COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 22 avril 2008

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le mardi 22 avril 2008, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale ;
2. vie du Parti.

Le Bureau politique de l'AFP s'est penché sur la situation nationale caractérisée par l'aggravation de la crise multiforme et multisectorielle qui affecte intégralement notre pays et ses populations. Prises à la gorge par les errements d'un gouvernement pseudo-libéral incapable et incapacitant, celles-ci crient de plus en plus leur détresse et leur lassitude. Face à la rigueur des faits et à la douleur lancinante des Sénégalais qui n'en peuvent plus, le régime de Me Wade s'accroche aveuglément à ses fausses certitudes, en se réfugiant dans la propagande tous azimuts, pour opposer au réel et à la souffrance du peuple un Sénégal contrefait, avec des mensonges d'Etat qui ne convainquent plus personne. Les Sénégalais sont en train de payer au prix fort, la mal gouvernance et l'affairisme ambiants, avec leurs conséquences désastreuses sur l'économie nationale. C'est la raison pour laquelle, le malaise social n'épargne aucune catégorie de la population.

Les quelque 65% de Sénégalais qui constituent le monde rural sont progressivement tenaillés par une famine dont Me Abdoulaye Wade nie la réalité d'un revers de main, en sortant de son chapeau, tel un prestidigitateur qui s'est trompé d'époque, un nouveau slogan baptisé, au sortir d'élucubrations très virtuelles, Grande Offensive pour l'Agriculture, la Nutrition et l'Abondance (GOANA). On se souvient du plan Jaxaay. Le régime actuel est fidèle à son style : la grandiloquence, la manipulation, la légèreté et la volonté anesthésiante sont encore au rendez-vous. Il s'agit en fait d'une réédition encore plus irresponsable des programmes dits spéciaux, dans une version hypertrophiée et dont les paysans seront encore les principales victimes. Non seulement, il n'a été procédé à aucune évaluation des échecs retentissants des opérations maïs, manioc et autres lubies, mais le gouvernement de Me Wade fait semblant d'ignorer que nous sommes à quelques semaines de l'hivernage. Il reste muet sur les mesures concrètes qu'il entend prendre pour aboutir à des résultats qui dépassent de toute façon la capacité des surfaces arables. Rien non plus sur les moyens logistiques, le matériel agricole nécessaire, les intrants, l'eau, les coûts, les ressources budgétaires et le mode de financement. Le plus surprenant, c'est que les acteurs n'ont pas été consultés. En plus, Me Wade prétend affecter 20 ha aux membres de son clan, sans expliquer aux Sénégalais comment la mise en valeur de ces terres arbitrairement affectées va être organisée et financée. Va-t-on encore pressuriser les Sénégalais ?

En mettant fin à la filière arachidière sans l'avoir remplacée par de nouvelles options cohérentes, Me Wade avait déjà accéléré l'appauvrissement des paysans. Avec ses nouveaux rêves, les paysans vivront de nouveaux cauchemars qui accentueront leurs frustrations déjà profondes. Sous d'autres cieux, en Amérique latine par exemple, cette situation a provoqué, on le sait, des explosions sociales incontrôlables, surtout quand une telle situation est accompagnée de spoliations de terres qui ont transformé les acteurs traditionnels du monde rural en métayers taillables et corvéables à merci.

Le Bureau politique de l'AFP invite Me Abdoulaye Wade à cesser de jouer avec le feu et, à défaut de pouvoir régler les vraies questions qui intéressent le vrai Sénégal, de s'interdire de mettre en danger la paix et la stabilité de notre pays.

L'insouciance et le réflexe totalitaire qui animent le pouvoir actuel continuent d'inspirer celui-ci dans la gestion des crises sociales. C'est le cas de celle qui gangrène le système éducatif de notre pays. Au lieu de s'employer à dialoguer avec l'intersyndicale de l'Enseignement, Me Wade et son régime pensent que la solution réside dans la création artificielle de syndicats jaunes, pour s'opposer à un mouvement dont les revendications reposent essentiellement sur une volonté de réparer des injustices provoquées par une approche désordonnée, qui manque de vision et de sagesse. Sur ce dossier précis de l'Education au Sénégal, toute solution tendant à écarter ou à neutraliser les partenaires naturels que sont les enseignants est vouée à un échec et à un blocage programmé.  Dans ce domaine, comme dans de nombreux autres, la responsabilité de Me Abdoulaye Wade est totalement engagée devant l'histoire.

La volonté de raidissement qui conditionne aujourd'hui les approches et les décisions du pouvoir actuel sont le lit d'une injustice préjudiciable à la cohésion nationale. Le Bureau politique de l'AFP engage le gouvernement de Me Wade à se ressaisir pendant qu'il est encore temps et à étudier les graves dossiers de l'heure dans un esprit d'ouverture, en toute responsabilité, en faisant abstraction des préoccupations d'un groupe privé, pour mieux tenir compte de l'intérêt général. C'est dans cet esprit qu'il convient de trouver, sans tarder, une solution à la grève de la faim à laquelle se livrent les ex-travailleurs de la SOTRAC, qui ont été poussés jusqu'à leurs derniers retranchements.

Sur tous ces dossiers, le Bureau politique de l'AFP tient Me Abdoulaye Wade lui-même, son gouvernement et ses thuriféraires zélés, pour responsables de la tragédie dont les contours se dessinent sous nos yeux. Il serait vain de chercher ailleurs, comme d'habitude, les responsables qui n'ont rien à voir avec les boucs émissaires que constitue toute entité qui n'accepte pas les préoccupations des tenants du néo-totalitarisme sahélien paré du libéralisme.

Abordant le dernier point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a invité les responsables et les militants du Parti à participer activement aux manifestations que la Coalition and Siggil Senegaal organise à la base, pour protester contre le report anti-démocratique des élections locales sous des prétextes fallacieux, contre la vie chère et le train de vie de prédateurs arrogants qui se moquent des souffrances endurées par les populations. Par ailleurs, le Bureau politique a adopté le programme semestriel du Centre de formation et de Documentation du Parti dont l'installation est en cours à la permanence de l'AFP. En plus, il a entendu une importante communication, sur le dossier de la santé au Sénégal, présentée par M. Falilou Kane et le Dr Abdoul Bâ. Il a également réaffirmé la volonté du Parti de poursuivre la vente des cartes, en direction du prochain Congrès ordinaire, sans préjudice d'une participation de qualité de l'AFP aux Assises nationales, véritable œuvre de salubrité publique.


Fait à Dakar, le 22 avril 2008 

Le Bureau politique de l'AFP