COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Lundi 19 octobre 2009

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le lundi 19 octobre 2009, sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Secrétaire national chargé de la Coordination des Activités du Parti, en l'absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général, en mission, autour de l'ordre du jour suivant : Situation nationale.

Le Bureau politique de l'AFP a examiné la situation nationale marquée par un paradoxe qui s'observe à travers la permanence de la morosité, la régularité des interrogations anxieuses des Sénégalais demeurées sans réponse et la multiplicité des artifices imaginés par Me Wade et son régime pour transfigurer la réalité au profit d'un projet morbide de monarchisation de notre République.

Le monde rural est sans aucun doute, l'espace où cette morosité est le plus visible. En effet, après un hivernage pluvieux, après les efforts surhumains des paysans pour se fournir eux-mêmes des semences et des engrais, après l'insuffisance du matériel agricole, voilà que des paramètres non gérés par le gouvernement menacent le labeur des hommes et des femmes qui croient dur comme fer à la vérité de la terre, dont le rendement devrait être proportionnel aux sacrifices consentis. Non seulement le gouvernement a démissionné par rapport aux facteurs de production, à la péjoration des sols, mais, il fait encore preuve d'incompétence et de laxisme devant le danger représenté par le péril acridien et d'autres insectes qui menacent la production agricole.
Une fois de plus, après avoir fixé abusivement le prix du kg d'arachide à 165 francs, les tenants du pouvoir montrent clairement que l'agriculture n'est pas leur priorité, malgré les slogans trompeurs, du style "Plan spécial ", Goana I, Goana II. Comment peut-on accepter ce montant inamovible depuis des années face au renchérissement effréné du coût de la vie ? Il est inopérant de prétendre développer notre pays en enfonçant dans la misère la grande majorité des pauvres qui sont bel et bien dans le monde rural. Par ailleurs, comme hier, les tracteurs annoncés vont tomber dans l'escarcelle d'une clientèle politique vorace et serviront en même temps à enrichir des individus, à travers des passations de marchés aux antipodes de la transparence.

La gestion du foncier au profit des concurrents des paysans au col blanc constitue une autre injustice et un facteur supplémentaire de paupérisation du monde rural. Les "enquêtes" qui vont s'effectuer ça et là, notamment sur la Petite côte préparent, en réalité, des décisions sur des bases nébuleuses, d'abord au détriment des véritables ayants droits. C'est la raison pour laquelle, le Bureau politique de l'AFP encourage ceux-ci à s'opposer aux forfaitures programmées. Dans la même veine, il invite le Conseil rural de Mbane à restituer les terres spoliées aux résidents de la Communauté rurale concernée. En effet, seule une résistance populaire est à même de mettre un terme à la boulimie foncière d'individus qui n'hésitent même pas à remettre en cause la stabilité de la sous-région, pour satisfaire leur appétit gargantuesque.

La jeunesse, à l'image du monde rural, est une autre frange de la population qui subit douloureusement les contrecoups des politiques meurtrières du régime de Me Abdoulaye Wade. Après le démantèlement des grands secteurs productifs de l'économie nationale, avec un environnement juridique, administratif et technique peu propice aux investissements, les mesures incitatives pour la création de l'emploi sont dérisoires, face à l'ampleur de la demande. Pire, beaucoup d'emplois sont menacés dans l'industrie, dans la pêche et le tourisme. Au final, les structures politiciennes créées par Me Wade comme le FNPJ et l'ANEJ constituent plutôt des niches de dépenses improductives, au profit de la même camarilla de prédateurs. Le Bureau politique de l'AFP engage la jeunesse sénégalaise à mettre la main à la pâte, pour la construction d'une République juste, fondée sur "un commun vouloir de vie commune ", matérialisé par le ciment de la Constitution, des lois et règlements applicables de manière impersonnelle et sans discrimination aucune.

Quant à la jeunesse estudiantine et scolaire, elle pâtit, elle aussi, de l'imprévoyance et de l'incompétence des pseudos libéraux. A ce jour, la rentrée universitaire et scolaire connaît de nombreux écueils liés non seulement à l'insuffisance du nombre d'enseignants, mais aussi à la privatisation progressive et silencieuse de l'école publique, dans un environnement où la pauvreté est la chose la mieux partagée. En plus, l'absence d'une gestion méthodique des inondations cycliques a entraîné l'inaccessibilité de nombre d'écoles.

C'est précisément dans ce contexte qui plombe l'avenir que le gouvernement de Me Wade confirme sa volonté de poursuivre son gaspillage effréné des ressources publiques et continue de pressuriser les Sénégalais, par le biais d'une fiscalité super agressive, au détriment même de l'activité économique. La mission de l'armée "d'enquêteurs " qui a fait irruption dans certains quartiers de Dakar et d'autres localités, s'inscrit dans cette option aux conséquences sociales négatives. Chaque dimanche qui passe les tenants du pouvoir montrent bien que le problème du Sénégal c'est Me Wade, le début de la solution c'est son départ et toute sa camarilla avec.

Enfin, le Bureau politique de l'AFP adresse ses vives félicitations aux lionnes du basket après leur brillante victoire aux 21èmes championnats d'Afrique de basket-ball féminin.


Fait à Dakar, le 19 octobre 2009 

Le Bureau politique de l'AFP