COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Lundi 20 septembre 2010

Le Bureau politique de l’AFP s’est réuni le lundi 20 septembre 2010, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, autour de l’ordre du jour suivant :

1. situation nationale ;
2. vie du Parti.

Le Bureau politique de l’AFP a procédé à des échanges approfondis sur la situation nationale. Au lieu de s’améliorer, le climat délétère consécutif à l’essoufflement des poumons économiques de notre pays empire, du fait des conséquences sociales dramatiques aggravées au fil des semaines par la corruption et l’affairisme débridés des tenants du pouvoir.

Pris dans l’horrible toile qu’il ne cesse de tisser, M. Wade ne prend même plus la peine de sauver les apparences, obnubilé qu’il est par une obsession morbide qui se résume à une transmission dynastique d’un pouvoir qu’il avait tenu en mars 2000 de la souveraineté populaire. C’est précisément, cette souveraineté détenue par le peuple sénégalais qu’il s’attache aujourd’hui à combattre désespérément pour échapper au verdict fatal qu’il subira.

Mais, la ruse et le réflexe dictatorial en bandoulière, M. Wade continue de manœuvrer, dans la logique qui l’a amené à annoncer prématurément une candidature qu’il sait, lui-même, anticonstitutionnelle. Le bras de fer qu’il mène rageusement contre les collectivités locales contrôlées par l’opposition patriotique regroupée dans la coalition Bennoo Siggil Senegaal est l’expression achevée d’un homme aux abois qui utilise à outrance tous les leviers à sa portée pour asphyxier des adversaires qui ont eu le tort de le battre, lui et son fils, par le biais du suffrage universel.

Le Bureau politique de l’AFP, évoquant la question des attaques frontales perpétrées par M. Wade et ses affidés à l’encontre des Elus Bennoo et, en particulier, le Maire de Dakar, M. Khalifa Sall et l’équipe municipale, considère qu’il s’agit là d’une nouvelle manifestation de refus du Secrétaire général du PDS de reconnaître la défaite essuyée par sa liste à l’occasion des élections locales, le 22 mars 2009.

C’est pourquoi le Bureau Politique de l’AFP réaffirme que la position exprimée par Bennoo Siggil Senegaal le 16 septembre 2010 est la seule voie permettant de faire face à l’offensive anti républicaine consistant à lancer un appel au dialogue, d’un côté, et de l’autre poser des actes d’abus de pouvoir et d’accusations non fondées, pour porter le discrédit sur des équipes d’Elus qui commencent, par leur travail cohérent, à administrer la preuve qu’un autre mode de gouvernance, tout à fait à l’opposé de celui du régime PDS, peut changer le Sénégal et le conduire vers le développement.

Mais les priorités des Wade sont ailleurs. Qu’il s’agisse des inondations, de la taxe sur la consommation de l’électricité, des délibérations souveraines de la Ville de Dakar concernant notamment l’acquisition d’un patrimoine foncier, le fil d’Ariane est bien visible : un vieil autocrate revanchard, à l’égo surdimensionné, entend faire payer aux Sénégalais le choix d’avoir dénoncé la gestion calamiteuse qu’il leur impose depuis dix années, dix trop longues années. Il appartient aux électeurs souverains de protéger leurs votes, pour assurer la pérennité de la démocratie, face à un mégalomane dangereux qui se pose en absolu, en s’isolant dans un monde virtuel qu’il hante avec sa camarilla de laudateurs prédateurs.

Bien entendu, la machine infernale ainsi lancée prétend entretenir et développer l’opacité d’un processus électoral déjà mis en mal par la révocation illégale de l’ancien Président de la CENA, suivie de la fragilisation de son successeur qui traînait déjà les suspicions suscitées par les conditions de sa nomination. En plus, la révision des listes électorales ouvertes le 1er février 2010 et clôturées le 10 juillet 2010 dans la nébulosité totale et sans concertation aucune, ajoute à l’opacité d’un fichier électoral qui avait déjà été un des outils frauduleux des mascarades électorales de 2007 organisées par un ministre de l’Intérieur zélé, qui revient avec aplomb sur les lieux du crime, avec des contrevérités. Par ailleurs, le cadre institutionnel des élections, à savoir la Constitution et le Code électoral, fait sans cesse l’objet de modifications unilatérales, au service d’un clan dont la priorité est de se perpétuer au pouvoir, pour continuer d’accomplir ses forfaitures, dans l’impunité totale.

Le Bureau politique de l’AFP tient Me Wade lui-même pour responsable du blocage préjudiciable à la stabilité de notre pays et d’une sous-région déjà mal en point.

Au mois de juin 2010, l’opposition a adressé une lettre à M. Abdoulaye Wade, lui proposant le Professeur Babacar Guèye, comme modérateur du dialogue politique, le Professeur Guèye remplissant toutes les conditions pour assurer une telle mission, dans le contexte qui prévaut dans notre pays. Le Bureau politique de l’AFP analysant l’appel lancé, le jour de la Korité, par M. Abdoulaye Wade, en direction de l’opposition, estime que cet appel ne revêt pas le sceau de la sincérité, ni dans la forme ni dans le fond.

En tout état de cause, l’AFP, membre de la coalition Bennoo Siggil Senegaal partage la même position que celle-ci :

- cette déclaration de dupes ne revêt aucune justification devant les exigences de transparence de tout scrutin électoral et devant les priorités liées à l’approfondissement de la démocratie qui se heurte à de multiples incertitudes provoquées par la gestion du processus électoral par les tenants du pouvoir ;

- l’AFP, de tout temps, a marqué sa volonté d’ouverture vers un vrai dialogue sous-tendu par l’intérêt général, conformément à la culture et aux traditions de notre pays.

Mais, M. Abdoulaye Wade semble plutôt préoccupé aujourd’hui par la recherche de nouvelles stratégies, pour échapper davantage aux contraintes de la gestion transparente des deniers publics et de la gouvernance vertueuse. Les faits graves liés à Global Voice, au traitement réservé à l’Agence de Régulation des Marchés Publics et à l’affaire SUDATEL, sont suffisamment éloquents. Si on cherchait un trésor de guerre pour acheter les consciences on ne s’y prendrait pas autrement. A propos des 20 milliards de SUDATEL, le Bureau politique de l’AFP réitère son soutien sans réserve au journaliste Abdou Latif Coulibaly qui fait l’objet d’un harcèlement haineux de la part des prédateurs.

Pour toutes ces raisons, le Bureau politique de l’AFP estime que la mission des experts de l’Union Européenne est plus que jamais opportune, parce qu’elle se situe au cœur des enjeux qui concernent directement l’avenir du Sénégal.

Abordant le deuxième point de l’ordre du jour, le Bureau politique de l’AFP a engagé le Mouvement national des Jeunes pour le Progrès, le Mouvement national des Femmes pour le Progrès et les organisations affiliées à exécuter méthodiquement des plans d’activités réalistes et ayant trait aux préoccupations des populations. Cette animation plurielle du Parti doit être conjuguée aux préparatifs du prochain Congrès, qui doit profiler l’Alliance des Forces de Progrès pour l’amener à jouer le rôle qui est le sien, dans un Sénégal à la croisée des chemins.


Fait à Dakar, le 20 septembre 2010 

Le Bureau politique de l'AFP