COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 17 février 2009

 

Le Bureau politique de l’AFP s’est réuni le Mardi 17 février 2009, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général, autour de l’ordre du jour suivant :

1.  situation nationale ;

2.  vie du Parti.  

Le Bureau politique de l’AFP a tout d’abord tenu à s’incliner devant la mémoire de feu Boubacar Joseph Ndiaye qui, sa vie durant, a entretenu notre mémoire collective, en restituant aux Sénégalais comme aux hôtes de notre pays des pages noires d’une histoire tragique dont les conséquences se prolongent encore aujourd’hui dans notre vécu. Qu’il s’agisse du mouvement global de la traite triangulaire comme des drames intimes, Boubacar Joseph Ndiaye savait rendre les faits, tout en y incluant une dose d’humanité et d’émotion qui ne laissait personne indifférent. A sa famille éplorée, à ses nombreux amis et admirateurs, le Bureau politique de l’AFP présente ses condoléances attristées, en priant pour que Dieu, dans Sa Miséricorde Infinie, l’accueille en Son Paradis.

En ce qui concerne la situation nationale, le Bureau politique s’est appesanti sur le manque de vision et l’incompétence du régime en place toujours incapable de sérier les problèmes du pays et des populations pour déterminer les priorités, mettre fin sans délai aux errements, à la curée et trouver des solutions urgentes que réclament  à cor et à cri les Sénégalais toutes couches confondues. 

Le feuilleton de la dette intérieure montre à souhait jusqu’à quel point le régime de Maître Abdoulaye Wade et l’esprit de dissimulation, la ruse et l’informel se sont installés au cœur de l’Etat, en hypothéquant dangereusement l’équilibre des finances publiques et l’avenir des entreprises, c’est-à-dire, de notre économie. En déclarant vouloir éponger les arriérés de paiement, le régime en place, qui n’en finit pas dans sa quête fébrile de financements, s’emmêle dans des explications peu convaincantes, où les chiffres avancés sont contredits et par les chefs d’entreprise et par les bailleurs multilatéraux comme le FMI. En plus, une discrimination scandaleuse continue de frapper tous les patriotes qui refusent de courber l’échine.

C’est plutôt dans l’affairisme que les tenants du pouvoir font tous les jours étalage de leur savoir-faire diabolique, en pataugeant dans les eaux troubles qui les ont amenés à démolir par étapes le stade Assane Diouf, tantôt à la faveur des ténèbres, tantôt subrepticement, à l’occasion de grands événements nationaux qui détournent ailleurs l’attention des citoyens, des riverains en particulier. Entre les dates où les bulldozers ont agi, c’est le discours lénifiant et dissimulateur des plus hautes autorités de l’Etat qui a été servi aux jeunes du quartier de Reubeuss, pour les endormir, alors que, depuis longtemps, des engagements avaient déjà été pris, dans des conditions nébuleuses, avec des partenaires. Dans ce dossier comme dans bien d’autres, l’intérêt général est mis sous le boisseau, au profit d’obscures préoccupations d’une camarilla qui continue de piller systématiquement notre pays. 

Les populations dont la majorité est démunie paye un lourd tribut à cette politique de ruine nationale. Cette année, le monde rural a découvert, avec le gouvernement de Me Wade, ce qu’est une campagne virtuelle de commercialisation agricole sans financements. Les paysans en subissent les conséquences directes avec l’aggravation d’un processus de paupérisation qu’entretient un gouvernement irresponsable, qui pense à tort que les effets d’annonce et les contrevérités régulièrement assénées constituent un palliatif acceptable. Les Sénégalais attendent encore la baisse des prix des denrées de première nécessité annoncée par Maître Wade pour la fin du mois de janvier dernier. Cet échec illustre la perte de crédibilité d’un Etat dont le train de vie dispendieux est financé par les sacrifices imposés aux Sénégalais. Naturellement, ces politiques meurtrières transparaissent dans le système éducatif et dans le secteur de la santé qui connaissent des grèves multiples éparses et perlées, dont la complainte des acteurs nous parvient aujourd’hui, comme une litanie ayant toujours trait à des arriérés de paiement et à des engagements non respectés. 

Notre démocratie est également mal en point, presque à l’agonie avec l’absence totale de la séparation des pouvoirs qui est illustrée, encore une fois, dès la phase de dépôt des listes de candidats, occasion saisie par certains éléments de l’Administration territoriale manipulés par le Parti-Etat, pour se livrer à une délinquance électorale caractérisée et constatée par voie d’huissier, constat dont la réalité n’a pas été reconnue par la Cour d’Appel. Eu égard à ces manquements graves auxquels s’agrègent le fichier électoral piégé et la rétention des cartes d’électeurs depuis la pseudo-refonte totale, le Bureau politique de l’AFP engage tous les responsables et militants, dans toutes les localités du pays, à participer, avec détermination et dans un esprit d’équipe, au sein des Coalitions patriotiques de l’Opposition, à la résistance aux côtés des populations, pour faire face à la tentative annoncée de confiscation de la volonté souveraine du peuple. En définitive, avec de pareils tricheurs impénitents, le Ministère de l’Intérieur et ses fraudeurs zélés doivent céder la place à une Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI).

Les derniers actes posés confirment en effet la volonté de poursuivre la régression démocratique, en faisant fi des lois et règlements de notre pays. C’est ainsi qu’il faut comprendre le projet d’un montant de 25 milliards destiné avant tout à violer les libertés et l’intimité des Sénégalais, par un système d’écoutes téléphoniques plus sophistiqué, non pas au service de la République, mais pour gérer les intérêts privés d’un groupuscule décidé à poursuivre l’exécution de son projet monarchique insensé.

Abordant le dernier point de l’ordre du jour, le Bureau politique de l’AFP a invité les responsables et les investis à l’occasion des prochaines élections locales à regagner leurs bases respectives, aux fins de développer une vaste campagne d’explications et de sensibilisation, au service du Sénégal debout.


Fait à Dakar, le 17 février 2009

Le Bureau politique de l'AFP