Communiqué du Bureau Politique de l'AFP

Jeudi, 20 juillet 2006


Le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le jeudi 20 juillet 2006, sous la présidence de M. Moustapha Niasse Secrétaire Général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale ;
2. Vie du Parti.

Le Bureau politique de l'Afp a procédé à des échanges sur les tensions multiples qui affectent la vie nationale. Cette situation est la conséquence des difficultés de tous ordres qui assaillent les populations. Au lieu de s'employer à trouver des solutions à ces problèmes, le style de l'Etat-PDS enveloppé de ruse et d'arrogance, contribue à exacerber des frustrations qui se traduisent en échauffourées et émeutes à la moindre provocation.

Les municipalités gérées par les pseudo libéraux illustrent à foison toutes les séquences de ce déterminisme régi par l'arbitraire et la violence. Il en est ainsi des incidents graves qui ont eu lieu à Matam où l'édile de la ville a procédé à des hausses intempestives de taxes qui ont provoqué la révolte des commerçants et des populations. L'autorité d'un Elu sur ses mandants dépend largement du travail accompli, du sens de l'équité et de la justice, bref, de l'observance de la bonne gouvernance, à l'échelle nationale, comme au niveau local. Comment des administrés peuvent-ils subir passivement des décisions arbitraires, quand ils se rendent compte que celles-ci ne sont pas sous-tendues par l'intérêt général et la transparence ? Comment un Elu local peut-il être respectable, si ses propres camarades conseillers dénoncent, sur les ondes, des actes de spéculation foncière posés, au vu de tous ?

Face à ces cas de malgouvernance caractérisée qui se manifestent sur toute l'étendue du territoire national, le Bureau politique de l'AFP dénonce la passivité et la complaisance coupables des autorités de l'Etat, pourtant promptes à dissoudre, avec des prétextes fallacieux, des collectivités locales qu'elles ne contrôlent pas. Le Bureau politique de l'AFP engage l'Etat-PDS à se départir de son style fatal pour la paix civile et à examiner les dossiers conflictuels à l'aune de l'intérêt général, en s'élevant enfin au-dessus des considérations partisanes.

Il devrait en être ainsi pour le dossier de la crise du système éducatif, où les manœuvres et l'autoritarisme devraient céder le pas à un dialogue constructif, aux fins d'aboutir à des solutions satisfaisantes et justes, pour le plus grand bien de l'Ecole sénégalaise, de ses acteurs et de ses partenaires.

Quand la malgouvernance touche des entreprises de la dimension des ICS et de la SENELEC, les conséquences sont autrement plus importantes, pour l'économie nationale et le quotidien des populations. En ce qui concerne les ICS, les faits sont graves et engagent la responsabilité directe du gouvernement de Me Wade qui, avec des choix incertains, a mis à genoux un outil industriel qui, naguère, était un des fleurons de l'économie nationale. C'est pourquoi le Bureau politique de l'AFP invite le pouvoir actuel à parer au plus pressé afin de sauver l'outil de production et les emplois.

Quant à la SENELEC, elle fait déjà l'objet d'un quasi dépeçage, avec l'augmentation exponentielle de charges qui n'ont rien à voir avec des objectifs de rendement, ou de qualité du service public. C'est la raison pour laquelle le Bureau politique de l'AFP condamne avec la dernière énergie la hausse annoncée du coût de l'électricité, une solution de facilité qui consiste à faire endosser, par les populations déjà exsangues, les conséquences de choix approximatifs. Les autorités de l'Etat doivent mettre fin, dans les plus brefs délais, à cette gabegie, pour préserver, là aussi, un maillon économique national dont la valeur stratégique est indiscutable.

Bien entendu, la malgouvernance continue d'affecter le processus électoral, que le gouvernement de Me Wade s'obstine à considérer comme "révolutionnaire", malgré les innombrables manquements décelés et les décisions unilatérales qui continuent d'être prises. La rencontre d'une délégation de la Coalition pour l'Alternative (CPA) avec le Ministre de l'Intérieur, le 19 juillet 2006 ne s'inscrit pas dans le cadre d'une culture de concertation. En effet, c'est l'opposition qui a souhaité cette rencontre pour exprimer ses nombreuses préoccupations. Malgré le climat serein qui a présidé aux discussions, le Ministère de l'Intérieur n'a pas encore donné suite à la volonté de la CPA de contrôler, à partir de la portion centrale, les opérations liées aux inscriptions sur les listes électorales.

Le Bureau politique de l'AFP exige du gouvernement de Me Wade qu'il prenne toutes les dispositions nécessaires, pour que le Comité des Experts de la CPA puisse effectuer le contrôle du fichier électoral, en toute liberté. Il exige également que les tenants du pouvoir rendent publique la carte électorale, car son caractère provisoire n'a pas empêché le Ministère de l'Intérieur de faire figurer les lieux et bureaux de vote sur les cartes d'électeurs. Par ailleurs, le Bureau politique invite le gouvernement de Me Wade à mettre fin au sabotage des conclusions de la Commission ad hoc chargée de la revue du code électoral qui, à bien des égards, est inopérant.

Abordant l'actualité internationale, le Bureau politique de l'AFP a exprimé ses vives préoccupations, face aux exactions meurtrières de l'armée israélienne au Liban, qui n'épargnent même pas les populations civiles. Le Bureau politique invite le gouvernement de Me Wade à appuyer le projet de création d'une force internationale de stabilisation, qui puisse préserver la souveraineté du Liban et favoriser le retour rapide d'une paix durable. L'importance des enjeux stratégiques et géopolitiques commande célérité, méthode et discrétion.

De même, la communauté internationale doit prendre ses responsabilités, et en particulier le Conseil de sécurité de l'ONU, en faisant appliquer à la lettre les dispositions de la Charte de San Francisco et les résolutions pertinentes adoptées sur la crise au Moyen-Orient.

Pour le Bureau politique de l'AFP, c'est sous le bénéfice de ces principes intangibles, que la paix interviendra entre l'Etat d'Israël et les pays arabes de la Région du Moyen-Orient, au nom du droit à l'auto-détermination des peuples, dans le plein respect de la Charte de l'ONU.

S'agissant de la vie du parti, le Bureau politique de l'AFP félicite chaleureusement les responsables de la Délégation départementale de Kaffrine, sous la conduite de Mme Mata Sy Diallo, qui ont organisé, à Delbi, un meeting de ralliement pour recevoir, à l'AFP, des militants du P.D.S., dont des Vices-Présidents du Conseil rural de Dianké-Souf.

 

Fait à Dakar, le jeudi 20 juillet 2006

Le Bureau politique de l' AFP