COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 18 novembre 2008

 

Le Bureau politique de l’AFP s’est réuni le mardi 18 novembre 2008, sous la présidence de  M. Moustapha Niasse, Secrétaire général, autour de l’ordre du jour suivant :

1.  situation nationale ;

2.  vie du Parti.  

Le Bureau politique de l’AFP s’est penché sur la situation nationale de plus en plus délétère. Alors que l’économie nationale et les finances publiques vont à vau- l’eau, pendant que les Sénégalais étreints par l’angoisse ne trouvent guère de réponses à leurs multiples interrogations, la montée des périls se confirme avec l’insouciance et l’aveuglement suicidaire d’un régime finissant, qui pense pouvoir forcer les portes du destin, en ramant désespérément à contre-courant de l’histoire.

La honteuse mise en scène qui a abouti à l’élection d’un nouveau Président de l’Assemblée nationale n’est qu’une étape d’une tragicomédie qui a pour enjeu la mise à mort de notre démocratie déjà mise à mal par un gouvernement incapable de dissocier les préoccupations d’un groupuscule de l’intérêt général et de la vie publique. Cette logique, qui se confond avec le rythme de la régression démocratique en cours, générera fatalement d’autres forfaitures en porte à faux, naturellement, avec la Constitution, les lois et règlements. 

C’est là qu’il faut trouver la signification de l’opération annoncée des Wade dans la banlieue, une campagne électorale avant la lettre où un Président de la République en exercice conçoit et exécute un projet politique monstrueux avec les moyens de l’Etat, pour tenter de baliser la route vers le Sommet, en faveur d’une génération faussement spontanée d’opportunistes qui, en réalité, vont vers le sort que les peuples réservent à tous ceux qui, sans exception, prétendent confisquer leur dignité, leur liberté, c’est-à-dire, leur raison de vivre. 

Ces données inspirent l’organisation des prochaines élections locales déjà entachées par des fraudes massives à travers des transferts d’électeurs encouragés par le Ministère de l’Intérieur et ses démembrements. Ces faits graves s’agrègent au contentieux électoral que les tenants du pouvoir font semblant d’ignorer. Aujourd’hui, il est universellement reconnu qu’un processus électoral ne peut être transparent sans un fichier et une carte électorale fiables. De surcroît, non seulement les documents électoraux nécessaires à l’exercice du droit de vote ne sont pas accessibles, de manière indiscriminée, à tous les ayants-droit, mais aucune disposition sérieuse n’est prise pour mettre un terme au vote multiple.

Evidemment, cette volonté manifeste du régime de Me Wade de confisquer la volonté populaire attise le feu sur un pays dont la cohésion et la stabilité sont sérieusement menacées par de telles attitudes incompatibles avec l’Etat de droit et une vraie démocratie. Dans un contexte de paupérisation galopante des populations, le Ministère de l’Intérieur devrait non seulement s’atteler à préserver la paix civile, mais également à garantir la sécurité des biens et des personnes, au moment où l’insécurité gagne les villes, les banlieues, les campagnes, et tout particulièrement les régions périphériques, de plus en plus livrées à l’abandon par les pouvoirs publics.

Un gouvernement responsable devrait également porter une attention exceptionnelle au monde rural dont le drame, jusqu’ici silencieux, se poursuit à cause de l’exploitation et du mépris dont il fait l’objet. Malgré les manipulations de toutes sortes, la réalité prend régulièrement le dessus, avec le dénuement criard et les souffrances lancinantes des paysans qui, pendant le règne de la médiocrité promue par les pseudo-libéraux, vivent dans leur chair les conséquences de l’incompétence, de l’arrogance et de la mal gouvernance chronique dont Maître Abdoulaye Wade porte l’entière responsabilité.

L’assainissement réel des finances publiques passe d’abord par une volonté politique confirmée, un nouvel état d’esprit mû par une profonde culture républicaine qui, hélas, fait défaut, et d’abord au sommet de l’Etat. En effet, comment comprendre la réaction incongrue et inconvenante de Me Wade, face aux magistrats de la Cour des comptes, dont le seul tort est d’avoir mis le doigt sur la plaie béante, en conformité absolue avec leurs missions ? En tentant de vider tous les corps de contrôle de leur substance, les tenants du pouvoir mettent à nu leurs véritables préoccupations qui sont aux antipodes de la bonne gouvernance. En effet, il est incompréhensible que la dénonciation de cumuls illégaux de fonctions et du non respect des règles élémentaires de la comptabilité publique hérisse toujours celui qui est censé être le garant de l’intérêt général. 

C’est la raison pour laquelle les mesures annoncées par le gouvernement, sous la pression des partenaires multilatéraux et bilatéraux, sont insuffisantes, voire superficielles, au regard des réformes indispensables qu’appellent les dysfonctionnements structurels et les pratiques peu orthodoxes introduites par les pseudo-libéraux. Lesdits dépassements budgétaires qui ont atteint le montant de 109 milliards, en sont une illustration éloquente. Le scandale dans le scandale, ce sont les 12 milliards considérés par le gouvernement comme des dépenses illégales qu’il n’entend pas honorer, alors qu’il s’agit bien de contrats avec des privés qui croyaient avoir affaire à un Etat crédible.

 Le Bureau politique de l’AFP invite le gouvernement de Me Wade à s’inspirer davantage, avec humilité, des solutions de sortie de crise déroulées par M. Moustapha Niasse, notamment lors de sa conférence de presse du 20 mai 2008. A cette occasion, le Secrétaire général de l’AFP a démontré qu’il est possible d’assainir les finances publiques, tout en gérant le volet social, pour soulager les populations meurtries par tant de sacrifices inutiles. Mais en réalité, la solution véritable passe par le départ de Me Wade et de ses affidés, pour que les Sénégalais prennent en mains leur destin et engagent, avec toutes les forces vives, les véritables chantiers du développement.


Fait à Dakar, le 18 novembre 2008 

Le Bureau politique de l'AFP