COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 16 septembre 2008

 


Le Bureau politique de l’AFP s’est réuni le mardi 16 septembre 2008, sous la présidence de  M. Madieyna Diouf, Secrétaire national chargé de la Coordination des Activités du Parti, en l’absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général, en mission, autour de l’ordre du jour suivant :

1.  situation nationale ;

2.  vie du Parti.  

Le Bureau politique de l’AFP a procédé à des échanges approfondis sur la situation nationale caractérisée par l’ampleur de l’échec multiforme et multisectoriel du gouvernement de Me Abdoulaye Wade, qui a fini par avouer, à la face du monde, son impuissance et son impéritie. Au-delà du problème de méthode et d’organisation qui se pose, le pouvoir actuel est en train de subir et de faire subir aux populations les conséquences d’un gaspillage scandaleux des ressources nationales. Aujourd’hui, le Trésor public devenu exsangue n’est même pas en mesure de décaisser des montants dérisoires, pour faire face aux situations d’urgence. 

Tel est le cas des inondations, avec le cortège de malheurs et autres désagréments subis par des populations désarmées, qui crient leur détresse sur toute l’étendue du territoire national, des banlieues dakaroises jusqu’aux confins des régions périphériques. Le refus incompréhensible du pouvoir en place de concevoir et d’exécuter un plan cohérent de lutte contre les inondations récurrentes est une illustration de la mal gouvernance chronique dans laquelle il s’est empêtré et dont il est incapable de sortir. Cela tient à la nature même du système Wade, où les priorités n’obéissent pas aux impératifs de l’intérêt général et laissent  une large place à l’impérium du Ponce-Pilatisme rythmé par des sanctions sélectives contre des boucs émissaires tout désignés, pour calmer l’opinion publique et les partenaires extérieurs. Qu’il s’agisse du plan jaxaay, avec ses erreurs dans l’approche générale, ses insuffisances techniques, et son opacité, qu’il s’agisse des faux dépassements budgétaires ou des dits grands travaux du chef de l’Etat, il y a une constante : l’échec et la tentative de travestir les faits têtus, aux fins de manipulation.

            Plus que jamais, le Bureau politique de l’AFP exige un audit indépendant pour démêler l’écheveau et situer les responsabilités, tant en ce qui concerne le plan jaxaay que pour tous les autres grands scandales survenus sous le régime infernal des pseudo-libéraux.

Cette exigence s’applique au naufrage du bateau le Joola, à quelques jours du sixième anniversaire de la tragédie, et dans le contexte du lancement d’un mandat d’arrêt international contre neuf personnalités sénégalaises, par un juge du  Tribunal d’Evry. Le Bureau politique de l’AFP s’incline devant la mémoire des victimes, des trop nombreuses victimes, en réitérant son exigence première : la lumière doit être faite sur ce drame et toutes les responsabilités doivent être situées, à commencer par le sommet de l’Etat car, en amont, il y a eu des choix politiques relatifs à l’entretien du bateau et à la décision de lui faire reprendre la mer. Par ailleurs, le Bureau politique de l’AFP estime qu’en matière de coopération judiciaire comme dans d’autres domaines, les principes du respect des conventions signées, de la réciprocité et du parallélisme des formes doivent être de rigueur.

Le traitement de ces dossiers par les amateurs qui nous gouvernent s’effectue sur un fond de régression démocratique, qui distille la violence multiforme dans notre société. Le procès des nervis auteurs du saccage des locaux de l’As et de 24 heures chrono est d’abord celui du régime de Me Abdoulaye Wade. La tentative de mise au pas de la presse et de la confiscation des libertés fondamentales n’est que le corollaire du projet monarchique qui vise, avant tout à assurer les arrières de ceux qui redoutent l’heure de vérité avec les Sénégalais, qu’ils ont tant grugés, notamment par le verbe et des promesses aujourd’hui évaporées. Pris dans la nasse de la mal gouvernance, le peuple, dans ses diverses composantes, continue de lutter pour survivre, faire face à la vie chère et réclamer ses droits, notamment à travers les organisations syndicales ou estudiantines qui font les frais des conséquences du train de vie dispendieux de l’Etat.

Le Bureau politique de l’AFP exprime sa solidarité avec ces luttes légitimes que tous les hommes épris de justice et de paix doivent soutenir.

Abordant le dernier point de l’ordre du jour, le Bureau politique a défini un certain nombre de priorités pour le dernier trimestre de l’année en cours et a réparti des tâches précises touchant à des aspects stratégiques, à la vente des cartes et à l’organisation de la base, y compris les Sénégalais de l’Extérieur. Ces tâches seront prises en charge par des Commissions ad hoc qui feront rapport au Bureau politique dans la dernière décade du mois septembre. En effet, il s’agit, pour l’AFP, de se doter de tous les outils nécessaires pour jouer le rôle qui lui est dévolu, aux côtés des autres forces démocratiques, dans le contexte particulièrement grave que traverse notre pays.


Fait à Dakar, le 16 septembre 2008 

Le Bureau politique de l'AFP