DECLARATION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 16 octobre 2007

 


Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le mardi 16 octobre 2007, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale;
2. vie du Parti.

Le Bureau politique de l'AFP a tenu, tout d'abord, à s'incliner devant la mémoire de feu Alioune Sow, Secrétaire Général de l'Union Démocratique des Travailleurs du Sénégal (UDTS), combattant mémorable s'il en fût, qui a continué de lutter jusqu'à son dernier souffle. Plus qu'un allié, M. Alioune Sow était un frère du Secrétaire général de l'AFP, M. Moustapha Niasse qui voyait en lui un grand Africain, solidement enraciné dans nos valeurs éternelles. Le Bureau politique de l'AFP élève des prières ardentes vers le Seigneur pour qu'Il l'accueille en Son Paradis et adresse ses vives condoléances à la famille éplorée, ainsi qu'à tous ses compagnons de lutte.

Examinant la situation nationale, le Bureau politique a condamné les nouvelles dérives du pouvoir actuel relatives au fonctionnement de notre démocratie plus que jamais anémiée. La cérémonie que le régime de Me Wade a organisée au Palais de la République avec les correspondants de presse n'est que l'expression d'une volonté morbide de domestiquer les médias privés ou, à défaut, de les diviser. La ritournelle scandaleuse de Me Wade "j'ai la capacité de…. " jalonne le développement d'un réflexe totalitaire anachronique, que tous les démocrates doivent combattre sans concession. D'autant que la réalité de la dureté qui domine la vie quotidienne, matérielle et morale des Sénégalais est tout le contraire des prétendues capacités de Me Abdoulaye Wade.

L'agonie de notre démocratie sous Me Wade est également illustrée à travers la création et le fonctionnement d'Institutions dont les mouvements et activités sont modulés en fonction des intérêts d'un groupe privé qui a déjà à son palmarès la mise à mort de nos grandes unités industrielles et l'effondrement de l'économie nationale. La création et la dissolution du CRAES sont sous-tendues par le même esprit incapable de se hisser à la hauteur des exigences d'un Etat démocratique moderne, au service de l'intérêt général.

Pour toutes ces raisons, le Bureau politique de l'AFP estime que le culte de la ruse et de la manipulation permanente est un argument trop court pour les urgences de l'heure. Au moment où les populations attendaient le pouvoir actuel sur les grands dossiers économiques et sociaux, celui-ci continue sa fuite en avant, en s'adonnant à son passe- temps favori, les manœuvres politiciennes et la malgouvernance.

Devant l'aggravation continue de la crise qui sévit au Sénégal, dans tous les secteurs, l'opposition démocratique s'achemine vers les Assises nationales et voilà que le mensonge d'Etat est véhiculé dans la presse pour tenter de diviser celle-ci. L'intersyndicale enseignante réclame l'exécution immédiate des accords conclus avec le gouvernement et voilà que celui-ci promeut l'émergence d'un syndicat jaune. Le Bureau politique engage le régime de Me Wade à s'employer à traiter en profondeur les problèmes, au lieu de tenter vainement de les escamoter, avec un brouillage dérisoire.

Aucune manœuvre ne pourra régler les difficultés liées à l'effondrement de l'économie rurale, avec ses conséquences sociales dramatiques. Il en est de même pour la flambée des prix parfois aggravée par une pression fiscale destinée avant tout à financer le train de vie dispendieux de l'Etat. Comment un gouvernement respectable peut-il prolonger le bras de fer qui l'oppose aux patrons-boulangers, au détriment des populations, sans trouver, en urgence, des solutions réalistes et intelligentes ?

En ce qui concerne les finances publiques, les bravades du régime de Me Wade autour des conclusions provisoires de la réunion du Groupe consultatif à Paris, cachent mal des faits têtus : le doublement du déficit budgétaire, la reconstitution de la dette intérieure, les menaces qui pèsent sur le système bancaire et la persistance des marchés de gré à gré, qui favorisent la corruption et la concussion. Et les Sénégalais doivent savoir, définitivement, que les annonces de contributions faites à l'occasion des réunions du Groupe consultatif, à Paris, ne constituent des crédits à décaisser qu'au travers des conditions que les pays demandeurs, comme le Sénégal, ont des difficultés à respecter.

Abordant le dernier point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a procédé à des échanges approfondis sur la question des élections locales, qui doivent se fonder sur les principes et les règles d'une vraie démocratie, dans la mesure où les populations sont directement concernées. Le Bureau politique de l'AFP les a écoutées, elles qui savent se gérer elles-mêmes, elles qui se connaissent et entendent élire librement les conseillers ruraux, les conseillers municipaux et les conseillers régionaux de manière à prendre en charge quotidiennement les questions liées à leur propre développement.

En tout état de cause, le Bureau politique de l'AFP a décidé de mettre en branle le Parti, pour participer pleinement et entièrement aux prochaines élections locales.

L'AFP tient à mettre en garde solennellement les fraudeurs zélés qui ont manipulé les élections du 25 février 2007 et continuent d'exiger un processus électoral transparent, loin des mascarades auxquelles le régime de Me Wade nous a habitués.


Fait à Dakar, le 16 octobre 2007 

Le Bureau politique de l'AFP