DECLARATION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 15 janvier 2008

 

Le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le mardi 15 janvier 2008, sous la présidence de M. Cheikh Hamidou Kane, Secrétaire National chargé des Infrastructures et des Transports, en l'absence de M. Moustapha Niasse Secrétaire Général, en mission à l'étranger, autour de l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale ;
2. Vie du Parti.

Le Bureau politique a tenu, tout d'abord, à adresser ses vives félicitations au Secrétaire Général de l'AFP, M. Moustapha Niasse, qui, lors du 1er Forum international de l'Alliance des Civilisations, qui se tient, les 15 et 16 janvier 2008, à Madrid, vient d'être reconduit dans ses fonctions ainsi que les 17 autres Membres du Groupe de Haut Niveau de l'Organisation des Nations-Unies, avec, en plus, le titre d'Ambassadeurs de l'Alliance des Civilisations.

Cette décision confirme la stature internationale de l'homme d'Etat Moustapha Niasse, tout en mettant en relief l'homme de culture qui, au-delà des missions de paix classiques, œuvre pour le dialogue des civilisations.

C'est la raison pour laquelle le Bureau politique, examinant la situation nationale, a déploré le choix contreproductif du gouvernement de Me Abdoulaye Wade qui, dans le pays de Léopold Sédar Senghor, traite la culture en parent pauvre, et ce en porte-à-faux avec le discours officiel. Non seulement les grands rendez-vous nationaux sont placés sous le signe de l'amateurisme, mais le même manque de rigueur préside à la mise en œuvre du Festival Mondial des Arts Nègres (FESMAN). Le doute qui habite les responsables de l'organisation ne saurait être dissipé après la grand messe présidée par Me Abdoulaye Wade lui-même, qui a entretenu l'instabilité institutionnelle au ministère de la Culture, depuis l'An 2000.

Au cœur de la crise profonde qui n'épargne aucun secteur de la vie nationale, dans le contexte d'une spirale inflationniste inédite, se trouve l'ébullition permanente du front social, notamment à cause de promesses de la part des tenants du pouvoir, promesses toujours renouvelées et rarement tenues. C'est ce qui aggrave la fragilité de notre système éducatif qui est secoué alternativement par les revendications légitimes des enseignants, des élèves et des étudiants asphyxiés par les effectifs pléthoriques, dans des espaces inadaptés, mal équipés et souvent insalubres.

Les travailleurs de la santé sont aussi des acteurs quasi permanents de l'ébullition du front social car, là également, la ruse et d'autres artifices constituent les outils que le pouvoir utilise régulièrement, pour tenter de se soustraire à ses obligations. En ce qui concerne les infrastructures, les hôpitaux de Fatick et de Kolda ne sont toujours pas ouverts, alors que le régime de Me Abdoulaye Wade connaît parfaitement l'origine et la nature des obstacles qui empêchent les malades de ces localités de bénéficier de ces infrastructures. Par ailleurs, en ce qui concerne l'Hôpital Aristide Le Dantec, il est manifeste que le régime en place a opté insidieusement pour une mort programmée, en fermant tour à tour la Maternité et le bâtiment d'Urologie et ce depuis plusieurs années. Encore une fois, le Bureau politique de l'AFP estime que la construction d'un autre hôpital ne saurait, en aucune manière, justifier la fermeture de l'Hôpital Le Dantec, sous des prétextes fallacieux en porte-à-faux avec l'intérêt général. Quand la mal gouvernance touche aussi grossièrement la santé publique, nous ne sommes pas loin de la tragédie, car de nombreux nécessiteux meurent, faute de soins adéquats et en temps utile.

Ces manquements dans le secteur sensible de la santé sont d'autant plus inadmissibles que l'argent public continue d'être gaspillé, comme lors du folklore opportuniste et peu glorieux organisé par le pouvoir, à Bruxelles, pour prétendument lutter contre les APE.

Le désenclavement de la Casamance est un autre dossier parasité par la mal gouvernance ambiante. Après la tragédie du Joola, n'importe quel gouvernement responsable aurait d'abord mis l'accent sur la sécurité, sans oublier de tenir compte des populations démunies pour qui la déserte maritime Dakar-Ziguinchor est une occasion de valoriser les produits du terroir.

En ce qui concerne le processus électoral, sa gestion est en parfaite harmonie avec la régression démocratique en cours qui accentue les perversions d'un système d'abord conçu pour empêcher l'expression de la souveraineté populaire. En tout état de cause, les louvoiements et les décisions quasi clandestines du ministère de l'Intérieur, ajoutés à la passivité d'une CENA domestiquée, confortent l'option de l'AFP pour une CENI, seule structure à même de mettre un terme à la mascarade électorale et à la culture de fraude dont sont profondément imprégnés les tenants du pouvoir. Le Bureau politique de l'AFP invite les responsables et les militants du parti à mettre en œuvre scrupuleusement les dispositions de la Circulaire n° 23 relative aux prochaines élections locales, pour lutter contre les fraudeurs zélés.

A quoi sert un Ministre de l'Intérieur incapable d'organiser des élections régulières, encore moins d'assurer la sécurité des biens et des personnes ? Aujourd'hui, l'insécurité gagne dangereusement notre capitale, les villes de l'intérieur, la Casamance et toutes les autres régions périphériques, sans que le gouvernement prenne les dispositions nécessaires pour améliorer la situation.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique a salué la pertinence et l'opportunité des Journées d'Analyse et de Prospective sur le Sénégal que l'Alliance Nationale des Cadres pour le Progrès (ANCP) organise à Dakar, les 19 et 20 janvier 2008, sur le thème : " Quel service public pour le Sénégal à l'horizon 2015 ? " Ces Journées d'Etudes seront présidées par le Secrétaire Général de l'AFP, Monsieur Moustapha Niasse et seront également animées par des Experts de haut niveau provenant d'horizons divers. Le Bureau politique adresse ses encouragements à l'ANCP pour cette heureuse initiative en lui souhaitant plein succès.


Fait à Dakar, le 15 janvier 2008 

Le Bureau politique de l'AFP