DECLARATION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 19 juin 2007

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le mardi 19 juin 2007, sous la présidence de M. Falilou Kane, Secrétaire national, chargé des Relations Internationales du Parti, en l'absence de M. Moustapha Niasse, en mission à l'étranger, autour de l'ordre du jour suivant :

1. vie du Parti ;
2. situation nationale.

Le Bureau politique de l'AFP a tenu tout d'abord à procéder à l'évaluation de la célébration du 8è anniversaire de l'Appel du 16 juin 1999, date repère s'il en fût, date à la valeur fondatrice, qui a jeté les bases consubstantielles au cheminement de l'AFP qui entend garder le cap, quoiqu'il en coûte pour réconcilier l'éthique et la politique et demeurer intransigeant chaque fois que l'intérêt général et le patrimoine commun sont en jeu. Jalon essentiel d'une rupture, l'Appel du 16 juin constitue également tout un tableau de bord, où se trouve consignée la feuille de route de l'AFP, en quelque sorte, sa raison d'être.

Le Bureau politique de l'AFP a adressé ses vives félicitations au Secrétaire général, M. Moustapha Niasse pour la pertinence de son propos qui le confirme comme un homme d'Etat soucieux du développement concerté de notre pays et des aspirations du peuple sénégalais. Ce peuple garde toujours en mémoire, l'immense espoir qu'a représenté la victoire du 19 mars 2000, espoir devenu un énorme point d'interrogation, à cause de l'avalanche de dérives et d'actes récurrents de mal gouvernance, dans lesquels sont profondément englués Me Abdoulaye Wade et son régime.

Le Bureau politique de l'AFP a adressé également ses félicitations au Comité d'Organisation, à son Président M. Madieyna Diouf, à sa Vice-présidente, Mme Mata Sy Diallo, aux Conférenciers, aux Invités et à l'ensemble des participants. Le succès éclatant de la journée d'études organisée le 16 juin 2007 est le fruit d'un travail solidaire, empreint de rigueur soutenue par une portée scientifique indéniable au service de la Nation.

Le Bureau politique a ensuite examiné en profondeur la situation nationale, caractérisée par une crise multidimensionnelle, dont l'ampleur inédite n'est guère appréhendée par les tenants du pouvoir actuel, occupés qu'ils sont dans la manipulation permanente, pour tenter d'occulter une réalité devenue un secret de polichinelle. A la crise économique, sociale et culturelle, est venue se greffer une crise des Institutions aggravée par deux mascarades électorales qui privent l'Exécutif et le Législatif de toute légitimité. On sait ce qu'il en est de la justice, avec la séparation factice des pouvoirs et des juridictions comme le Conseil Constitutionnel et le Conseil d'Etat, dont les Arrêts ne surprennent plus personne.

Pris dans un engrenage où l'a poussé son incompétence et ses choix farfelus, le gouvernement de Me Wade continue de s'accrocher aux slogans et autres incantations, tels que la stratégie de croissance accélérée, au moment où tous les clignotants sont au rouge, avec un Trésor public exsangue, une dette intérieure reconstituée dans des proportions inquiétantes, une inflation galopante et une chute vertigineuse du taux de croissance. Il ne peut en être autrement avec le train de vie de l'Etat dispendieux, le gaspillage et le pillage méthodique, voire systémique des ressources publiques et la mise en faillite des principaux secteurs producteurs de richesse que sont l'industrie, la pêche, le tourisme et le monde rural. Au seuil de l'hivernage, les paysans sénégalais poursuivent leur chemin de croix sous Me Wade avec les mêmes maux qui ont pour noms : semences en quantité et en qualité insuffisantes, coût exorbitant des intrants comme l'engrais et rareté du matériel agricole. Face à ces maux, le même bavardage est servi, dans une insouciance qui ne permet pas au régime de Me Wade d'appréhender l'ampleur et la profondeur du désastre.

C'est plutôt la pratique de leur jeu favori qui occupe les tenants du pouvoir, à savoir, la diffusion de rumeurs et contre rumeurs savamment distillées dans l'opinion avec des voix et des plumes mercenaires. Sur le chemin cahoteux du projet de succession monarchique, Me Wade vient de clignoter cette fois-ci, à droite et à gauche en même temps. Cela veut dire qu'il a allumé ses feux de détresse sans s'en rendre compte. Perçoit-il le pouls d'un peuple qui continue patiemment de faire entendre, dans la dignité, ses coups de semonce ? Comprend-il que les émeutes nocturnes qui ont eu pour théâtre, hier, Tambacounda, sont l'expression d'un malaise général qui n'épargne aucun pouce du territoire national ? A t-il la volonté de préserver notre pays des aventures déstabilisatrices qui ont frappé nombre de pays africains ? Entend-il les récriminations d'une jeunesse qui se sent, à juste raison, flouée ?

En ce qui la concerne, l'AFP restera rivée aux aspirations des Sénégalais qui entendent se libérer de l'étau asphyxiant des tenants du pouvoir actuel qui s'emploie à boucher l'horizon, parce qu'il a construit un ailleurs meilleur qui n'est que virtuel. Au-delà des alliés et partenaires de la Coalition Alternative 2007 et du Front Siggil Sénégal, le Bureau politique de l'AFP invite tous les patriotes à s'engager dans ce combat salutaire pour notre pays et ses populations.

Unis, nous vaincrons !



Fait à Dakar, le 19 juin 2007 

Le Bureau politique de l'AFP