COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Lundi 17 janvier 2011

Le Bureau politique de l’AFP s’est réuni le lundi 17 janvier 2011, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, autour de l’ordre du jour suivant :

A – situation nationale ;
B – vie du Parti.

Le Bureau politique de l’AFP a examiné la question lancinante des effets de la mal gouvernance au Sénégal et du contexte géopolitique, particulièrement africain. Un peu partout, les peuples crient leur ras-le-bol et les populations sénégalaises ne sont pas en reste, elles qui voient leur pouvoir d’achat baisser de jour en jour, alors que le train de vie de l’Etat demeure toujours dispendieux, au moment où la corruption envahit et gangrène tous les secteurs de l’économie du pays.

Les actions nocives du gouvernement de Me Wade sont tellement nombreuses et fréquentes que la capacité d’étonnement de ceux qui les subissent tend à s’estomper. De plus en plus, il apparait clairement que la faillite du monde rural et de la SENELEC, pour ne citer que ces deux exemples, est due en grande partie à une avalanche de décisions douteuses inspirées et mues par des intérêts mafieux. L’extravagance et l’arrogance viennent compléter le tableau, car comment expliquer que l’on fasse des mains et des pieds pour assurer la fourniture régulière de l’électricité dans certaines zones pendant le festival des Wade et le Mundial, reléguant ainsi au second plan les besoins impératifs de l’économie nationale et des ménages ?

L’histoire de Dakar-Dem-Dikk est une autre illustration du mode de gouvernance boiteux du régime en place. En effet, c’est seulement sous nos cieux qu’un chef d’Etat a créé une société de transport au statut juridique énigmatique, en nommant un directeur général incompétent qu’il finira par limoger, sous la pression des travailleurs. Quant à l’avenir de ladite société, M. Wade a décidé récemment de la dissoudre, avant de se raviser, après avoir écouté le nouveau directeur général. Naturellement, toutes ces décisions et volte-faces sont intervenues sans tenir compte des avis des services ni des techniciens, ni du ministre des Transports, encore moins celui du Premier Ministre.

Ce règne de l’informel constitue un danger pour notre pays, dont le gouvernement pléthorique vit au rythme du bruit lassant des chaises musicales, en fonction des humeurs et des objectifs politiques d’un clan.

Dans ce contexte, l’affaire Bara Tall nous rappelle que la liberté d’entreprendre et la liberté tout court sont menacées sous le régime des pseudos libéraux, qui ont vite choisi les pulsions de leur égo, face à l’intérêt général. Le Bureau politique de l’AFP exprime son soutien à M. Bara Tall, comme l’a déjà fait le Secrétaire général, M. Moustapha Niasse. Il encourage également les magistrats à dire le droit, rien que le droit et à lutter contre le projet du parti-Etat qui aspire à une justice partisane.

En ce qui concerne le processus électoral, le Bureau politique de l’AFP dénonce énergiquement les manœuvres des fraudeurs zélés qui contingentent la délivrance des cartes d’identité nationale dites numérisées, au profit des affidés du parti au pouvoir. Ce début de fraude, dès la phase des inscriptions, est complété par un découpage administratif et territorial intempestif, dont l’unique objectif est d’éviter une réédition de la raclée de mars 2009, contrairement aux déclarations cyniques des laudateurs impénitents, qui tremblent d’effroi devant les échos venant de Tunisie, comme le glas des régimes corrompus et autoritaires qui exercent des pouvoirs familiaux sur les peuples d’Afrique.


Fait à Dakar, le 17 janvier 2011 

Le Bureau politique de l'AFP