COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Lundi 20 juillet 2009

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le lundi 20 juillet 2009, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale ;
2. vie du Parti.

Le Bureau politique de l'AFP a examiné la situation nationale à la lumière des derniers actes posés par le régime de Me Wade, dans le cadre de la mal gouvernance qui le caractérise et qui parasite tous les secteurs. Le schéma institutionnel de notre pays, déjà dévoyé par Me Wade, souffre du non respect du principe de la séparation des pouvoirs et continue sa descente aux enfers, avec toute l'érosion de la démocratie qu'un tel cheminement implique.

La recréation et la composition du Conseil Economique et Social sont le reflet d'une approche sectaire qui se traduit par l'ostracisme à l'endroit de certaines associations et autres groupements représentatifs, ayant eu le tort de ne pas s'insérer dans le discours monolithique laudateur de l'Etat-PDS. Le règlement de comptes et la promotion d'une clientèle par le biais des Institutions de la République confirment l'incapacité de Me Wade et de son régime à se hisser à la hauteur des exigences d'une crise qu'ils ont eux-mêmes provoquée, même s'ils convoquent des facteurs exogènes postérieurs aux contreperformances actuelles. La réception tardive du nouveau Palais de justice, neuf ans après le 19 mars 2000, avec des malfaçons préjudiciables à la fonctionnalité de l'édifice, est un autre exemple du peu de respect que les tenants du pouvoir nourrissent à l'endroit d'une institution fondamentale dans les démocraties modernes.

Ces dérives institutionnelles se déroulent dans un contexte de morosité, où l'économie nationale subit les contrecoups de l'impéritie, avec la remise en cause des grands équilibres macro-économiques, et le ralentissement de l'activité qui se reflète dans les projections désastreuses d'un taux de croissance autour de 2%. En termes réels, ce taux est en fait négatif, si l'on tient compte du taux d'inflation. Même le Conseil National du Patronat (C.N.P.) qui n'a pas été partie prenante aux Assises Nationales, prévoit une baisse du chiffre d'affaires des entreprises de 10 à 35 %. En plus, il reconnaît la réalité de la dette intérieure, qu'il estime à 100 milliards, même s'il en précise le caractère " hors budget ". Mais les milliers de pères de famille menacés par une telle situation ne s'encombrent pas de nuances qui ne changent en rien le drame de leur vécu quotidien.

En effet, les conséquences des dérives du gouvernement de Me Abdoulaye Wade sur le secteur social sont visibles et bien visibles. La Santé et l'Education connaissent une effervescence continue et les résultats catastrophiques du baccalauréat 2009 devraient mettre un terme à l'optimisme du discours officiel qui nie la gravité et la profondeur de la crise. Par ailleurs, les travailleurs de l'hôtel Indépendance qui ont observé une grève tragique de la faim et la marche programmée des employés de l'entreprise Jean Lefebvre interpellent les démocrates et les patriotes qui ne tolèrent pas le déni de justice. Le cas Bara Tall est une manifestation des velléités dictatoriales d'un duvaliérisme mort-né empêtré dans la médiocrité, la cupidité et le manque de grandeur. Le Bureau politique de l'AFP estime que le genre de mascarade organisée le mardi 30 juin dernier à l'Assemblée Nationale captive, pour donner un grossier quitus à une longue série de forfaitures, confirme une vérité palpable dans les péripéties de l'histoire universelle : la démesure et le ridicule sont deux ferments constants de la dictature, que viennent d'actualiser les pitreries du week-end dernier. Là au moins le talent est incontestable. Toutefois, le peuple continue d'exiger le bilan contrôlé de l'ANOCI, par un audit indépendant qui fasse la lumière sur les 432 milliards déclarés.

Au même moment, les populations meurtries continuent de financer, par leur sueur, le renchérissement du coût de la vie et les privations de toutes sortes, le ballet interminable des vautours dont la pérennité du festin se nourrit de la détresse de l'écrasante majorité. La nouvelle hausse intempestive qui vient de frapper les denrées de première nécessité, les hydrocarbures et l'électricité sont l'expression actualisée du profond mépris que le gouvernement de Me Abdoulaye Wade nourrit à l'endroit des Sénégalais. Le monde rural est une victime de ces politiques meurtrières dont les adeptes théorisent avec un cynisme inouï la pénurie de semences de qualité et l'absence de vivres de soudure, pour satisfaire les lubies d'un ego surdimensionné. Porté par un orgueil de façade, c'est cet ego qui évite de lancer des appels à l'aide alimentaire, tentant ainsi d'occulter la responsabilité pleine et entière du régime en place dans la paupérisation dramatique des paysans sénégalais.

La culture n'échappe pas à l'étau asphyxiant de l'incompétence et de la mal gouvernance. Après avoir neutralisé le ministère de la Culture et ses services, Me Wade vient de reconnaître le manque d'organisation patent qui frappe la prochaine édition du FESMAN, du fait de la mise à l'écart des acteurs et des vraies compétences. Ce rendez-vous mondial appelle une approche multidimensionnelle et pluridisciplinaire. Par ailleurs la construction des infrastructures doit tenir compte de l'avis des hommes de l'art et non dépendre du génie non confirmé de Me Wade, qu'il s'agisse du grand théâtre ou du pseudo monument de la renaissance africaine qui constitue déjà une agression pour les populations riveraines.

Quant à elle, la jeunesse sénégalaise continue de ruminer sa profonde frustration, en constatant que les responsables de son dénuement s'entêtent à tenter de la manipuler, même dans les activités de vacances que constituent les nawétanes. Vomi par la jeunesse du Sénégal, le régime de Me Wade rêve de domestiquer le mouvement populaire des nawétanes, après le Conseil National de la Jeunesse, pour reconquérir des bases sociales définitivement perdues. En trahissant les populations, notamment la jeunesse, les tenants du pouvoir ont brulé leurs vaisseaux. Le compte à rebours matérialisé par le 22 mars 2009 a bel et bien commencé. La coalition Bennoo Siggil Senegaal est aujourd'hui un des symboles de l'espoir du peuple qui réclame l'unité des forces patriotiques, pour emprunter résolument les chemins du redressement de notre pays.

C'est précisément dans cet esprit que le Bureau politique de l'AFP a abordé le deuxième point de l'ordre du jour. Sur le chemin du prochain congrès du Parti, le Bureau politique de l'AFP a entendu un exposé du camarade Abdel Kader Sabara, Trésorier général, Secrétaire national chargé des Finances, sur la situation de la vente des cartes du Parti. Le Bureau politique engage tous les responsables à poursuivre le processus, dans la transparence totale. En effet, l'AFP qui n'existe pas par délégation, vit par et pour un idéal qui sera le ciment de toutes les grandes réformes à venir. Elles seront menées ensemble, dans l'unité de Bennoo, qui aura pris solennellement à témoin notre peuple.
 


Fait à Dakar, le 20 juillet 2009 

Le Bureau politique de l'AFP