Communiqué du Bureau Politique de l'AFP

Jeudi, 15 juin 2006


Le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le jeudi 15 juin 2006, sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Secrétaire National chargé de la coordination des activités du parti, en l'absence de M. Moustapha Niasse, en mission à l'étranger, autour de l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale ;
2. Vie du Parti.

Le Bureau politique a examiné les conséquences des choix désastreux du Gouvernement de Me Wade sur le quotidien des Sénégalais, dont les difficultés s'accroissent au fil des mois, avec la cascade de hausses intempestives des prix des denrées de première nécessité. Ces hausses intolérables interviennent dans un contexte où la pauvreté et le manque d'emploi frappent de larges couches de la population, particulièrement chez les femmes, les personnes du 3ème âge et les jeunes.

Ce manque de perspectives lourd de menaces n'inquiète guère les tenants du pouvoir, qui continuent leur fuite en avant, ponctuée, chaque semaine, par des scandales à répétition, avec la malgouvernance et le pillage inqualifiable des deniers publics, sans que les coupables soient punis.

La route Kabrousse-Ziguinchor-Mpak est, en matière de construction d'infrastructures, une manifestation du caractère informel de la gestion gouvernementale. Le financement a été assuré par l'Union Européenne, toutes les étapes de la procédure ont été franchies, l'entreprise a été désignée et avait même implanté son chantier, en positionnant son matériel et ses engins. Le projet devait être réalisé en bicouche, conformément aux études, et le coût avait été estimé à 3 milliards cfa. Mais, au retour d'une visite d'une délégation présidentielle à Malabo, il a été décidé de passer à l'option " enrobé dense ", ce qui induit un surcoût de 120 %. Le Sénégal n'ayant pas couvert ce budget, les travaux ont été bloqués, au grand dam des bailleurs complètement déboussolés par cette démarche fantaisiste.

Cependant, en ce qui concerne la Corniche ouest, il s'agit d'accusations graves que la justice doit élucider, pour préserver la crédibilité de notre pays et assurer l'exécution correcte du projet. Toute autre élucubration tendant à incriminer l'opposition par un tour de prestidigitation, participe de la basse culture de l'intrigue, caractéristique des laudateurs zélés et intéressés. N'est ce pas l'Inspection Générale d'Etat, par la voix d'un de ses éminents membres, qui a affirmé, urbi et orbi, que des sommes colossales soutirées du Trésor Public ont été déposées dans des comptes à l'étranger ?

C'est cette même nébuleuse permanente qui entoure le processus électoral, devenu un fardeau pour les tenants du pouvoir gêné par les impératifs inaliénables du calendrier républicain, dans une démocratie digne de ce nom et dans un pays réputé stable. Au fil des semaines, la panoplie des bizarreries et autres incongruités relatives aux inscriptions sur les listes électorales, se déploie. A Ranérou par exemple, il a été signalé l'inscription de garçons de quelque treize ans, qui se sont présentés avec des extraits de naissance délivrés frauduleusement. Tout près de Dakar, à Bargny, les données collectées n'ont pas été envoyées, depuis décembre 2005, à la Direction de l'Automatisation du Ficher (DAF).

C'est la raison pour laquelle tout porte à croire que les tenants du pouvoir caressent de nouveau l'idée de reporter les élections générales. Pourtant, la loi n° 2004 - 32 du 25 août 2004, portant refonte totale du fichier, prévoit bien, en son article 7, le recours au dernier fichier, en cas de force majeure. Par ailleurs, le Président de la République, Maître Abdoulaye Wade, a lui-même, signé, à Dakar, le 21 décembre 2001, avec ses pairs de la CEDEAO, le Protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance, additionnel à celui relatif au mécanisme de prévention, de gestion, de règlement des conflits, de maintien de la paix et de la sécurité. Dans la section II dudit protocole relative aux élections, il est clairement stipulé :

1. Aucune réforme substantielle de la loi électorale ne doit intervenir dans les six mois précédant les élections, sans le consentement d'une large majorité des acteurs politiques ;

2. les élections à tous les niveaux doivent avoir lieu aux dates ou périodes fixées par la Constitution ou les lois électorales.

Le Bureau politique de l'AFP réitère, solennellement, son opposition au tripatouillage de notre Charte fondamentale, encore moins quand il s'agit de préserver des intérêts privés, qui ne sauraient se situer au dessus de la souveraineté inaliénable du peuple.

A cet égard, le Bureau politique a tenu à exprimer sa solidarité sans équivoque et à rendre un hommage vibrant au Secrétaire Général de l'AFP, M. Moustapha Niasse, qui a décidé, en toute responsabilité et en toute conscience, de rendre, au 1er juillet 2006, conformément à l'article 60 de la Constitution, le mandat de Député que lui avait confié, pour cinq ans, le peuple souverain.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique a adressé ses vives félicitations aux camarades et responsables de la région de Ziguinchor qui, à l'occasion de la triple Assemblée Générale concernant respectivement les instances mixtes, jeunes et femmes, ont réservé un accueil populaire à la délégation du parti dirigée par le Secrétaire Général, M. Moustapha Niasse, les 10 et 11 juin 2006. Le Bureau politique salue et encourage la remobilisation du parti dans la région sud du pays.

Le Bureau politique a adressé également ses vives félicitations aux camarades de la région de Dakar, qui ont tenu une assemblée générale à Rufisque, le 10 juin 2006. Le Bureau politique encourage la décentralisation des activités du parti, qui favorise l'animation à la base.

C'est dans cet que le Bureau politique a salué la tenue, le 10 juin 2006, au cœur du monde rural, à Ronkh, de la réunion de la Délégation départementale de Dagana, qui a connu un éclatant succès.


 

Fait à Dakar, le jeudi 15 juin 2006

Le Bureau politique de l' AFP