Communiqué du Bureau Politique de l'AFP

Jeudi, 18 mai 2006


Le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le jeudi 18 mai 2006, sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Secrétaire national chargé de la Coordination, en l'absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, en mission, autour de l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale ;
2. Vie du Parti.

Le Bureau politique de l'AFP s'est penché sur les dossiers économiques et sociaux ainsi que sur la régression démocratique en cours.

La situation alarmante du monde rural ne semble pas préoccuper le régime de Me Wade, qui continue allègrement de gaspiller l'argent public pour financer les lubies d'un égo super sensible et le maquillage de la dure réalité que vivent les Sénégalais. Après avoir refusé de reconnaître l'échec de la campagne de commercialisation agricole qui n'a même pas pu assurer l'achat du quart de la production arachidière, voilà que l'on annonce la distribution de semences de qualité douteuse, comme les paysans en ont l'habitude avec le pouvoir des pseudo libéraux. A quelques mois de la date déclarée des élections générales, il est fort à craindre que le régime de Me Wade exerce son chantage sur les paysans.

Dans les zones urbaines, également, le désespoir gagne la majorité des jeunes. Face à l'impasse et au manque de perspectives, des centaines de jeunes empruntent, chaque semaine, les pirogues de la mort pour tenter de gagner les côtes des Iles Canaries, qui sont devenues les nouveaux mirages du désert. Aujourd'hui, parmi eux, certains croupissent dans des cellules infectes, pour avoir été interceptés par la force publique. Et pourtant, ils sont victimes de l'incapacité du régime de Me Wade à promouvoir les investissements pourvoyeurs d'emplois et à lutter contre la corruption à grande échelle qui empêche la prise en charge de l'intérêt général.

Par ailleurs, il est significatif que des fonctionnaires figurent parmi les candidats à l'émigration clandestine. Le pouvoir d'achat érodé des travailleurs face à l'inflation galopante entraîne çà et là des tensions sociales, notamment dans les secteurs de la santé et de l'éducation où les médecins, les internes et les professeurs du moyen - secondaire ont engagé une lutte légitime pour s'insurger contre l'injustice. En effet, les dépenses extravagantes des tenants du pouvoir ont engendré de profondes frustrations. Le Gouvernement a donc l'obligation de dialoguer avec ces travailleurs, pour améliorer leur situation, d'autant plus que d'autres corps sont en train de bénéficier de primes importantes octroyées par le prince.

C'est cette même gestion instinctive, sous l'empire de l'improvisation, de l'émotion ou du dilettantisme, qui a été la véritable cause de l'échec lamentable de notre pays dans son désir d'accueillir la CAN 2010. Peut-on s'en étonner, alors que deux stades ont déjà été vendus pour des besoins affairistes ? L'on se souvient, également, de l'aliénation d'une partie de la réserve du Stade Léopold Sédar Senghor, au profit d'une clientèle insatiable.

Devant cette avalanche d'échecs, tout gouvernement conscient aurait tenté de se remettre en cause. Loin de ces préoccupations, Me Wade et son régime viennent, encore une fois, de faire étalage de leur insouciance, en dépensant des sommes astronomiques, pour convoyer la majorité Ndiaga Ndiaye, jusqu'au cœur de Paris, à l'occasion de la réception, par le prince, du Prix Houphouët Boigny. En revanche, les manifestations de l'opposition ont permis d'attirer l'attention de l'opinion internationale sur les graves dérives anti-démocratiques en cours, au Sénégal.

L'épée de Damoclès est toujours suspendue au dessus des têtes d'hommes politiques, comme Amath Dansokho et Jean-Paul Dias. Le Maire Pape Diouf vient d'être condamné pour avoir exercé ses prérogatives de premier Magistrat de la ville de Bambey, dans le cadre des lois et règlements relatifs à la décentralisation. La déclaration de l'Observatoire pour l'Indépendance de la Magistrature et du Pouvoir Judiciaire en Afrique est un coup de semonce courageux, en direction des soi disant libéraux, hantés par la peur de perdre les prochaines élections générales.

C'est cette même peur qui les pousse à dépasser le stade de l'intimidation et de l'exercice de la violence multiforme pour affiner les outils de la tricherie dans le processus électoral. Aujourd'hui, les démocrates du pays et du monde entier sont sceptiques, quant à la volonté du Gouvernement de Me Wade d'organiser des élections transparentes et libres, dans le respect strict des règles universelles du jeu démocratique et du suffrage des Sénégalais. En effet, il est maintenant évident que Me Wade et ses thuriféraires impénitents ont décidé de mettre tout l'appareil d'Etat au service de leur clan, pour assurer une réélection, au prix de la remise en cause de la paix civile et de la stabilité de notre pays. Après avoir imposé le retour à l'ère coloniale, avec la restauration de fait des deux collèges, voilà que le Gouvernement a recours à des projets de lois ou à des prétendues propositions de lois pour changer les règles du jeu, sans hésiter à revenir, contre toute éthique, sur des consensus largement partagés auparavant avec les partis politiques légalement constitués. Si le Gouvernement continue de refuser d'ouvrir le dialogue sincère et fécond sur la matière électorale, il ne reste plus aux citoyens qu'à défendre leur vote, par les moyens adaptés à l'autisme de nos gouvernants, pour qui les élections de 2007 ne peuvent avoir lieu que pour organiser leur reconduction frauduleuse, en faisant fi de la volonté de l'écrasante majorité des Sénégalais.

Abordant le deuxième point de l'ordre, le Bureau politique de l'AFP a adressé ses vives félicitations aux responsables et militants de la région de Louga qui, à l'occasion de l'assemblée générale du Week-end dernier ont fait preuve de maturité et de lucidité, aux fins de renforcer les bases du parti dans la concertation et la cohésion, conformément aux décisions du Congrès des 2 et 3 mars 2003.


 

Fait à Dakar, le jeudi 18 mai 2006

Le Bureau politique de l' AFP