Communiqué de la réunion du Bureau Politique de l'AFP

Jeudi 14 décembre 2006

 

Le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le jeudi 14 décembre 2006, sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Secrétaire national chargé de la Coordination des Activités du Parti, en l'absence de M. Moustapha Niasse Secrétaire Général, en mission, autour de l'ordre du jour suivant :

1 Situation nationale ;
2. Vie du Parti.

Le Bureau politique de l'AFP s'est d'abord penché sur la crise des valeurs qui prend de plus en plus une ampleur insoupçonnée. Après un gouvernement de scandale, les Sénégalais ont connu un gouvernement de chantage et, aujourd'hui, une autre phobie gagne certains de nos gouvernants : la mythomanie. Faute de pouvoir entraîner l'AFP dans le naufrage inévitable d'un régime, certains paltoquets optent pour un mensonge éhonté.

Evidemment, le bureau politique de l'AFP note que le procédé existe depuis fort longtemps : l'on veut tout le bonheur et, si cela ne se peut, tout le malheur de celui que l'on semblait adorer. Manifestement, toute cette cabale montée contre l'AFP n'a qu'une cause : le refus courtois, mais ferme, de l'AFP de ne point se compromettre avec un régime infecté presque jusqu'à la gangrène.

De toute façon, le Bureau politique de l'AFP estime que les opportunistes de toutes les opportunités doivent se le tenir pour dit : l'AFP entend, vaille que vaille, rester fidèle à ces nobles idéaux qui ont été à la base de sa création et qui font que, malgré les tirs de barrage de toute sorte, les insinuations blessantes et les médisances, les Sénégalais continuent d'en faire l'un des rares partis à rester, encore, accrocher à des valeurs.

En ce qui concerne le front social, le Bureau politique déplore l'attitude du gouvernement face aux revendications fort légitimes du C .U.S.E.M.S. qui, depuis bientôt un an, ne demande qu'à être rétabli dans son bon droit. Le Bureau politique de l'AFP estime que, s'il est vrai que la société doit accepter des efforts de redistribution importants, cela doit se faire sur la base d'une justice distributive, qui repose sur une conception juridique du service public qui fait de l'Etat un acteur neutre. A coup sûr, l'alternance n'aura apporté aucune rupture : le mérite est aujourd'hui nié et toute concurrence des ambitions en vertu du principe d'égalité neutralisée. Autrement, comment un gouvernement, conscient qu'une éducation et une formation de bonne qualité sont des atouts essentiels pour une économie moderne et technologiquement avancée, peut- il rester sourd comme un pot, face à des revendications d'enseignements dévoués à la tâche ?

Le Bureau politique de l'AFP note que la même indifférence coupable est perceptible dans la manière dont la prochaine campagne de commercialisation sera menée. Malgré les déclarations généreuses mais trompeuses, le monde rural subit son calvaire de toujours : l'arachide est bradée et les cotonculteurs ruminent leur colère noire. Les mêmes difficultés sont vécues par les ménages qui, en plus de la cherté de la vie, sont confrontés à la rareté du gaz et du charbon de bois. L'alerte sonnée par le patronat sur une baisse de deux points sur la croissance ne semble point émouvoir les tenants du pouvoir dont les pas de danse se font sur un volcan.

Le Bureau politique de l'AFP fait observer au Secrétaire général du PDS, Maître Wade, qu'allumer les cierges n'est pas lire la messe et qu'il est libre d'avoir ses phobies secrètes, ses petites difformités psychiques, tant que cela n'a pas de conséquences dans la façon dont il s'acquitte des responsabilités que la République lui confie. Le Bureau politique de l'AFP souligne que la fanfaronnade d'un candidat dont le parti est traversé par des récriminations et des contestations multiformes, d'un Président dont le régime a installé les Sénégalais dans une misère sans poésie et un fatalisme sans perspective, n'est qu'une simple stimulation intellectuelle. Il ne fait aucun doute que le rêve de Maître Wade est de ne jamais rencontrer sur son chemin, au cours d'une confrontation électorale crédible, le Secrétaire général de l'AFP, Monsieur Moustapha Niasse. C'est tout le sens que le Bureau politique de l'AFP donne à la déclaration de Maître Wade faite à Grenoble. Le Bureau politique de l'AFP pense que Me Wade doit savoir que son obsession monomaniaque de voir la CPA se désunir fera long feu. Le Bureau politique réaffirme son ancrage à la CPA et la détermination de l'AFP à œuvrer pour une candidature unique à la présidentielle, seul gage de succès éclatant, à ses yeux.

Par ailleurs, le Bureau politique de l'AFP trouve qu'il est malsain d'exploiter le rêve, d'avancer des idées sans responsabilité d'application. Une semaine après avoir procédé à un remaniement qui a vu la sortie de ministres femmes, le Président de la République, par populisme et pure démagogie, a envoyé son Premier ministre à l'Assemblée nationale théoriser la parité. Le Bureau politique de l'AFP estime que la gestion d'un Etat est trop sérieuse pour que l'on songe à se livrer à des simplifications abusives, à bluffer à l'aide de phrases poudre-aux-yeux.

Abordant de son deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP félicite les membres de l'Alliance Nationale des Cadres pour le Progrès qui, le dimanche 10 décembre 2006, ont tenu leur assemblée générale de restructuration, dans un esprit de confiance renouvelée à l'AFP, de solidarité et de remobilisation et au terme de laquelle une nouvelle équipe, coordonnée par Alioune Sarr, a été installée. Le Bureau politique de l'AFP loue cette mobilisation qui devra permettre, sans aucun doute, un militantisme réfléchi qui, d'un côté échappera à l'improvisation déstabilisatrice, et, de l'autre, évitera l'enfermement conservateur.


Fait à Dakar, le 14 décembre 2006 

Le Bureau politique de l'AFP