DECLARATION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 22 janvier 2008

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le mardi 22 janvier 2008, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale;
2. vie du Parti.

Le Bureau politique a procédé à des échanges approfondis sur la situation de notre pays. Face aux multiples interrogations des Sénégalais, demeurées sans réponse, le mécontentement populaire continue de se développer alors que, au sein de l'Etat, le désordre et le tâtonnement continuent, en même temps que la prolifération des foyers de décisions. Aucune bonne volonté ne peut venir à bout des errements et des incohérences du régime de Me Wade, qui a fini d'entraîner notre pays sur la voie de la régression intégrale.

Les finances publiques n'en peuvent plus de subir la pression irraisonnable du train de vie d'un Etat chaque jour plus boulimique et moins efficace dans la prise en charge des préoccupations des populations et de l'intérêt général. Malgré le jeu de cache-cache dérisoire auquel le gouvernement s'est livré avec les Institutions de Brettons Wood, la réalité de la grave reconstitution de la dette publique est tangible. Les conséquences sont désastreuses pour nombre de PME et PMI littéralement asphyxiées. Déjà, certaines d'entre elles avaient subi de plein fouet les conséquences de la mise en faillite des ICS. Aujourd'hui, le besoin de liquidité des tenants du pouvoir ne saurait justifier leur tentative maladroite, rejetée par les partenaires du Sénégal, de faire main basse sur les réserves de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO).

Ce nouvel échec qui vient s'ajouter à d'autres, contribue naturellement à accentuer l'isolement de notre pays dans la sous-région et à ternir une image déjà sérieusement mise à mal par de multiples réactions épidermiques en porte à faux avec l'usage et la gestion responsable des vrais intérêts du Sénégal. Le Bureau politique de l'AFP invite le gouvernement de Me Wade à se départir de l'approche mélodramatique et à traiter les dossiers à caractère international avec plus de sérénité et de professionnalisme, en utilisant les nombreuses ressources humaines de qualité dont regorgent les services de l'Etat.

Et les comptes-rendus fallacieux, tendant à enrober d'accents de succès, des revers patents ne peuvent rien changer à la vérité des faits et des évènements.

Naturellement, les choix douteux du régime actuel et son impéritie ont des conséquences douloureuses sur les populations, tout particulièrement sur le monde rural et les travailleurs de plusieurs secteurs, qui sont en lutte pour exiger le respect des engagements gouvernementaux. Au lieu d'aider en urgence les paysans essoufflés par des années jalonnées de décisions contre-productives, le pouvoir en place continue dans le dilatoire, en s'adonnant curieusement à des études sur le terrain, pour identifier des sinistrés qui sont devenus l'écrasante majorité.

Le Bureau politique de l'AFP met en garde le régime de Me Wade qui, par le passé, n'a pas hésité à moduler l'assistance aux ayants droit en fonction de leur allégeance au parti-Etat. Il a réaffirmé son engagement aux côtés des paysans car, depuis sa naissance, le parti a pris la décision de se mobiliser au service du monde rural qui constitue 70% de la population. D'année en année, le monde rural n'a cessé de plonger dans la pauvreté et les mesures cosmétiques claironnées par le pouvoir n'y changeront rien. La révolution agricole ne sera une réalité qui si des solutions sérieuses sont mises en œuvre en concertation avec les acteurs.

En ce qui concerne le processus électoral, l'éthique républicaine et les impératifs de transparence continuent, là également, d'être foulés aux pieds par les fraudeurs zélés et récidivistes du Ministère de l'Intérieur, dont les méfaits ont été de nouveau mis en exergue par le Rapport de la CENA qui, en fait, déroule la typologie de fraudes en cours sous l'ère des pseudo-libéraux : les variations fantaisistes du nombre d'inscrits sur un fichier électoral piégé, une carte électorale opaque, les brèches organisées pour permettre le vote multiple, la substitution d'électeurs par d'autres, la rétention modulée tout aussi délictueuse des cartes d'électeurs en fonction des rapports de force sur le terrain, la prolongation subjective du scrutin jusqu'à des heures indues, l'acheminement non sécurisé des procès-verbaux dans 25 sur 34 départements, etc. Pour toutes ces raisons, le Bureau politique de l'AFP invite les responsables et les militants du Parti, à se mobiliser avec tous les démocrates du pays, pour imposer, à ces fraudeurs zélés, un processus électoral fiable menant à des élections régulières, transparentes et sincères. En plus, les populations locales, ne sauraient tolérer la réédition des mascarades électorales de 2007.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a évalué les journées d'Analyse et de Prospective organisées par l'Alliance Nationale des Cadres pour le Progrès (ANCP), sur le thème "Quel service public pour le Sénégal à l'horizon 2015 ? " et sous la présidence du Secrétaire général, M. Moustapha Niasse, dont l'Allocution d'ouverture, par sa hauteur et sa dimension pédagogique a donné le ton, qui s'est prolongé dans celui des communications de très haut niveau et dans des débats fructueux, aussi bien dans les ateliers qu'en séance plénière. Le Bureau politique de l'AFP adresse donc ses vives félicitations et ses profonds remerciements au Secrétaire général, M. Moustapha Niasse, à M. Alioune Sarr, Coordonateur de l'ANCP et à tous les membres de cette structure affiliée, à la Coordination régionale de l'AFP de Dakar, à l'ensemble des conférenciers, aux représentants des partis politiques et aux membres de la société civile qui ont tous contribué à l'éclatant succès de cette manifestation dont les travaux seront édités et publiés.


Fait à Dakar, le 22 janvier 2008 

Le Bureau politique de l'AFP