DECLARATION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 19 février 2008

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le mardi 19 février 2008, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale ;
2. vie du Parti.

Le Bureau politique de l'AFP s'est penché sur la situation nationale caractérisée par une nouvelle cascade de mesures de gouvernement portant sur la vie des citoyens et dont les retombées négatives sont directement vécues par les populations qui ont déjà assez de tourments avec la spirale inflationniste. Agressés dans leur vie quotidienne, leur environnement, leur culture et leur liberté, les Sénégalais continuent de ruminer leur mécontentement, dans le silence d'une dignité que le pouvoir assimile, à tort, à un fatalisme résigné.

La marche du vendredi 15 février sauvagement réprimée, en profanant la Grande Mosquée de Dakar, ainsi que les nombreux incidents à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar, ne sont que des signes précurseurs de plus qui annoncent des tempêtes inéluctables si le régime en place ne se ressaisit pas, en acceptant avec humilité de se mettre à l'écoute du peuple, dont la patience a des limites. Les augmentations continues des prix des denrées de première nécessité, dont le riz durant le mois de février, accélère la paupérisation et la frustration des Sénégalais, à qui Me Abdoulaye Wade lui-même avait promis un bol d'air, dès janvier 2008. Le peuple n'a encore rien vu dans ce domaine. L'incompétence et l'insouciance du gouvernement sont révélées, également, par son absence de réaction après les pluies hors saison dans le nord du pays, avec les incidences graves sur les cultures de décrues et sur l'alimentation du bétail.

Par ailleurs, dans le monde rural comme dans les zones urbaines, l'environnement continue de se dégrader, avec de lourdes conséquences aux plans économique et social. La " grande muraille verte ", avec son gigantisme qui reflète la mégalomanie des tenants du pouvoir actuel, n'est qu'un slogan de plus destiné à masquer l'impéritie d'un régime incapable de concevoir et de conduire un projet, jusqu'à son exécution totale, au service de l'intérêt général. Comment comprendre, en effet, l'annonce d'un projet de bande verte, plantée d'arbres, sur 7.000 km, allant de Dakar à Djibouti, sans aucune étude préalable de faisabilité technique, dans une perspective de temps non évalué, au moment où les routes nationales sont parsemées de crevasses béantes à l'origine d'accidents et de retards économiques latents ? Même certains bailleurs de fonds n'ont pas hésité à émettre des réserves sur l'impréparation de tels projets.

A cet égard, les interminables travaux qui asphyxient Dakar et provoquent des tensions sur le Trésor public sont une illustration patente. A ce jour, personne n'a expliqué aux Sénégalais les choix qui ont abouti au démarrage des travaux de Dakar, dans le cadre d'un projet dont les responsables ne maîtrisent ni les coûts, ni les financements, ni le temps de réalisation, encore moins tous les aspects techniques. Il sera difficile de faire croire à tout homme doté d'un bon sens minimum, que cette situation regrettable n'est pas le résultat concret d'une incompétence notoire.

Malheureusement, cette agitation encombrante affecte plusieurs secteurs de la vie nationale en jalonnant sa trajectoire de multiples crimes économiques, qu'il s'agisse de la SONACOS, des ICS, de la SAR de la réfection de l'avion présidentiel, ou du nettoiement de Dakar,  pour ne citer que quelques exemples. En ce qui concerne ce dernier dossier, malgré les désagréments de toutes sortes subis par notre pays, des mains occultes s'obstinent à maintenir un mal chronique, en continuant de s'enrichir dans et par les ordures.

Partout ailleurs où les collectivités locales sont gérées par les pseudo-libéraux, l'on constate le même bilan désastreux, avec la constante de l'opacité, de l'agitation et du verbe haut, marques de fabrique des bourreaux qui ont pris en otage notre pays et ses populations. C'est la raison pour laquelle le Bureau politique de l'AFP, en accord avec la base du Parti, a décidé de favoriser la mise en œuvre d'une alliance électorale la plus large possible, en tenant compte des réalités locales, pour extirper l'endémie pseudo-libérale de la vie de notre pays. Au-delà du visible, le mal a affecté les valeurs sans lesquelles aucune communauté humaine n'est viable.

Dans cet esprit, le Bureau politique de l'AFP se félicite de la mise en branle des Assises nationales incarnées par notre éminent compatriote, M. Amadou Moctar Mbow, ancien Directeur général de l'Unesco qui continue de faire la fierté de notre pays et de tous ceux qu'habite le souci d'entretenir l'éthique qui doit occuper une place de choix sur le tableau de bord de tous ceux qui ont en charge une parcelle de la gestion de l'intérêt général.

Abordant le dernier point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a adressé ses vives félicitations au Secrétaire général, M. Moustapha Niasse, qui a présidé et animé l'Assemblée générale de la Coordination régionale de Kolda, le samedi 16 février 2008, dans la capitale du Fouladou. Non seulement, les thèmes qui intéressent directement les populations du terroir ont été traités en profondeur, mais un éclairage opportun a été apporté sur le dossier de l'OCI que les pseudo-libéraux ont tenté de dénaturer à des fins politiciennes. Le Bureau politique adresse également ses vives félicitations au camarade Chérif Léheibé Aïdara, Secrétaire Général de la Coordination régionale de Kolda, qui, à la tête des autres camarades responsables et militants, a organisé de main de maître la manifestation, après l'accueil du Secrétaire Général, dans la liesse populaire, dès l'aéroport de Kolda. Le Bureau politique associe à ses félicitations les Délégations départementales de Kolda, Sédhiou et Vélingara, ainsi que les formations politiques alliées qui ont bien voulu prendre part à la discussion consacrée aux alliances électorales.

En plus, le Bureau politique de l'AFP a fait le point de la deuxième phase de l'installation des comités électoraux locaux, qui s'est déroulé le samedi 16 et le dimanche 17 février 2008 dans les régions de Fatick, Saint-Louis, Thiès et dans le département de Nioro. Le Bureau politique a adopté, enfin, le calendrier de la mise en place des comités électoraux, pour le week-end des 23 et 24 février 2008 qui verront le parachèvement de l'exécution du programme.


Fait à Dakar, le 19 février 2008

Le Bureau politique de l'AFP