Communiqué du Bureau Politique de l'AFP

Jeudi, 22 juin 2006


Le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le jeudi 22 juin 2006, sous la présidence de M. Falilou Kane, Secrétaire national chargé des Relations Extérieures, en l'absence de M. Moustapha Niasse Secrétaire Général, en mission, autour de l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale ;
2. Vie du Parti.

Le Bureau politique a examiné les derniers développements de la situation nationale toujours marquée par le style saugrenu du régime de Me Wade, qui pense que la conduite des affaires de l'Etat est un jeu permanent de cache-cache. Les péripéties sont nombreuses, souvent inattendues, mais la méthode est toujours la même. L'objet du discours et des mots, c'est de masquer ou d'altérer le réel. Hélas, ce réel pèse tellement lourd sur la marche de notre pays et sur le quotidien des populations, qu'il n'épargne aucune couche sociale et aucun secteur de la vie nationale. Dans l'esprit de l'immense majorité des Sénégalais, l'échec multiforme du Gouvernement de Me Wade est tellement évident que personne ne nourrit, aujourd'hui, la moindre illusion sur sa capacité à se remettre en cause. C'est la raison pour laquelle la question qui taraude les esprits tourne logiquement autour de la date de la fin du calvaire, cette brève éternité.

Les inondations qui avaient constitué le prétexte fallacieux pour reporter la date des législatives et coupler les élections, menacent encore Dakar et toutes les autres localités qui ont déjà subi ce phénomène récurrent. Un an après la catastrophe, les victimes poursuivent leur chemin de croix, sans entrevoir l'ombre d'une maison du plan Jaaxay. Le paludisme continue de tuer silencieusement et les maladies diarrhéiques ne sont pas éradiquées. Les enfants et les personnes du troisième âge continuent de payer un lourd tribut. Les femmes non plus n'échappent pas aux conséquences du laxisme ambiant, dans la mesure où, même à Dakar, le peu de lits disponibles dans les maternités a diminué, parce que celle de l'Hôpital Le Dantec, par exemple, est fermée.

Les contraintes des femmes du monde rural sont accentuées par un appauvrissement consécutif à l'absence d'infrastructures et de revenus. Le pouvoir actuel qui a pris la responsabilité de détruire le système productif du monde rural sans pour autant trouver une issue à l'impasse, a l'obligation d'assister les paysans pour les mettre à l'abri de la disette et de la famine. Après les choix farfelus et désastreux des programmes spéciaux comme le maïs, le manioc et le bissap, voilà qu'on exhibe fièrement des tracteurs qui ne répondent pas aux besoins en matériels agricoles du plus grand nombre. Les critères d'attribution montrent clairement que le régime pseudo libéral est un danger pour le Sénégal, pour le monde rural en particulier. Le Bureau politique de l'AFP invite les tenants du pouvoir à mettre un terme à ses choix fantaisistes, dont les conséquences négatives sur l'avenir de notre pays sont incalculables.
Il en est de même de nos grandes unités industrielles comme les ICS, qui continuent de battre de l'aile, sous le regard du pouvoir actuel, qui croit avoir trouvé une solution, une fois sa responsabilité courageusement dégagée.

Par ailleurs, le système éducatif continue de subir des perturbations et, fait inédit, pendant la période des examens et autres évaluations. Le Bureau politique de l'AFP engage le Gouvernement de Me Wade à renoncer au dilatoire et à la ruse, et à négocier avec les syndicats d'enseignants du moyen-secondaire et le syndicat des personnels administratifs et techniques des Universités, pour trouver des solutions à des revendications d'autant plus légitimes que le pouvoir actuel ne lésine pas sur les moyens, pour satisfaire les rêves de gloire du prince.

A tous égards, le processus électoral est affecté par ces méthodes du régime de Me Wade. Après l'astuce cousue de fil blanc du plan Jaaxay, voilà qu'on distille d'autres rumeurs relatives au report des élections, après avoir programmé l'immobilité urbaine à Dakar. En plus, la progression des chantiers à pas de caméléon n'est guère rassurante. C'est dans ce contexte que le Ministre de l'Intérieur affiche son optimisme en évoquant allègrement le chiffre prévisionnel fort douteux de 5 millions d'inscrits, dans le cadre de la refonte totale du fichier électoral, dont les opérations sont marquées par l'opacité et une volonté manifeste de fraude, malgré les pouvoirs que la loi portant création de la CENA accordent à cet organe de supervision et de contrôle. En décrédibilisant la CENA dès le début et en l'asphyxiant financièrement, le pouvoir actuel a clairement affiché sa volonté de ne pas appliquer la loi, pour tenter d'échapper ainsi à la sanction du peuple souverain.

Le Bureau politique engage le Gouvernement de Me Wade à mettre fin à cette parodie de refonde du fichier, qui illustre éloquemment la régression démocratique, comme du reste, la tentative d'intimidation des leaders politiques tels qu'Amath Dansokho. Il renouvelle au leader du PIT l'expression de sa solidarité militante et patriotique, tout en réaffirmant sa détermination à poursuivre le combat de l'Alliance des Forces de Progrès pour un Sénégal dirigé autrement, dans la voie généreuse du développement concerté.


 

Fait à Dakar, le jeudi 22 juin 2006

Le Bureau politique de l' AFP