COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 16 décembre 2008

 

          

          Le Bureau politique de l’AFP s’est réuni le Mardi 16 décembre 2008, sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Secrétaire national, chargé de la Coordination , en l’absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général, en mission, autour de l’ordre du jour suivant :

1.  situation nationale ;

2.  vie du Parti.  

Le Bureau politique de l’AFP s’est incliné devant la mémoire de feu le ministre Serigne Lamine Diop, homme de rigueur, de bonté et de piété qui rendu, sa vie durant, des services incommensurables à notre pays le Sénégal. Porteur de nos valeurs éternelles, feu Serigne Lamine Diop était un patriote qui savait aussi, dans la fidélité et la discrétion, se mettre généreusement au service de son prochain.

Le Bureau politique de l’AFP adresse ses vives condoléances à sa famille éplorée et élève des prières ferventes en direction du Tout Puissant pour qu’Il l’accueille, dans Sa miséricorde infinie, en Son Paradis.

Le Bureau politique de l’AFP a procédé à des échanges sur la situation nationale caractérisée par un climat plus que jamais délétère. Au moment où les difficultés de tous ordres s’amoncellent, le gouvernement de Me Wade, continue de penser que la manipulation et la ruse constituent la panacée pour conjurer les périls. Aujourd’hui, les réunions et les déclarations se succèdent sans que des solutions soient apportées aux innombrables maux des populations et du pays. Du fait de l’impéritie et de l’irresponsabilité du régime des pseudos libéraux, le Sénégal est devenu un corps anémié, espace de souffrances multiples, constat confirmé par le rapport de la Banque Africaine de Développement (BAD) et les réactions d’autres partenaires au développement qui se sont empressés de venir au chevet du grand malade, naturellement avec leurs conditionnalités.

C’est ainsi que l’Agence française de Développement (AFD) a assorti son prêt d’un montant de quelque 80 milliards à notre pays, de directives précises relatives d’une part, à un accord avec le FMI dans le cadre de l’Instrument de Soutien à la Politique Economique (ISPE), d’autre part, au paiement de la dette intérieure qui est en train d’asphyxier nombre d’entreprises du secteur privé. Cette situation morose ne semble guère préoccuper les tenants du pouvoir, toujours imperméables aux conséquences sociales subies par les Sénégalais, et très attentifs à leurs privilèges indus. 

L’un des premiers réflexes du régime de Me Wade est de gaspiller l’argent public, dans un publi-reportage au Financial Times dont le coût est de 300 millions CFA. Par ailleurs, à la marche des populations de Guédiawaye conduite par les Imams, pour protester contre les factures élevées de la SENELEC, le gouvernement répond par la danse du ventre de thuriféraires abusivement parés de manteaux de Parlementaires. L’opération ayant échoué, on revient par la fenêtre en proposant des mesures superficielles, qui ne règlent pas les problèmes des populations démunies. Le pays entier est en train de faire les frais des errements du régime en place qui, depuis 2000 est incapable de trouver une solution au dossier de l’énergie qu’il a, au contraire, rendu plus épineux. 

La manipulation et la ruse se manifestent encore à travers la création de nouvelles structures budgétivores comme l’Office pour l’Emploi des Jeunes de Banlieues et l’Agence Nationale de la Grande Muraille Verte. Une fois de plus, des fonds publics vont être dilapidés en faveur d’une clientèle qui a déjà englouti plus de 6 milliards du Fonds National pour la Jeunesse, sans aucun impact économique et social significatif. Si le régime de Me Wade ne contrôle pas son appétit gargantuesque, l’IPRES risque fort d’être la prochaine victime des prédateurs, comme naguère les Industries Chimiques du Sénégal (ICS), qui ont encore du mal à renaître de leurs cendres. La dénonciation par la presse nationale de ces manquements graves est une œuvre patriotique, qui ne devrait pas donner lieu à une nouvelle intervention intempestive de la DIC, véritable police politique de l’ère néfaste des Wade, police politique qui n’a rien à envier à celles d’hier, sous d’autres cieux.

Au moment où d’honnêtes citoyens font l’objet de tentatives d’intimidations, pour avoir refusé de se soumettre à la pensée unique, un ancien ministre, délinquant notoire, a été recyclé par l’Etat PDS, pour effectuer des tournées, en menaçant des Sénégalais. La dictature qui étouffe en ce moment le Sénégal est assurément une des plus perverses d’Afrique, parce qu’elle entretient le flou par le discours sur l’Etat de droit, en tentant de s’organiser pour sauver les apparences. Le plus grave, eu égard au duvaliérisme rampant, c’est que cette dictature qui préside à un déterminisme fatal, est potentiellement l’une des plus nocives du Continent. Cependant, comme celle des Duvalier, de Mobutu ou d’autres, elle s’effondrera comme un château de cartes, avec la débandade à la clef, du fait de son propre aveuglement et de ses propres excès.

Ces errements sont illustrés par exemple, par la gestion scandaleuse du processus électoral qui annonce, dans l’esprit des tenants du pouvoir, une nouvelle mascarade sans coup férir. Les modifications éhontées du code électoral, sans aucune concertation avec les partis politiques légalement constitués renseignent sur la mentalité des fraudeurs zélés qui se recroquevillent pour changer le mode de scrutin, pour confectionner leur fichier piégé et une carte électorale secrète, dont le seul objet est de satisfaire les intérêts d’un régime à qui le peuple a clairement et définitivement tourné le dos. C’est la raison pour laquelle le Bureau politique de l’AFP engage les  responsables et les militants à la base à participer activement à la lutte contre la fraude, pour exiger des élections libres, transparentes et sincères. 

Abordant le deuxième point de l’ordre du jour, le Bureau politique de l’AFP a salué la mise sur pied de la coalition And Siggil Senegaal, pour battre le monstre et l’extirper de la gestion désastreuse des collectivités locales. Par ailleurs, le Bureau politique a pris un certain nombre de décisions relatives à l’animation du Parti, à la vente des cartes et à la préparation du deuxième congrès ordinaire.


Fait à Dakar, le 16 décembre 2008

Le Bureau politique de l'AFP