Communiqué du Bureau politique de l'AFP
Jeudi 19 mai 2005

 

Le Bureau politique de l’AFP s’est réuni le jeudi 19 mai 2005 sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général du Parti, et a examiné, avec toute l'attention nécessaire, les dossiers suivants : 

1.      la situation politique nationale, le comportement du parti au pouvoir et la fragilisation des Institutions qui en résulte ; 

2.      le processus électoral et les dysfonctionnements constatés dans la gestion du dossier ; 

3.      la question du monde rural et les difficultés des populations liées à l’approvisionnement en eau potable.

 Le Bureau politique de l’AFP, à la lecture des relations relayées par la presse nationale et internationale, sur la détérioration du climat politique interne, considère que deux raisons expliquent un tel état des faits : un mauvais mode de gouvernance du pays et le climat de violence entretenu, sous diverses formes,  par les tenants du pouvoir, aussi bien à l’intérieur du parti du Président Abdoulaye Wade, que dans l’espace politique en général. Cette situation rejaillit sur tout le pays et   contribue à  ternir l’image du Sénégal. Ces répercussions portent aussi atteinte à la perception que les partenaires au développement ont du Sénégal, ce qui réduit les possibilités d’attirer au pays des investissements productifs.

 Laissant de côté les urgences liées à un traitement sérieux, avec des résultats palpables, des dossiers prioritaires, dans le domaine économique et social, comme dans celui de la sécurité des populations et de leur bien-être, le régime en place privilégie les faux-semblants et prétextes, pour tenir en haleine l’opinion publique. Il en résulte de nouvelles promesses et des chantiers amorcés et aussitôt suspendus, dans une approche qui n’est rien d’autre que la manifestation d’un populisme d’un autre âge, totalement en inadéquation avec les attentes du peuple. 

Cette politique du virtuel est portée, chaque jour, par la télévision nationale, où les moindres gesticulations de l’Exécutif ou des dirigeants du PDS sont mis en exergue, au travers d’émissions teintées de propagande maladroite, tous faits qui agressent les téléspectateurs chaque soir.

 La bonne gouvernance, selon le Bureau politique de l’AFP, est d’abord une question de compétence, de savoir-faire, de gestion intelligente des dossiers, d’humilité et de recherche permanente de l’efficacité, au profit de l’intérêt général. Ce sont ces paramètres là, que ne maîtrise pas le pouvoir en place. En effet, incapable de prendre en charge les vrais problèmes de développement, celui-ci préfère s’engager dans une voie qui compromet les acquis démocratiques, les principes de transparence et d’équité, auxquels les Sénégalais sont tant attachés, depuis toujours. Le Bureau politique de l’AFP, examinant le prolongement d’une telle situation, en appelle à tous les Sénégalais, pour s’organiser et mettre  fin à la fragilisation continue des Institutions de l’Etat.

 Dans le même cadre, le Bureau politique de l’AFP a évalué, le dossier du processus électoral. A cet égard, il a porté sa réflexion sur :

  • l’absence de concertation véritable entre le Ministère de l’Intérieur et les partis politiques, au moment où doit s’opérer la mise en application de la Loi portant création de la CENA, compte tenu de l’importance des enjeux relatifs, notamment, à la mise en place effective des mécanismes prévus par cette Loi ;

  • les initiatives et décisions unilatéralement prises par le Ministère de l’Intérieur, pour gérer la refonte totale du fichier, sans discussions préalables avec les acteurs politiques concernés, qui sont informés par la presse ;

  • les dysfonctionnements notés dans la mise en oeuvre des inscriptions sur les listes électorales, notamment dans les délais non respectés, non précisés et souvent fixés par surprise, l’implantation fantaisiste et le nombre insuffisant des commissions administratives, les nombreux problèmes techniques liés à l’absence totale d’électricité et au déficit en matière de groupes électrogènes dans une bonne partie de l’espace rural ;

  • les  phénomènes aggravant la réduction de la mobilité des populations rurales, dès que commence la période des semis et des premières cultures.

 Tous ces éléments d’analyse indiquent, clairement, une volonté certaine visant à réduire le nombre de Sénégalais appelés à s’inscrire sur les listes électorales, parce que leur position face au bilan squelettique du pouvoir est déjà connue.

 Le Bureau politique de l’AFP a, par ailleurs, procédé à une revue complète des segments de la campagne agricole, tels qu’ils doivent être traités, à quelques encablures de l’hivernage, au moment où, au Sénégal oriental et dans le Fouladou, les premières pluies sont déjà tombées. A cet égard, la question des semences n’est pas réglée, avec 40.000 tonnes annoncées sur les 120.000 nécessaires. De même, alors que le riz du Ministère de la Solidarité nationale est distribué dans des conditions non transparentes, aucune disposition n’est prise pour pourvoir les populations en soutien alimentaire réel , particulièrement en mil, dans la période de soudure, alors que des zones de famine sont signalées çà et là par les paysans eux-mêmes, ce qui accentue l’exode.

 A Nguekhokh, dans le département de Mbour, les ayant-droit ont signalé  en vain, depuis plusieurs mois, la panne du forage de la localité, et la capacité insuffisante de cet ouvrage, face à la demande d’une population en pleine croissance.

 Concernant la vie du parti, le Bureau politique de l’AFP a programmé dans le courant du mois de juin prochain, en faveur des instances de la région de Ziguinchor, l’organisation d’un Séminaire de méthode, d’information et de mise à niveau, qui sera présidé par le Secrétaire Général, M. Moustapha Niasse, ce séminaire étant appelé à être le huitième du genre, depuis décembre 2004.

Fait à Dakar, le 19 mai 2005

Le Bureau politique de l'AFP