Communiqué du Bureau Politique de l'AFP

Jeudi,  2 mars 2006

Le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le jeudi 02 mars, sous la présidence de M. Falilou Kane, Secrétaire national chargé des Relations Extérieures, en l'absence de M. Moustapha Niasse Secrétaire Général, en mission, autour de l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale ;
2. Vie du Parti.


Le Bureau politique de l'AFP s'est penché sur la situation nationale qui laisse apparaître un pays malade, une démocratie en régression accélérée et des gouvernants incapables de prendre la vraie mesure d'une crise profonde, qui touche tous les secteurs d'activités. Au moment où l'écrasante majorité des Sénégalais projette un regard inquiet sur l'avenir, les tenants du pouvoir actuel pensent pouvoir tout régler avec la ruse, l'argent, la manipulation, la diversion et la violence.

L'affairisme ambiant n'épargne même pas les sinistrés des inondations qui se voient ballottés de promesses en promesses, au gré de l'inspiration du gouvernement de Me Wade, insensible à la tragédie qui frappe ces populations victimes d'une catastrophe naturelle, de l'imprévoyance et du cynisme. Non seulement, elles ont servi d'argument fallacieux pour la manipulation du calendrier électoral, mais aujourd'hui leurs biens sont menacés par la spéculation foncière. Sur ce dossier, le gouvernement met à nu sa démarche nébuleuse et incohérente, en promettant des logements gratuits avant de se raviser. Les sites qui ont abrité les sinistrés pendant plusieurs mois ont été évacués de force et les victimes ont été invitées à regagner leurs logements insalubres. Et voilà que le pouvoir décide brutalement de démolir des milliers de maisons sans procéder à aucun recensement fiable, avec la participation des intéressés ou de leurs représentants. Le Bureau politique de l'AFP tient le gouvernement de Me Wade pour responsable de toutes les conséquences dramatiques que pourraient entraîner cette nouvelle décision arbitraire et inhumaine, ainsi que l'usage aveugle de la force, la nouvelle mode de goût.

Malgré le malaise ambiant, le Premier Ministre et les autres membres du gouvernement errent à travers le pays, à la recherche d'une unité illusoire du parti au pouvoir, que la perspective d'élections démocratiques et transparentes effraie. Cette peur bleue empêche les autorités de notre pays de traiter des dossiers prioritaires, comme la crise du système éducatif, le drame silencieux qui se déroule dans nos structures sanitaires dépourvues du minimum, le monde rural, les délestages intempestifs qui menacent l'activité des industries des pme et des pmi. En ce qui concerne les événements des universités Cheikh Anta Diop et Gaston Berger, le Bureau politique de l'AFP invite le pouvoir actuel à engager des négociations sérieuses avec les étudiants, pour sauver impérativement l'année universitaire. En effet, il est temps que le gouvernement de Me Wade comprenne que la violence d'Etat ne saurait prospérer, encore moins si elle est sous-tendue par des préoccupations qui n'ont rien à voir avec l'intérêt général.

Au-delà du traitement de ces dossiers sociaux d'une actualité brûlante, la construction d'une démocratie apaisée doit passer par la recherche du consensus dans la conduite du processus électoral. Après avoir décidé unilatéralement de refondre totalement le fichier, le gouvernement de Me Wade vient de passer aux aveux en reconnaissant qu'au 28 février 2006, l'objectif de 3.000.000 d'inscrits est loin d'être atteint. Pourtant, en son temps, l'opposition démocratique avait stigmatisé ce choix aventureux qui, en définitive, avait pour unique but d'éviter un vrai face à face avec les vrais électeurs du Sénégal, avec une démarche diabolique pour organiser l'obstruction, par l'organisation nébuleuse et discriminatoire des inscriptions sur les listes électorales. La polémique qui vient de s'installer entre la CENA et le pouvoir met à nu les manœuvres en vue de l'élaboration d'un fichier préfabriqué au service d'un clan. Par ailleurs, le gouvernement de Me Wade continue de s'installer obstinément dans l'illégalité absolue, en refusant à la CENA les moyens logistiques et l'autonomie financière que lui confère la loi. Avec cette refonte totale du fichier, les tenants du pouvoir ont réussi à jeter le doute dans les esprits. Pour le Bureau politique de l'AFP, il est clair que, malgré les innovations techniques pompeusement annoncées, un audit du fichier sera inévitable, d'autant plus que, par exemple, la mention "A VOTE" n'est pas prévue sur les cartes d'électeurs. Tout cela est d'autant plus regrettable que la manœuvre politicienne du pouvoir a coûté au contribuable plus de 22 milliards de f cfa.

Le Bureau politique de l'AFP invite solennellement le gouvernement de Me Wade à se départir des faux-fuyants, à arrêter de jouer avec le feu et à organiser des élections transparentes et sincères, au moins dans la même veine que celles qui lui ont permis d'accéder démocratiquement au pouvoir. La paix civile et la stabilité de notre pays sont largement au-dessus des états-d'âme et des préoccupations d'un clan qui s'interrogent sur son avenir, après avoir démontré à satiété son incompétence et son incapacité foncière à prendre en charge les aspirations les plus élémentaires des populations, sur qui ils n'hésitent même pas à exercer un chantage inqualifiable.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a adressé ses vives félicitations aux camarades et responsables du département de Podor, qui ont apporté une contribution de qualité à la mise sur pied du démembrement de CLARTE NA LEER. Le Bureau politique de l'AFP invite toutes les instances de base à s'organiser, pour participer avec efficacité à l'animation de toutes les structures décentralisées de la coalition chargée de veiller sur la transparence des élections.



 

Fait à Dakar, le jeudi 2 mars 2006

Le Bureau politique de l' AFP