant de 65 Milliards de francs CFA. A ce stade, un brin de bonne gouvernance implique nécessairement un arrêt impérieux de la mauvaise gestion et une enquête sérieuse sur la gabegie qui a frappé cette société stratégique, qui gère un facteur de production essentiel.

Toutefois, eu égard aux innombrables turpitudes qui jalonnent la conduite d'importants dossiers, nous sommes loin du bout du tunnel. Qu'il s'agisse du projet relatif à l'aéroport de Ndiass, de l'or de Sabodola, de l'ANOCI ou de la troisième licence de téléphonie, les stigmates hideuses de la mal gouvernance sont visibles, avec la grande place, la trop grande place qu'y occupent l'informel, l'incompétence et les chiffres incohérents, avec des variations se situant à hauteur de dizaines, voire de centaines de milliards. Une autre constante et pas des moindres, c'est le choix opaque des partenaires, sur des bases que seuls les tenants du pouvoir connaissent. A cet égard, les déclarations de Maître Wade sur le dossier de la plate forme de Diameniadio et l'autoroute à péage sont tout simplement inouïes. Comment un chef d'Etat peut-il assumer, pendant des années, la conduite d'un projet auquel il ne croit pas, en faisant mobiliser des ressources humaines et financières aussi importantes ? Les nouveaux projets de Centrale électrique et de cybervillage, sortis hier des manches de Maître Wade, ne connaîtront-ils pas le même sort ?

Le Bureau politique de l'AFP exige du régime de Maître Wade l'arrêt immédiat de ces jeux coûteux pour la crédibilité de notre pays, les deniers du contribuable et l'économie nationale.

Abordant le dernier point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a fait le point de la vente des cartes du parti qui se poursuivra selon le schéma de la circulaire n° 22.


Fait à Dakar, le 2 octobre 2007 

Le Bureau politique de l'AFP