Communiqué de la réunion du Bureau politique de L'AFP 

Jeudi 14 septembre 2006

 

Le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le jeudi 14 septembre 2006, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale ;
2. Vie du Parti.

Le Bureau politique de l'AFP a procédé à une analyse profonde de la situation de notre pays qui, tel un navire sans timonier, va à la dérive, au milieu des éléments. Le tableau apocalyptique perçu par les observateurs du monde entier, appelle des mesures vigoureuses et pertinentes, dont l'urgence semble échapper, une fois de plus, à l'actuelle équipe dirigeante.

Quel que soit l'angle du point de vue, les mêmes signes inquiétants se manifestent sans équivoque : les problèmes liés à l'assainissement, à l'insalubrité et aux inondations, la grave crise énergétique, le développement exponentiel de l'émigration clandestine, l'anémie du système éducatif, la nébuleuse qui entoure le processus électoral, le dossier de la Casamance qui marque le pas, la malgouvernance. La Liste pourrait être allongée, car l'effondrement du secteur industriel, de la pêche, du tourisme et du monde rural, entraîne des conséquences innombrables qui frappent les populations toutes couches confondues et hypothèque sérieusement l'avenir de notre pays.

En ce qui concerne le dossier de l'énergie et des hydrocarbures, l'abondance du verbe, accompagnée de multiples décisions maladroites, cache mal l'incompétence et l'incurie du gouvernement de Me Wade qui, près de sept ans après le 19 mars 2000, poursuit son errance tragique dans les espaces d'un pouvoir visiblement trop grand pour lui. L'amateurisme a non seulement, conduit à des coupures intempestives d'électricité, à la pénurie de carburant et de gaz butane, mais a pénalisé nombre de secteurs de notre économie, sans épargner les P.M.E., les artisans et les ménages. La psychose est d'autant plus grande qu'après la hausse drastique du prix du carburant, du gaz et des transports, on annonce subrepticement la hausse prochaine du prix du pain.

Cet environnement peu propice à l'investissement et à la création d'emplois a plongé les Sénégalais, tout particulièrement les jeunes, dans un désespoir sans limite qui les pousse à braver la mer, dans des pirogues de fortune qui, hélas, se transforment souvent en ambulance internationale ou, plus tragiquement, en cercueil. Le caractère massif de ce phénomène inédit devrait amener le pouvoir actuel à se départir de la désinvolture avec laquelle ce dossier est traité, dans ses aspects nationaux comme internationaux. En tout état de cause, le Bureau politique condamne toute velléité d'exploitation de cette tragédie à des fins indécentes et inavouables.

La question des migrations est un phénomène des temps modernes, lié à la double réalité des écarts qui marquent les niveaux de développement des pays du Sud et ceux des pays industrialisés, d'une part, et de l'échec des politiques de redressement économique, toujours annoncées avec emphase mais jamais exécutées, dans certains pays d'Afrique et, en particulier, au Sénégal, par le gouvernement dit de l'alternance.

Pour l'AFP, cette question a des solutions. Elles résident dans une prise en charge sérieuse et responsable de ce dossier, mettant face à leurs responsabilités les pays de l'Union Européenne et ceux de l'Afrique au Sud su Sahara.

A cet égard, et en tout état de cause, le fait de rapatrier de jeunes Sénégalais, dans des conditions de violences physiques et psychologiques avérées , ne constitue pas une solution encore moins de les traduire devant des tribunaux, au moment où, chaque semaine, des centaines d'autres jeunes Sénégalais attendent la première occasion pour prendre ou reprendre la mer vers l'Europe.

A la lumière de ces considérations, il est juste de penser que ceux qui, naguère, promettaient la lune à notre jeunesse, ont l'obligation de rendre compte au peuple souverain, au terme du mandat qui leur a été confié, dans le cadre de la République régie par ses lois, ses règles et ses rites, qui ne sauraient dépendre des états d'âme d'un groupe privé.

C'est la raison pour laquelle, le Bureau politique de l'Afp tient à réaffirmer son attachement au respect du calendrier républicain, qui a déjà fait l'objet de manipulations inacceptables pour préserver les intérêts de Me Abdoulaye Wade, Secrétaire national du Pds, et de son camp. En plus, à la veille de la clôture des inscriptions sur les listes électorales, le Bureau politique de l'Afp déclare, solennellement, que les innombrables manquements qui ont émaillé les opérations, depuis le 6 septembre 2005, ne garantissent guère la fiabilité du fichier, condition sans laquelle les élections ne seront ni sincères ni transparentes.

Au demeurant, les incidents du Cices, qui ont mis à nu l'inscription massive d'étrangers sur les listes électorales, avec la complicité active d'agents de l'Etat assermentés, ne sont que la conséquence d'une vaste entreprise de fraude qui était lisible dans la circulaire du Ministre de la Justice relative à la déclaration tardive des naissances. Par ailleurs, le désordre programmé qui entoure la distribution des cartes d'électeurs et les rejets sélectifs ajoutent à la suspicion. Le Bureau politique de l'Afp estime que la souveraineté du peuple n'est pas négociable et qu'il appartient aux citoyens, face à l'absence de transparence et de volonté sincère de dialogue républicain de la part du pouvoir, de protéger leurs choix avec détermination.

Encore une fois, malgré ces blocages de toutes sortes, l'AFP considère que les élections doivent avoir lieu, le 25 février 2007, pour les législatives, comme pour la présidentielle, sans aucune possibilité de report pour des prétextes fallacieux.

 


Fait à Dakar, le 14 septembre 2006 

Le Bureau politique de l'AFP