COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Jeudi 17 avril 2008

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le jeudi 17 avril 2008, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale ;
2. vie du Parti.

Le Bureau politique s'est tout d'abord incliné devant la mémoire de deux illustres disparus. Il s'agit tout d'abord de Thierno Habibou Daha Tall, Khalife de la famille omarienne. Homme de foi, homme de paix, Thierno Habibou a su préserver, développer les valeurs qu'a toujours portées la famille omarienne, en s'adaptant aux exigences de son temps, favorisant ainsi la consolidation de la cohésion nationale à travers les dialogues interconfessionnel et interconfrérique. Le Bureau politique de l'AFP présente ses vives condoléances à toute la famille omarienne et à l'ensemble des fidèles. Le Bureau politique élève une prière fervente pour demander au Tout-Puissant qu'Il le couvre de Sa miséricorde infinie et l'accueille en Son Paradis.

Quant à Aimé Césaire, il a été un des grands hommes du 20e siècle, de tous les siècles. Acteur de l'Histoire, il a été en même temps, comme le dirait Octavio Paz, contemporain de tous les hommes. La négritude n'a pas été seulement un combat ponctuel pour la réhabilitation de l'homme noir et de ses valeurs de civilisation. Césaire, co-fondateur de la revue l'Etudiant noir avec Léopold Sédar Senghor, Alioune Diop, Léon Gontran Damas et d'autres, a également projeté un regard critique et prospectif sur les grands moments de l'humaine condition. Césaire restera donc toujours parmi nous. Le Bureau politique de l'AFP s'incline devant sa mémoire et prie Dieu pour que la terre de Martinique lui soit légère et qu'Il l'accueille en Son Paradis.

Par ailleurs, le Bureau politique s'est félicité de la reconnaissance internationale dont jouit le Secrétaire général, M. Moustapha Niasse, qui aux plans multilatéral comme bilatéral, laisse exprimer discrètement ses talents d'homme d'Etat avisé, dont les conseils sont hautement appréciés, ce qui s'est illustré récemment encore avec ses missions au Togo, au Maroc, au Canada et aux Etats Unis d'Amérique.

Après cet hommage rendu au Secrétaire général, le Bureau politique a apprécié la situation nationale, à la lumière de l'immense fossé qui sépare le Sénégal virtuel dépeint par Me Wade et ses thuriféraires du pays réel, en proie aux difficultés de toutes sortes dont les populations paient au prix fort les conséquences désastreuses. Il est manifeste aujourd'hui que le pouvoir est incapable de redresser l'économie nationale, en proie à l'effondrement spectaculaire du système productif des principaux secteurs d'activités. Aucun signe d'amélioration ne pointe à l'horizon, avec l'augmentation du coût des facteurs de production et la recrudescence des délestages. En plus, les finances publiques sont exsangues, ce qui amène le pouvoir actuel à développer un affairisme coupable, comme le bradage programmé des parts de l'Etat à la SONATEL ou la spéculation foncière outrancière, accompagnée de règlements de comptes. La situation est aggravée par le train de vie insolent de nos gouvernants qui ne respectent pas les engagements qu'ils ont souscrits. Naturellement, tout cela provoque la multiplication des foyers de tension.

Le monde rural qui a déjà payé un lourd tribut, reste sceptique quant à la volonté des tenants du pouvoir d'élaborer une véritable politique agricole et de faire face en temps réel aux urgences, pour éviter le développement de la tragédie silencieuse qui est en train de se dérouler dans nos campagnes. Les chiffres du Comité National de Concertation des Ruraux (CNCR) montrent éloquemment que les 10 milliards bruyamment annoncés ne sont pas à la hauteur de la gravité de la situation.

En plus, le gouvernement ne semble pas se préoccuper de l'aliment de bétail. Eu égard à l'importance du déficit céréalier et à l'insuffisance des ressources allouées par l'Etat, il convient de faire appel, sans délai à l'aide internationale, en faisant fi des statistiques fausses et autres fanfaronnades qui n'ont rien à voir avec le douloureux quotidien du monde rural.

Quant aux travailleurs et aux populations urbaines, ils voient tous les jours s'affaiblir leur pouvoir d'achat face à une spirale inflationniste que le gouvernement se contente de traiter par le verbe. Le tableau poignant des ex-travailleurs de la SOTRAC qui observent la grève de la faim, résume, à lui seul, la situation dramatique des démunis qui constituent. l'écrasante majorité des Sénégalais. La hausse vertigineuse des denrées de première nécessité notamment le riz, conjuguée avec d'inquiétantes pénuries, alimente les tensions sociales, dans un contexte où le régime de Me Wade a tendance à se raidir, face à l'expression multiforme du mécontentement populaire grandissant.

L'Ecole sénégalaise n'échappe pas à ce climat délétère, qu'aggravent les effectifs pléthoriques, l'insalubrité, le manque d'équipements, l'insuffisance des enseignants dont une bonne part vit dans une précarité réelle, parce que n'ayant aucun plan de carrière, dans des corps dits émergents ou dans une situation de vacation permanente mal ou pas rémunérée à temps.

Face à cette situation, le Bureau politique de l'AFP engage le pouvoir actuel à prendre ses responsabilités et à dialoguer avec l'intersyndicale de l'Enseignement et les étudiants grévistes pour éviter une année invalide préjudiciable à un système éducatif déjà bien mal en point.

Les Sénégalais démunis acceptent d'autant moins leur sort que le train de vie de l'Etat n'est pas affecté par la conjoncture. En plus, les scandales financiers et la gabegie continuent de plus belle. Malgré les milliards engloutis par l'ANOCI pour les travaux de Dakar, les usagers subissent les désagréments causés par les malfaçons et, à certains endroits, sous les ponts, les embouteillages sont toujours au rendez-vous. L'audit des agissements de l'ANOCI s'impose, d'autant plus que l'Assemblée nationale n'a jamais été informée sur le montant des financements, la nature des travaux et leur exécution opaque.

Pour toutes ces raisons, le Bureau politique de l'AFP engage les responsables à préparer, dans la rigueur, la participation du Parti aux Assises nationales, carrefour de toutes les forces vives de la Nation, la vraie, celle-là qui subit au quotidien les conséquences de la mal gouvernance et de l'incompétence au pouvoir.

Abordant le dernier point de l'ordre du jour, le Bureau politique a fait le point de la vente des cartes du Parti et aménagé un calendrier dans la perspective du prochain Congrès. Ce calendrier est en harmonie avec celui des Assemblées générales des Coordinations régionales qui continueront à se tenir, sous la présidence du Secrétaire général, M. Moustapha Niasse. Les mouvements intégrés (MOUNFEP et MNJP), comme les structures affiliées, tiendront compte de ces objectifs du Parti dans la programmation de leurs activités respectives.

 


Fait à Dakar, le 17 avril 2008 

Le Bureau politique de l'AFP