COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 17 juin 2008

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le mardi 17 juin 2008, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale;
2. vie du Parti.

Le Bureau politique de l'AFP a procédé à une analyse de la situation nationale, à la lumière des données récentes relatives à la spirale inflationniste, aux pénuries, à la campagne agricole et aux perspectives économiques et sociales. Face à ces urgences, qui appellent un traitement immédiat, dans un contexte de gaspillage où le Trésor public connait des pressions insoutenables, tous les Sénégalais doivent se mobiliser et mettre un terme à tous les glissements du pouvoir qui menacent le pays.

A cet égard, la hausse exponentielle du prix des hydrocarbures continue d'avoir des conséquences multiples sur l'économie nationale et la vie des ménages, qui n'en peuvent plus. Visiblement, le gouvernement de Me Wade n'accepte pas de renoncer aux trois surtaxes qui gonflent les prix à la pompe et augmentent le coût du transport des produits et des personnes. Les incongruités qui ont amené les stations à afficher 813 francs le litre pour le gasoil et 823 francs pour le super, devraient inciter le gouvernement, pour le moins, à négocier avec les syndicats de transporteurs, pour éviter des hausses sauvages et incontrôlées. Et le gouvernement doit expliquer aux consommateurs pourquoi le carburant vendu au Mali, et transporté par route jusqu'à Bamako, y coûte moins cher qu'à Dakar.

Cette flambée des prix est en train de se poursuivre sur un fond de pénuries qui concernent le riz et n'épargnent pas l'eau, en ces temps de forte canicule. Là également, la responsabilité des tenants du pouvoir est pleine et entière. En effet, il s'agit, d'une part, des conséquences des délestages intempestifs de la SENELEC et, d'autre part, du non respect des engagements du gouvernement relatifs à la subvention du prix du riz. Cette denrée stratégique, s'il en fût, doit demeurer accessible aux populations déjà rudement éprouvées par le tourbillon de la paupérisation.

Plus grave encore, la frange rurale de ces populations, qui constitue l'écrasante majorité des Sénégalais, s'interroge aujourd'hui, au seuil de l'hivernage, sur la volonté et la capacité du régime de Me Wade à conduire une campagne agricole avec des semences, des engrais et du matériel agricole mis à temps à la disposition des acteurs. A ce stade, eu égard aux nombreux manquements constatés et dénoncés par les intéressés eux-mêmes, il est fort à craindre que nous assistions, encore une fois, à une nouvelle programmation de l'échec, avec ses conséquences économiques et sociales désastreuses. En plus, la distribution, en pointillé, des vivres de soudure déjà insuffisants, ajoute aux souffrances et à la frustration des paysans.

Ainsi donc, face à la crise multidimensionnelle qui se développe et à l'impéritie notoire du pouvoir actuel, la pertinence des Assises nationales est plus que jamais d'actualité. Malgré les pressions, les harcèlements, les contrevérités grossières projetées et distillées par le pouvoir actuel et certains prétendus experts devenus de véritables mercenaires, le Sénégal éternel, qui porte les valeurs et la longue tradition de refus de notre peuple, reste debout. Le Bureau politique estime que c'est là que se situe l'essentiel. L'on se souvient des prétendus 5 milliards de l'opposition annoncés par Me Wade lui-même, suite aux graves émeutes dont le campus social de l'Université Cheikh Anta Diop avait été le théâtre, à cause de produits alimentaires mal stockés.

Cependant, malgré le manque manifeste de culture démocratique qui le caractérise, Me Abdoulaye Wade fait encore semblant d'oublier sa propre case qui brûle, pour aller jouer les bons offices au Zimbabwe de Robert Mugabe où, après avoir gagné dès le premier tour, l'opposition fait l'objet de menaces et de brimades de toutes sortes, qui confirment la volonté manifeste du régime en place de fouler aux pieds la volonté populaire. C'est la raison pour laquelle le Bureau politique accorde son soutien au Secrétaire général de l'AFP, M. Moustapha Niasse, qui a signé la pétition internationale initiée par l'ancien Secrétaire général de l'ONU, M. Kofi Annan le 11 juin 2008, pétition qui appelle M. Mugabe et son régime à la raison et réclame, avec vigueur, un processus électoral transparent, dans un climat apaisé.
Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a évalué la célébration du 9è anniversaire du 16 juin, dont l'édition de cette année a été organisée à Louga. Cette célébration a connu un éclatant succès populaire, avec une grande mobilisation des responsables et des militants et la participation effective de la presque totalité des partis de l'opposition démocratique.

Le Bureau politique adresse ses vives félicitations au Secrétaire général M. Moustapha Niasse, pour la hauteur et la clarté du message qu'il a délivré à cette occasion. Ces félicitations sont adressées également au Comité préparatoire du Bureau politique, pour le travail méthodique accompli, ainsi qu'aux femmes et aux jeunes du parti, à M. Cheikh Bamba Sall, Secrétaire général de la Coordination régionale de Louga, aux camarades Secrétaires généraux des Délégations départementales de Louga, Linguère et Kébémer, ainsi qu'à l'ensemble des responsables et militants. Monsieur Cheikh Bamba Sall et l'équipe régionale qui l'entoure ont organisé, avec méthode, le grand rassemblement qui aura été un moment fort dans la vie et dans le fonctionnement de l'AFP au service du peuple. Le Bureau politique saisit cette opportunité pour adresser ses chaleureux remerciements aux partis politiques invités qui ont rehaussé, par leur participation active, la célébration du 9è anniversaire du 16 juin 1999. Avec les patriotes et les démocrates sénégalais, l'AFP poursuivra sans relâche son combat pour le triomphe des idéaux qui ont sous-tendu ce mémorable Appel, devenu une date repère dans l'histoire de notre pays.


Fait à Dakar, le 17 juin 2008 

Le Bureau politique de l'AFP