Communiqué du Bureau politique de l'AFP
Jeudi 17 mars  2005

 

Le Bureau Politique de l'AFP s'est réuni le jeudi 17 mars 2005 sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général du Parti, à l'effet d'examiner l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale

2. Vie du parti

Le Bureau politique a analysé les éléments du puzzle que le Gouvernement a mis en place, depuis quelques années, pour projeter l'image d'une démocratie apaisée tout en piétinant la morale républicaine. Cette approche irrationnelle et inacceptable déteint sur tous les secteurs de la vie nationale, qu'il s'agisse de la gestion du mouvement social, du processus électoral ou du choix des priorités dans les volets économiques, sportifs ou culturels.

Ainsi, la paralysie qui affecte le système éducatif et qui est intervenue depuis quelques jours n'est que l'expression d'un malaise social généralisé qui, au-delà des enseignants et des travailleurs en général, frappe de plein fouet les populations sénégalaises, particulièrement les couches les plus vulnérables. Dans un contexte de pression fiscale débridée, et d'appauvrissement qui affecte la plupart des ménages, il est tout simplement scandaleux que le Gouvernement de Maître Abdoulmaye Wade continue sa distribution inqualifiable de prébendes à des catégories susceptibles de l'aider dans ses choix caractérisés par une malgouvernance inédite dans notre pays.

Après les cadeaux offerts aux Ministres, aux membres de l'Administration territoriale, aux Elus locaux dont certains ont vu leurs émoluments multiplier par plus de dix, voilà qu'arrive le tour des bénéficiaires de contrats spéciaux dont l'écrasante majorité appartient à la clientèle de l'Etat-PDS. Le contraste entre les souffrances imposées aux populations, aux travailleurs en particulier, et le train de vie dispendieux de la nouvelle nomenclatura, inspirent de profondes frustrations qui annoncent les révoltes et les luttes à venir. Une société comme Dakar-Dem Dik est un condensé éloquent de choix iniques qui favorisent les affidés du parti au pouvoir, au détriment des anciens travailleurs de la SOTRAC dont l'expertise est royalement ignorée. Le Bureau politique de l'AFP condamne énergiquement ces dérives qui, en fait, sont le moteur d'un système cynique qui porte en lui-même les germes de son effondrement inévitable. Le Bureau politique de l'AFP exprime sa solidarité à l'endroit de tous les travailleurs qui résistent et luttent pour de meilleures conditions de vie et refuse de financer avec leur sueur et leurs sacrifices le train de vie d'une cohorte d'incompétents. En particulier, dans le recrutement des chauffeurs, et des agents de Dakar Dem Dik, les anciens travailleurs de l'ex-Sotrac doivent avoir la priorité sur d 'autres candidats nouveaux.

Quant au processus électoral, le Gouvernement de Maître Wade a beau tenter de peaufiner sa mise en scène et ses décisions unilatérales, il apparaît que la refonte totale du fichier n'est qu'un outil de diversion, pour asseoir les bases d'une situation qui désoriente les électeurs et favorise un coup de force antidémocratique. Ainsi, après sa volonté déclarée de négocier avec les partis d'opposition, le Ministre de l'Intérieur fait distiller dans la presse un nouveau chronogramme qui reporte, sans explication, la date prévue pour le démarrage des inscriptions sur les listes électorales. Des questions fondamentales demeurent à ce jour sans réponse. C'est le cas des 174 fameux " centres d'instruction " de cartes numérisées qui seront mis au service du parti au pouvoir et de ses affidés. C'est également le cas des 500 commissions, au niveau national et des 4 commissions extérieures, de la nouvelle carte électorale, de la gratuité des cartes d'identité numérisées souhaitées par l'ensemble des partis ainsi que du sort réservé au consensus relatif à la CENA.

Le Bureau politique de l'AFP tient le Gouvernement de Maître Wade pour responsable du désordre, de l'opacité et de tous les dysfonctionnements programmés aux fins d'échapper à la sanction populaire. En ce qui la concerne, l'AFP n'est pas disposée à accepter d'être complice passif ou actif d'une mascarade électorale qui heurte la conscience de tous les démocrates. Elle se battra avec une détermination sans faille, aux côtés des autres partis d'opposition et tous les autres démocrates, pour faire face au projet insensé d'asphyxie de notre démocratie .

La communauté internationale ne se méprend pas quant à la nature véritable du régime qui nous gouverne. A cet égard, les termes diplomatiques du communiqué de l'Union européenne condamnant, depuis Bruxelles, la loi EZZAN constituent un premier coup de semonce que le pouvoir en place, frappé d'autisme, est sans aucun doute incapable de percevoir, dans toute sa portée.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a adressé ses vives félicitations à Mme Mata Sy Diallo, Présidente du Mouvement National des Femmes pour le Progrès (MOUNFEP), particulièrement à celles de Thiès, et à leur présidente Madame Khadidjatou Hanne Ly et Madame Hélène Tine Secrétaire générale de la délégation communale de Thiès ainsi qu'à tous les membres du bureau, pour le succès éclatant de la célébration de la journée internationale de la Femme qui s'est tenue à Thiès, le samedi 12 mars 2005. Au-delà du caractère massif de cette manifestation, le Bureau politique salue l'opportunité des thèmes et des débats qui concernent la Femme en tant qu'actrice du développement, régulatrice sociale et ferment culturel garantissant les équilibres de la communauté et la perpétuation des valeurs.

Par ailleurs, le Bureau politique de l'AFP a effectué les derniers réglages relatifs à la vente des cartes du parti, pour assurer l'accessibilité de celles-ci à tous ceux qui la demandent et la transparence totale des opérations programmées.

Fait à Dakar, le 17 mars 2005

Le Bureau politique de l'AFP