DECLARATION DU SEMINAIRE DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Jeudi 19 avril 2007

 

Le Bureau politique de l'Afp s'est réuni le jeudi 19 avril 2007, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale;
2. vie du Parti.

Le Bureau politique s'est penché sur la situation nationale aux plans politique et économique, situation toujours marquée par les conséquences de la mascarade électorale du 25 février 2007, qui a consacré la régression démocratique sous le Sénégal de Me Wade. Toujours incapable d'esquisser des solutions aux problèmes multiples et complexes qui assaillent les Sénégalais, le pouvoir actuel continue de se réfugier dans le verbe et la manœuvre.

Malgré la propagande servie aux Sénégalais par le pouvoir en place, le Sénégal d'aujourd'hui ne présente pas un profil attractif pour les investisseurs. C'est que les errements du gouvernement de Me Wade, depuis plus de sept années, continuent d'engager le monde rural dans la voie d'une paupérisation accélérée. Dans les zones urbaines et périurbaines, les jeunes voient leur horizon assombri par un chômage massif. Au même moment, nombre d'emplois qui avaient été créés bien avant l'an 2000 sont menacés. C'est le cas des 2.500 travailleurs des Industries Chimiques du Sénégal (I.C.S.) que l'angoisse étreint, face à l'incompétence d'un pouvoir qui s'efforce vainement d'incruster dans les esprits un Sénégal virtuel, qui conjugue son développement au futur et utilise la manipulation comme mode de gouvernance. C'est pourquoi capter et dire le réel est devenu comme un délit dans le pays. Comme le ridicule ne tue pas, même la couleur rouge est interdite. Pour reprendre les mots du prix Nobel Octavio Paz, "l'ennemi de l'absolu est l'ennemi absolu".

C'est la raison pour laquelle la dénonciation des fraudes massives qui ont émaillé toutes les étapes, sans exception, de l'élection présidentielle du 25 février 2007, provoque une urticaire violente du régime de Me Wade qui n'hésite plus, par la voix de son Ministre de l'Intérieur, à tomber dans la vulgarité, pour étaler au grand jour des contrevérités auxquelles même les laudateurs attitrés du régime en place, ne croient guère. Et la propagande à la Goebbels est restée muette face aux dénonciations d'un Chef religieux qui a confirmé que le scrutin dernier était une mascarade programmée.

De tels agissements inqualifiables confortent l'opposition patriotique dans son refus d'être complice de la réédition d'une parodie fatale à la démocratie au Sénégal. Le Boycott des élections législatives que le Parti-Etat, le PDS, organise le 3 juin prochain, est un impératif pour tous les démocrates qui entendent constituer une digue contre les dérives et le réflexe totalitaire que le régime de Maître Abdoulaye Wade tente d'imposer aux citoyens Sénégalais.

Plus grave, la tonalité aux accents de rassembleur de l'Allocution de Me Wade du 3 avril 2007 est en porte à faux avec la fin de non-recevoir que Me Wade a opposée aux propositions de l'opposition patriotique relatives à de vraies concertations, en vue d'organiser enfin des élections transparentes dans le respect des lois et des règlements en vigueur. La cérémonie colorée de la prestation de serment de Me Wade fut d'abord une tentative de légitimation et l'expression d'un narcissisme débordant. C'est précisément ce penchant caractérisé qui fonde la mise en scène de "l'incident" de la pointe de Sangomar, que plusieurs organes de la place ont perçu comme une tentative maladroite de justifier à posteriori la décision illégale de solliciter encore le Trésor public pour satisfaire les exigences du prince. Le Bureau politique dénonce ces méthodes qui illustrent à volonté l'autisme d'un pouvoir incapable de traiter les priorités du Sénégal et des Sénégalais.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique a posé les jalons de l'exécution de la feuille de route de l'Afp vers le Congrès de Mars 2008. En ce qui concerne les déclarations intempestives d'un jeune du parti trop pressé, il est troublant d'observer des coïncidences avérées avec le discours du pouvoir en place, notamment à propos de la transparence des élections de février 2007, du boycott de l'échéance du 3 juin prochain et d'une demande saugrenue de démission de la direction du Parti. Le Bureau politique félicite le Bureau Exécutif National du MNJP, qui a réagi avec la promptitude et la fermeté nécessaires, en excluant du BEN l'intéressé. Ces félicitations s'adressent, en particulier, au Secrétaire Général du Mouvement, le camarade Mbaye Dione, à son premier adjoint le Dr Malick Diop, à M. Abdoulaye Fofana, membre du Bureau politique et à tous les membres du Bureau Exécutif National des jeunes de l'Afp. Le Bureau politique entérine cette décision lucide et engage toutes les instances de l'Afp à faire preuve d'une vigilance sans faille, face aux manœuvres du pouvoir qui tente vainement de déstabiliser le parti.


Fait à Dakar, le 19 avril 2007 

Le Bureau politique de l'AFP