Communiqué du Bureau Politique de l'AFP

Jeudi,  16 février 2006

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le jeudi 16 février 2006, sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Coordonnateur des Activités du parti, en l'absence de M. Moustapha Niasse, en mission à l'étranger, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale ;
2. vie du parti.

Le Bureau politique de l'AFP a examiné avec attention la situation nationale, qui laisse apparaître une mal gouvernance caractérisée, sur fond d'enjeux politiciens, avec des conséquences désastreuses pour l'Etat de droit, l'économie de notre pays, le bien-être de nos populations, c'est-à-dire pour le développement concerté.

La libération de l'ancien Premier ministre du Sénégal doit être perçue sous l'angle des libertés individuelles, si l'on a en mémoire le vote précipité de l'acte d'accusation par une Assemblée nationale dominée par des députés aux ordres, qui n'ont pas hésité à fouler aux pieds notre Charte fondamentale. Il reste que le dossier des chantiers de Thiès, comme celui de la nature des fonds politiques, de l'origine et du montant des dons de pays amis, doivent être élucidés. A cet égard, les réponses aux interrogations des citoyens sont un impératif que l'Etat doit prendre en charge, dans le strict respect de la séparation des pouvoirs et de l'indépendance de la justice, comme le stipule notre Constitution.

Ces ratés dans le fonctionnement de l'Etat, qui n'ont même pas épargné un corps d'élite comme l'Inspection Générale d'Etat, ne font pas oublier les innombrables problèmes sociaux, tout particulièrement ceux du monde rural, qui est en train de découvrir dans la douleur les derniers contours du puzzle qui correspond à la destruction irresponsable de la filière arachidière. Non seulement le financement de la campagne de commercialisation ne couvre pas les besoins, mais ce ne sont pas forcément les paysans qui bénéficient des sommes libérées. Et voilà que réapparaissent les bons impayés, avec des conséquences qui accélèrent la paupérisation des principaux acteurs de la filière. Avec les nuages qui s'amoncellent sur l'avenir des ICS, on peut se demander si les paysans seront à même de payer l'engrais, dont le renchérissement du coût est à prévoir.

Malgré le discours officiel, ce phénomène de paupérisation gagne de plus en plus de larges couches des populations urbaines et suburbaines. Les grèves des étudiants et des élèves qui subissent ce contexte de pauvreté galopante traduisent la manifestation de ce malaise dans notre système éducatif. A l'Université Cheikh Anta Diop, les conditions d'études de plus en plus difficiles ont entraîné, depuis plusieurs semaines, le blocage de l'Institution sur laquelle plane la grave menace d'une année blanche. Non seulement les effectifs dépassent largement la capacité d'accueil de cette Université, mais le ratio enseignants-enseignés est tellement déséquilibré que la qualité de l'enseignement en est affectée. Au lieu de s'adonner à des manœuvres et à la fuite en avant, avec de nouvelles promesses qui ne seront pas tenues, le pouvoir actuel doit engager une réflexion sérieuse et prospective, pour trouver des solutions durables aux multiples maux qui frappent l'Institution.

La violence inédite des affrontements entre grévistes et forces de l'ordre donne une certaine idée de ce que pourraient être des troubles postélectoraux, consécutifs à un manque de consensus et de transparence dans l'organisation de la dévolution du pouvoir. Avec ses décisions unilatérales et l'opacité qu'il cultive, le pouvoir actuel est responsable des nombreux manquements signalés sur toute l'étendue du territoire national. Non seulement bon nombre d' électeurs des communautés rurales sont ignorés par le ministère de l'Intérieur, mais l'implantation des commissions administratives d'inscription obéit à des desseins politiciens, qui introduisent une note discriminatoire inacceptable. Au surplus, leur insuffisance manifeste et leur manque de moyens provoquent des lenteurs programmées, qui prétendent empêcher des pans entiers de nos populations d'exercer leur droit de vote. Par ailleurs, même les citoyens qui arrivent à s'inscrire n'ont pas encore obtenu leurs cartes d'électeurs, malgré les promesses renouvelées du ministère de l'Intérieur, qui semble se complaire dans le flou et le louvoiement.

Le Bureau politique de l'AFP dénonce, avec la dernière énergie, l'épaississement de ce flou par le gouvernement, qui se propose d'introduire unilatéralement, et à pas feutrés, trois nouveaux formulaires dans le processus électoral et ainsi intitulés respectivement: " Demande de modification d'inscription d'électeur ", " Demande de correction sur fiche d'inscription d'électeur ", " Fiche de remise de cartes à un électeur ayant perdu son récépissé ". Le Bureau politique de l'AFP invite tous les partis, toutes les organisations de la Société civile et tous les Démocrates à s'opposer à ce genre de tripatouillages qui vise à casser la résistance du peuple, dont on veut confisquer la souveraineté.

Le Bureau politique de l'AFP engage les responsables du parti et les militants à continuer de s'organiser, pour assurer une présence vigilante dans les commissions administratives, tout en faisant parvenir à la Direction du parti toutes les informations relatives au déroulement des inscriptions.

Dans ce même volet de la vie du parti, le Bureau politique adresse ses encouragements aux camarades responsables et militants de la région de Matam qui s'impliquent massivement dans l'organisation du meeting, que les partis de l'opposition organisent à Matam, le dimanche 19 février 2006. Il les exhorte à tout mettre en œuvre pour le succès éclatant de cette manifestation qui participe de la résistance populaire contre les dérives néfastes des tenants du pouvoir.

Le Bureau politique de l'AFP s'est intéressé, également, à l'agression faite à l'Islam par certains journaux édités en Occident. A ce propos, le Bureau politique condamne fermement l'attitude odieuse de ces médiats qui heurte la conscience religieuse de milliards d'êtres humains. Le Bureau politique estime que la liberté de presse ne doit point autoriser des choix résolument blasphématoires.

 

Fait à Dakar, le jeudi 16 février 2006

Le Bureau politique de l' AFP