COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Lundi 19 avril 2010

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le lundi 19 avril 2010, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général du parti, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale ;
2. vie du Parti.

Le Bureau politique de l'AFP a procédé à des échanges approfondis à la lumière des événements liés à la marche de l'opposition patriotique du 3 avril et à la commémoration du cinquantième anniversaire de l'Indépendance nationale. Après avoir tenté de hanter les cieux avec ses trois monstres qui trônent sur la colline des Mamelles, Me Wade est bien obligé de revenir sur terre, de prendre conscience du réel douloureux des Sénégalais.

Imbu de son ego surdimensionné, habité par la tentation de l'autoritarisme, Me Wade a du mal à intégrer dans sa démarche qu'une écrasante majorité de Sénégalais rejette ses choix en porte à faux avec l'intérêt général et les priorités de notre pays. N'en déplaisent aux tenants du pouvoir, le Sénégal est aujourd'hui membre du club peu envié des PMA, des PPTE, avec un indice de développement humain qui le classe parmi les derniers pays de la planète. C'est pour ces raisons que le Bureau politique de l'AFP condamne le gaspillage inouï, la corruption et l'opacité qui ont accompagné l'horrible statue du monument dit de la Renaissance africaine, depuis sa conception jusqu'à son inauguration, où l'ivresse affichée était très loin des préoccupations des populations. Du reste, elles étaient tenaillées par la lutte pour la survie, à quelques encablures du site. En plus, le zèle intéressé d'un fonctionnaire international qui a tenté de faire prospérer l'idée d'intégrer la statue des Wade au patrimoine mondial de l'humanité est saugrenue, dans la mesure où les Sénégalais, qui devraient être les premiers concernés, ne se sont même pas approprié cette horreur monumentale.

Dans ce contexte, prétendre interdire une marche autorisée par la Loi Fondamentale de notre pays relève d'une fanfaronnade que les patriotes sénégalais ont courageusement réduite à néant, en refusant de transiger sur les libertés démocratiques conquises de haute lutte par notre peuple. Le clan des Wade doit se le tenir pour dit : il est définitivement inacceptable que la violence d'Etat soit détournée au profit d'intérêts privés. Ces méthodes fascisantes qui consistent à instrumentaliser des mercenaires et autres flagorneurs pour tenter de démobiliser les patriotes sont donc érodées, dangereuses pour la paix civile et totalement inefficaces. Le Bureau politique de l'AFP salue l'engagement et la détermination dont ont fait preuve le Secrétaire général du Parti M. Moustapha Niasse, les autres responsables nationaux et les camarades des départements de la région de Dakar, à l'occasion de l'épreuve de force du samedi 3 avril 2010, dont les enjeux impliquaient directement l'avenir de notre démocratie. Il associe à ces félicitations l'ensemble des leaders de Bennoo Siggil Senegaal et les militants de cette Coalition salutaire de l'opposition patriotique.

Cependant, malgré les efforts consentis par Me Wade lors de son message à la Nation du 3 avril 2010, il ne semble pas être conscient des exigences non négociables d'un peuple, qui attend de lui des mesures urgentes pour améliorer ses conditions de vie. Incapable de se départir de la théâtralisation et du populisme qui sont inhérents à son style, Me Wade a abordé la question des bases militaires françaises, en cherchant désespérément une place dans l'Histoire, place qui était à sa portée mais qu'il a reniée dès le lendemain du 19 mars 2000. Les valeurs qu'il a évoquées sans aucune gêne ont été portées par des figures de proue de notre histoire dont les enseignements ont été royalement ignorés, à travers des actes réprouvés par la morale universelle et qui ont fait le terreau de l'inqualifiable transhumance et de la corruption criminelle. En proie à la vie chère, à la pauvreté et aux maladies endémiques, les populations paient un lourd tribut.

Le Bureau politique de l'AFP constate en le déplorant que le président de la République s'est livré à la présentation d'un cortège de vœux pieux et n'a pas daigné traiter la question cruciale du train de vie dispendieux de l'Etat et des dérives anti-démocratiques. En brandissant fièrement les trois lois qui ont marqué pour lui ses dix ans de règne dévastateurs à tous points de vue, Me Wade cite la suppression de la peine de mort, la loi assimilant l'esclavage à un crime contre l'humanité qui vient d'être votée et la loi annoncée sur la parité intégrale. Mais cette mémoire sélective n'empêche pas les Sénégalais de penser notamment à la loi Ezzan qui, tel un pendant du monument dit de la Renaissance, est l'exemple achevé d'une démocratie en errance qui encourage le crime et l'impunité. Au demeurant, les grèves répétées dans le secteur de la justice trahissent l'état anémique de notre démocratie.

Sur le plan économique et social, la satisfaction feinte du régime en place se heurte à l'opacité qui a entouré la construction des infrastructures, aux programmes spéciaux appliqués intempestivement à l'agriculture, à l'exécution partielle du plan jaxaay, aux conséquences des inondations, au dénuement des hôpitaux et au slogan tragique Barça ou Barsakh. Les Sénégalais de l'Extérieur ne sont guère mieux lotis, car, non seulement les tenants du pouvoir ne traitent pas les dossiers qui leur tiennent à cœur comme les allocations familiales, la réinsertion, mais ils se livrent à la manipulation, en créant le Conseil Supérieur des Sénégalais de l'Extérieur (C.S.S.E.) sur des bases claniques et politiciennes, au profit du parti des Wade.

Le Bureau politique de l'AFP dénonce avec la dernière énergie ce comportement anti-démocratique, corollaire de la préoccupation morbide du régime en place qui nourrit une peur bleue à l'endroit de tout ce qui a trait au respect des règles de transparence et au choix des citoyens.

En ce qui concerne les déclarations d'intention relatives à la gouvernance vertueuse et à la suite à donner aux forfaitures relevées par l'ARMP, le Bureau politique de l'AFP attend les actes qui illustrent cette volonté affirmée d'appliquer la loi à tous de manière impersonnelle. Il estime que le projet monarchique en cours et la logique infernale de la campagne électorale déclenchée par Me Wade lui-même sont des données qui n'autorisent pas l'optimisme, en la matière. La vigilance doit donc rester de rigueur, ce qui doit amener les patriotes à consolider et à diffuser méthodiquement les conclusions des Assises Nationales. A cet égard, le Bureau politique de l'AFP se félicite de la traduction en langues nationales, de la charte de gouvernance démocratique.

Abordant le dernier point de son ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a apprécié les conclusions de la Journée d'Etudes organisée par l'ANCP et le Centre de Formation et de Documentation, le samedi 17 avril 2010, consacrée à l'évaluation exhaustive de notre demi-siècle d'Indépendance, aux plans institutionnel, politique, économique et culturel. Le Bureau politique a accueilli avec satisfaction l'éclatant succès de cette manifestation dont la présidence a été assurée par le Secrétaire Général, M. Moustapha Niasse. A cette occasion, il a projeté un regard sans condescendance sur la période ciblée, notamment sur les 10 années de la gouvernance désastreuse des Wade, sans oublier de rétablir les faits travestis, en ce qui concerne les nouvelles données géostratégiques, à propos des Bases militaires françaises installées au Sénégal. Le Bureau politique adresse également ses vives félicitations au Coordonnateur, M. Alioune Sarr, au Directeur du Centre de Formation et de Documentation, M. Mamadou Sarr, ainsi qu'à tous les panélistes qui ont contribué, par leurs brillantes prestations, au succès de ladite manifestation, qui a été un creuset représentatif des forces vives de notre pays.

Le peuple debout et uni arrivera à bout des prédateurs impénitents !


Fait à Dakar, le 19 avril 2010 

Le Bureau politique de l'AFP