COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 14 décembre 2010

Le Bureau politique de l’AFP s’est réuni le mardi 14 décembre 2010, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, autour de l’ordre du jour suivant :

A – situation nationale ;
B – vie du Parti.


Le Bureau politique de l’AFP a examiné en profondeur la situation nationale dans un contexte de flambée des prix sans précédent qui accélère la paupérisation des Sénégalais déjà à bout de souffle. Ce quotidien douloureux met à nu l’impertinence du 3è Festival Mondial des Arts Nègres et renvoie à la souffrance de plusieurs segments de la population, particulièrement celle des paysans qui constitue la majorité des Sénégalais en activité. Naturellement, cet échec multiforme et multisectoriel a provoqué un mécontentement quasi général dans le pays, mécontentement qui pose avec acuité le problème de la transparence et de la sincérité des élections.

En ce qui concerne le Festival Mondial des Arts Nègres, le montant scandaleux du budget de 35 milliards ne peut être perçu dans l’absolu, indépendamment des urgences en souffrance dans des secteurs clés de l’économie nationale comme l’énergie et de l’organisation médiocre des manifestations, due essentiellement aux motivations des pouvoirs publics et à l’incompétence des responsables. Si Léopold Sédar Senghor avait saisi l’occasion que lui offrait les leviers politiques pour prolonger le combat de l’affirmation de l’identité nègre au rendez-vous du donner et du recevoir, Abdoulaye Wade, quant à lui, s’est emparé de ce discours à des fins politiciennes, au service de sa propre gloire et de son sinistre dessein monarchique. C’est précisément cette préoccupation qui explique l’ostracisme dont font l’objet beaucoup d’acteurs culturels de premier plan et la place de choix réservée à des intellectuels laudateurs impénitents qui ont vendu depuis longtemps leur âme au diable. Et la différence de style transparait dans les deux allocutions d’ouverture qui reflètent objectivement des dimensions bien stratifiées n’évoluant guère dans les mêmes espaces. 1966 et 2010 : deux repères distants et distincts. Il ne saurait en être autrement, car le fossé est grand entre le poète qui revendiquait l’héritage des producteurs de civilisations et celui qui est hanté par des desseins prosaïques ayant coûté au contribuable l’équivalent du cinquième du budget du Festival.

En tout état de cause, il serait décent, pour une fois, qu’un audit indépendant soit mené sur l’exécution du budget et les résultats engrangés.

Le monde rural, c’est-à-dire, les terroirs qui devraient être au cœur de cet événement, le vivent dans l’indifférence ou dans une incompréhension teintée de frustrations, comme un écho aux manquements réédités de la campagne de commercialisation agricole. Cette année, comme les précédentes, il y a eu non seulement un démarrage virtuel de la campagne, mais le manque de financements est plus que jamais criard. Cependant, au-delà de ce pilotage à vue qui gêne le monde rural dans ses activités, il y a beaucoup plus inquiétant, à savoir cet accaparement silencieux du principal outil de travail du paysan, la terre, au bénéfice d’un clan et d’intérêts privés. Or, l’histoire enseigne que des paysans spoliés de leurs terres au profit de tiers n’acceptent jamais ce sort qui leur est imposé et finissent toujours par se soulever contre une telle injustice. Le Bureau politique de l’AFP engage le régime de Me Wade à limiter les dégâts, en mettant fin à sa boulimie foncière, ne serait-ce que pour sauvegarder la paix civile et la stabilité de notre pays.

L’ampleur et la profondeur du mécontentement populaire amènent les acteurs de la scène politique nationale et les observateurs à s’inquiéter légitimement à propos de la volonté des tenants du pouvoir d’organiser des élections transparentes et sincères. Déjà la fraude rampante relative à la recevabilité de la candidature de Me Wade est prolongée par une autre, pernicieuse, qu’est la confiscation de la radio télévision nationale au service du parti-Etat et de ses affidés. Cette cohorte de ralliés indignes qui projettent un discours alimentaire manipulé, n’est en fait que l’esquisse d’un alibi pour commettre le crime suprême, la confiscation de la souveraineté populaire, en faveur du projet de dévolution monarchique. Le Bureau politique de l’AFP encourage les partenaires au développement à continuer de surveiller la matière électorale comme du lait sur le feu, jusqu’au terme du processus, avec la proclamation définitive des résultats. C’est le lieu de saluer la création du Comité de Veille, qui doit se donner les moyens d’accomplir sa mission jusqu’au bout, mission qui complète celle de Clarté dey Leer.

Abordant le dernier point de l’ordre du jour, le Bureau politique de l’AFP a engagé les responsables et les militants à la base à contribuer au succès de la Caravane que Bennoo Siggil Senegaal organise le samedi 18 décembre 2010, solidairement avec la Diaspora sénégalaise et de la Marche nationale du 29 décembre contre les dérives du Fesman, dans un contexte de crise multiforme qui impose d’autres priorités liées à la demande sociale.

Par ailleurs, le Bureau politique a félicité Madame Elène Tine et les camarades de Thiès qui, dans le cadre de Bennoo et en relation avec les Organisations et les personnalités de la Société Civile, ont participé courageusement à la marche contre les délestages et la vie chère à Thiès, le vendredi 10 décembre 2010.


Fait à Dakar, le 14 décembre 2010 

Le Bureau politique de l'AFP