COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Lundi 22 février 2010

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le lundi 22 février 2010, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général du parti, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale ;
2. vie du Parti.

Le Bureau politique s'est tout d'abord incliné devant la mémoire du camarade Oumar Kanté, Secrétaire général de la Coordination régionale de Kédougou. En luttant contre une longue maladie, Oumar avait gardé sa sérénité, son ouverture d'esprit et la finesse de ses analyses pointues sur la situation nationale, notre combat commun et les perspectives. Avec la disparition du camarade Oumar Kanté, l'AFP perd un responsable doté d'une vaste culture, animé d'une détermination et d'une loyauté sans faille. Le Bureau politique présente ses condoléances attristées à sa veuve, à sa famille, à ses nombreux amis et élève de ferventes prières, pour que le Tout-Puissant l'accueille en Son Paradis.

Examinant la situation nationale, le Bureau politique de l'AFP a déploré les politiques que le gouvernement de Me Abdoulaye Wade applique froidement au monde rural, qui poursuit son douloureux chemin de croix. Après l'absence de semences en quantités et qualités suffisantes, après le manque de financements qui a conduit à une parodie de campagne de commercialisation agricole, sans matériel agricole approprié, voilà que les pseudo-libéraux constatent le démantèlement de la filière arachidière avec des cris de gloire qui renseignent beaucoup sur leur impéritie et leur inconscience. Ne mesurent-ils point les conséquences catastrophiques sur l'économie nationale d'un monde rural surexploité et appauvri ? Obnubilés par la conquête d'une majorité introuvable, Me Abdoulaye Wade et ses affidés tentent, au contraire, de neutraliser les vraies porte-paroles des ruraux comme le CNCR, et de caporaliser les paysans, agriculteurs et pêcheurs, par la création de syndicats dits paysans accrochés au train d'un régime décadent qui ne peut plus proposer au peuple des programmes mobilisateurs.

Pire, avec le projet réchauffé de provincialisation, les terres des paysans sont directement menacées par la boulimie foncière morbide qui anime les tenants du régime, au détriment de l'intérêt général et de la paix civile, menacée par la résurgence d'expressions identitaires dont le Sénégal se passerait volontiers. Les Sénégalais doivent s'opposer à ce projet avec la dernière énergie.

Le manteau de nationalisme maladroitement emprunté par Me Wade lui-même pour négocier directement avec un ministre le départ des bases françaises du Sénégal, cache mal une volonté d'accaparement des espaces et de certains équipements, à des fins douteuses et inavouées. Le Bureau politique de l'AFP exige que le régime en place dise aux populations quels sont les projets conçus à cet égard, et quelles sont les procédures prévues. En tout état de cause, le Bureau politique met en garde les spéculateurs véreux qui seraient tentés, une fois de plus, d'être complices de transactions illégales, au détriment du Sénégal. En temps utile, ces actes seront traités par le droit et la loi.

Ce sont les mêmes conséquences de la mal gouvernance chronique qui ont présidé à la construction de l'inopportune statue de la prétendue Renaissance africaine et à la destruction des gradins qui lui faisaient face, dans une cacophonie qui reflète l'incompétence et le profond mépris que les tenants du pouvoir patrimonial nourrissent à l'endroit des Sénégalais, du bien public et des ambitions d'un Etat sur l'avenir.

Par ailleurs, la gestion du dossier de la Casamance est parasitée par le manque de savoir-faire et le même pilotage à vue. Les faits sont constants. Le conflit, qui dure depuis quelque 28 ans, a entraîné le règne de l'insécurité, avec son lot de crimes, d'exactions sur des populations innocentes, plombant ainsi tout développement concerté. Par ailleurs, il est évident que l'intégrité du territoire national doit être préservée. La solution militaire n'ayant pas ouvert la voie de la paix, il est logique que le Sénégal, notre pays, ait recours aux mécanismes et instruments internationaux qui existent comme le Conseil de Sécurité de l'ONU, qui est compétent pour ce genre de situation. Ceux qui crient à l'internationalisation du conflit, avec une suffisance trop prononcée, devraient savoir que le concept présuppose l'intervention de forces étrangères, armées et belligérantes sur le territoire national. Le fait d'impliquer les parties prenantes directes et les pays voisins concernés est une démarche qui participe d'un schéma global classique éprouvé, avec des phases et un calendrier bien déterminés. La sérénité s'impose devant la sensibilité d'un dossier mal géré pendant trop longtemps et qui menace directement les intérêts de notre pays.

Bien entendu, quand un gouvernement est incapable de trouver des solutions durables à une situation de cette nature qui concerne directement une partie de son territoire, il n'est pas étonnant que les échecs se multiplient aux plans sous-régional, régional et mondial. Avec les gesticulations de la diplomatie de Me Wade, il sera difficile à un candidat sénégalais à un poste international, quelque soit la consistance de son curriculum vitae, d'avoir gain de cause. L'avalanche récente de revers au sein de la CEDEAO n'est en fait que la conséquence logique d'un style en porte-à-faux avec les règles les plus élémentaires qui régissent les relations internationales.

Evidemment, ce style n'est que la prolongation de comportements et dérives à l'interne. C'est bien le réflexe autoritaire qui a provoqué l'humiliation inacceptable de Sénégalais invalides de guerre et veuves qui ont fait l'objet de brutalités inutiles. Abdoulaye Wade et ses affidés devraient avoir à l'esprit que désormais les crimes commis à l'encontre des populations ne resteront plus impunis. Le Bureau politique exprime sa solidarité à ces nouvelles victimes du régime de Me Wade qui prolonge une liste déjà trop longue de patriotes grugés par un discours populiste.

 


Fait à Dakar, le 22 février 2010 

Le Bureau politique de l'AFP