Communiqué du Bureau Politique de l'AFP

Jeudi, 20 avril 2006


Le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le jeudi 20 avril 2006, sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Secrétaire national chargé de la Coordination, en l'absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, en mission, autour de l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale ;
2. Vie du Parti.

En ce mois d'avril 2006, six ans après l'avènement du régime de Me Abdoulaye Wade, les Sénégalais scrutent les nuages qui s'amoncellent et s'interrogent dans l'anxiété totale. La montée des périls est d'autant plus inquiétante que l'environnement géopolitique est en train de connaître des développements que les tenants du pouvoir actuel semblent ignorer, malgré leur impact inévitable sur le destin de notre pays. Après l'effondrement du système productif dans le monde rural et les graves difficultés qui frappent nos grandes unités industrielles, sans oublier le tourisme et la pêche, voilà que l'insécurité s'installe dangereusement dans les régions périphériques, particulièrement dans celle de Matam et dans le sud de notre pays.

Sur le plan de l'ordre public, le PDS et son régime sont les principaux facteurs de troubles et de déstabilisation. En outre, des services de l'Etat, comme la Division des Investigations Criminelles, sont instrumentalisés, dans une fuite en avant débridée, pour tenter désespérément, de protéger les intérêts d'un clan qui a décidé de s'accrocher au pouvoir, quoi qu'il arrive. De nos jours, l'espérance de vie des dictatures est réduite au minimum ; mais, celles d'aujourd'hui, comme celles d'hier, ont un cheminement heurté et surtout rythmé par la déraison. C'est cette déraison qui a amené le pouvoir à profaner la Cathédrale, pour harceler M. Jean Paul Dias et l'arrêter dans des conditions qui en disent long sur l'état d'esprit de ceux qui nous gouvernent. L'arrestation du Secrétaire Général du BCG comme le procès de M. Amath Dansokho traduisent la volonté irrationnelle du pouvoir de confisquer le droit à la parole, pour la monopoliser, comme dans les médias d'Etat qui sont devenus une honte pour notre pays et notre démocratie anémiée. La société civile ne s'y trompe pas, elle qui n'arrête pas de tirer la sonnette d'alarme, face aux réflexes autoritaires d'un autre âge. Après le choléra, notre pays n'a que faire de l'intolérance ou d'autres maux qui nous rappellent le Moyen Age.

Le Bureau politique de l'AFP dénonce cette régression qui remet en cause les avancées de notre démocratie. Il exprime la détermination du parti à participer, pleinement, à la résistance contre les choix insensés et périlleux du Gouvernement de Maître Wade. Non seulement, le pouvoir actuel a fini d'étaler son incapacité à prendre en charge les aspirations légitimes que notre peuple a exprimées le 19 mars 2000, mais il se vautre obstinément dans la malgouvernance.
Au fil des semaines, la corruption et l'affairisme ravageurs heurtent le bon sens et l'éthique. Insouciant, le Conseil des Ministres du jeudi 13 avril 2006 s'est contenté d'annoncer l'expropriation, pour cause d'utilité publique, au niveau de la zone de captage. Pas un mot sur les coupables de la forfaiture qui a permis le lotissement de ladite zone. Le plus grave, c'est que, avec les indemnisations qui vont suivre, l'argent public servira à financer les conséquences de cette forfaiture.

C'est la raison pour laquelle on est en droit de se demander si les vrais responsables du pillage des ICS seront inquiétés. Il en est de même du projet mort-né du Plan Jaxaay, qui patauge dans l'incohérence, ponctué de promesses qui vont du logement gratuit à la subvention, en passant par les marécages de la Malaisie et de l'improvisation, où se jouera le sort des 52 milliards annoncés pour le budget. Au moins, pour ces trois dossiers précités, le Bureau politique de l'AFP invite le Gouvernement de Maître Wade à se ressaisir et à faire preuve de méthode, de rigueur et de transparence.

Quant au processus électoral, il est temps que le dialogue tant proclamé soit effectif, pour éloigner définitivement notre pays du spectre du chaos. Jusqu'ici, tous les pas des tenants du pouvoir, en direction des élections générales sont autant d'actes posés pour préparer une parodie de mauvais goût. Les Sénégalais ont tourné le dos à un régime qui a perdu sa crédibilité, à force de jouer avec la parole donnée. La souveraineté du peuple n'étant pas négociable, Maître Abdoulaye Wade et son clan quitteront le pouvoir. Eu égard aux rapports de force dans notre pays et aux données de la scène internationale, quels que soient les subterfuges utilisés, seule une alternative s'offre, en l'occurrence : le départ la tête haute ou la sortie par la petite porte. Le Bureau politique de l'AFP invite Maître Wade à choisir la voie de la sagesse et à récuser celle de l'aventure.


 

Fait à Dakar, le jeudi 20 avril 2006

Le Bureau politique de l' AFP