COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 22 juillet 2008

 


Le Bureau politique de l’AFP s’est réuni le mardi 22 juillet 2008, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général,  autour de l’ordre du jour suivant :

1.     situation nationale;

2.     vie du Parti.

Le Bureau politique a tenu tout d’abord à s’incliner devant la mémoire de feu Serigne Ousseynou Khar Seck, Khalife Général de Thiénaba. Homme de Dieu, homme de paix, Serigne Ousseynou Khar Seck a consacré toute sa vie à la promotion des idéaux de l’Islam. Le Bureau politique de l’AFP présente ses condoléances émues au nouveau Khalife Général, Serigne Cheikh Tidiane Seck, à la famille éplorée, à la Communauté de Thiénaba et à tous les disciples du Saint homme.

Le Bureau politique de l’AFP a consacré l’essentiel de sa réunion hebdomadaire à la situation nationale, où le fossé est toujours là, qui sépare les deux Sénégal : celui du réel douloureux et  objectif et celui de nos gouvernants, dont la perception du pays est déformée par le prisme de leurs états d’âme ou de la gestion égoïste de leurs intérêts privés. Quand un chef d’Etat clame urbi et orbi qu’il est à même de faire ce qui lui plaît, est-il besoin de lui dire qu’il se fourvoie, alors que son action devrait s’inscrire dans le cadre de la Constitution, des lois et règlements, conformément à la lettre et à l’esprit de son serment ?

Evidemment, cette conception narcissique du pouvoir constitue une des données du jeu politique dans notre pays. Les positions fluctuantes au gré des humeurs du Secrétaire général national du parti-Etat ne sauraient infléchir la détermination de l’opposition patriotique à poursuivre son combat pour mettre fin à la régression démocratique en cours et à l’effondrement des fondamentaux de notre pays. Dans tous les cas, les conclusions des Assises nationales seront naturellement et logiquement appliquées par un gouvernement de la République du Sénégal, car elles seront la résultante des réflexions approfondies d’un peuple debout, qui est décidé à prendre en main son destin, dans la foi et la liberté que Dieu lui a conférées, et que nul ne peut aliéner durablement. 

Les péripéties qui avaient conduit au holdup  électoral de février 2007 demeurent donc dérisoires, dans le contexte du mouvement global historique, car, à travers la refonte supposée totale du fichier électoral,  il s’est agi, en fait, d’une vaste opération diabolique de confiscation du droit de vote de centaines de milliers de citoyens. Cet accident ne saurait constituer une norme au service d’un clan, encore moins d’une dynastie qui reposerait sur les ruines de la morale républicaine, de nouveau soumise à rude épreuve, à travers un décret présidentiel invraisemblable qui confère au bureau du Sénat la direction du Congrès, Congrès qui se révèle également celui du prince. Et ce décret décrié par des spécialistes du droit constitutionnel est déjà une violation flagrante de l’article 103 de la Constitution. Pour toutes ces raisons, le Bureau politique souscrit totalement à la déclaration du Secrétaire général, M. Moustapha Niasse, selon laquelle Me Abdoulaye Wade sera jugé à travers la conformité de ses actes avec son nouveau discours à propos de la situation nationale, et rend hommage à Serigne Bara Mbacké, Khalife Général des mourides, pour ses initiatives en faveur de la paix des cœurs et des esprits.

Malgré tout, Me Wade est attendu, en ce qui concerne le train de vie de l’Etat, sous le rapport des nombreuses difficultés auxquelles les populations sont confrontées. D’autant plus que dans la sous-région, plusieurs de ses pairs ont déjà pris des initiatives hardies à cet égard, comme c’est le cas depuis hier en Côte d’Ivoire où les salaires des ministres ont été réduits de moitié et les déplacements à l’étranger réduits au minimum.  Pour le moment, notre jeunesse apprécie la situation à sa manière, en choisissant de plus belle la voie périlleuse de l’émigration clandestine, qui est en train de connaître un nouveau regain, à cause du beau temps, plus propice à une telle entreprise.

L’impunité constitue une autre tare du régime des pseudos libéraux, comme le rappelle la journée sans presse organisée avec succès, le lundi 21 juillet 2008, par le Comité pour la Défense et la Protection des Journalistes. Face à ce combat qui serait hors de saison dans un véritable Etat de droit, le gouvernement de Me Wade devrait avoir la décence de se taire et de se terrer, au lieu de continuer à se livrer à un de ses sports favoris, la désinformation sans limites et tous azimuts.

Abordant le deuxième point de l’ordre du jour, le Bureau politique de l’AFP a examiné en profondeur la question des relations du gouvernement sénégalais avec l’ASECNA. A cette  occasion, le Secrétaire général a fait un exposé sur la Convention signée à Saint-Louis en 1959 et portant création de l’ASECNA,  Convention modifiée à Dakar en 1974. 

Il n’y a aucun doute que l’ASECNA constitue une expérience réussie d’intégration africaine dans un domaine précis,  à haute technologie, celui de la navigation aérienne et de la sécurité du transport de passagers et de fret. C’est là le domaine de progrès techniques, de l’utilisation des satellites géostationnaires et des nouveaux systèmes de surveillance des activités, dans les espaces aériens au dessus du continent africain.

Les problèmes qui peuvent prévaloir entre l’ASECNA et un pays membre peuvent toujours trouver une solution négociée, par l’application intelligente des dispositions de la Convention de Saint-Louis amendée à Dakar en 1974. Il s’offre une possibilité constante portant sur des négociations concernant les accords particuliers qui existent entre chaque Etat membre et l’ASECNA, pour tout ce qui touche à la gestion des aéroports, du système d’approche et de guidage des avions et, naturellement, sur la question du partage des redevances d’atterrissage et de balisage des avions.

Il reste que la question foncière concernant les domaines sous la responsabilité de l’ASECNA et sur laquelle des actes en cours impliquent de multiples interrogations graves sans réponse, est source d’inquiétude. Le domaine foncier que gère l’ASECNA dans les pays membres doit être traité avec esprit de responsabilité et conformément au droit des traités internationaux.  Le Bureau politique s’interroge comme tous les Sénégalais soucieux de l’intérêt général : Pourquoi donc a-t-on morcelé et distribué des parcelles à l’intérieur du mur de clôture ? Qui a ouvert une brèche sur le côté sud-ouest de ce mûr de clôture et que font les engins de génie civile dans cette zone ? Qui est derrière cette nouvelle forfaiture  après tant d’autres, comme celles du CICES, de l’emprise du Stade Léopold Sédar Senghor et de la zone de captage ?

Par ailleurs, le Bureau politique de l’AFP a procédé aux derniers réglages relatifs à l’Assemblée générale de la Coordination régionale de Fatick qui se tiendra à Fatick le dimanche 27 juillet 2008, sous la présidence effective de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général du Parti. Cette manifestation qui sera organisée sur le même format que les précédentes sera l’occasion pour les participants de se pencher sur les questions du terroir, en les articulant aux interpellations ayant trait à la situation nationale. 


Fait à Dakar, le 22 juillet 2008 

Le Bureau politique de l'AFP