COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Lundi 14 juin 2010

 

   Le Bureau politique de l’AFP s’est réuni le lundi 14 juin 2010, sous la présidence de  M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général,  autour de l’ordre du jour suivant :

      1. situation nationale ;
      2. vie du Parti.

     Le Bureau politique de l’AFP a examiné la situation nationale sous l’éclairage des deux mouvements antagoniques qui se font face. D’une part, l’écrasante majorité des populations se débat dans d’innombrables difficultés de tous ordres et d’autre part, le clan des Wade qui poursuit le gaspillage des ressources nationales dans l’arrogance, avec pour toile de fond un projet monarchique suicidaire.  

     L’ébullition spectaculaire du front social, lisible à travers les grèves des travailleurs de Dakar Dem Dikk, les enseignants du CUSEMS, du SAES et du Collectif des Vacataires, ne sont en fait que l’expression exacerbée du ras le bol d’un peuple qui en a assez de subir les conséquences de l’incompétence, de la mal gouvernance et de la corruption orchestrée depuis le sommet de l’Etat, avec ses conséquences destructurantes, dans tous les secteurs d’activités du pays. 

     Mais, totalement étrangers aux préoccupations des Sénégalais, les tenants du pouvoir continuent de penser qu’ils peuvent arriver à leur fins par la ruse, l’achat des consciences et la violence sous toutes ses formes. Par exemple, au lieu de traiter avec hauteur et esprit de responsabilité le dossier douloureux des inondations, des affidés des Wade, et pas des moindres, tentent, désespérément de saisir cette occasion pour étaler au grand jour leurs soucis revanchards, et mettre en mal les maires de l’opposition qui sont à la tête de collectivités locales concernées par ce fléau. Les Sénégalais qui ne sont pas dupes, se sont clairement exprimés à ce sujet, depuis le 22 mars 2009.  

     Le véritable problème qui se pose, en l’occurrence, c’est l’incapacité du régime en place à comprendre qu’aucune force organisée, même réfugiée sous le parapluie de l’Etat, n’est capable de prendre le dessus sur des mouvements sociaux mus par des composantes conjuguées d’un développement historique inéluctable. Les Wade et leurs complices ne réussiront jamais à arrêter la mer avec leurs bras. Comme hier les Mobutu, les Duvalier, les Bokassa, les Marcos, ils seront balayés par le mouvement historique en cours, s’ils persistent dans leur aveuglement. 

     Le Bureau politique de l’AFP les engage fermement à s’occuper des urgences du moment, notamment des problèmes qui submergent le monde rural, au seuil de cet hivernage. Il déplore la mise en place tardive et clientéliste des intrants et du matériel agricoles. Non seulement les semences sont insatisfaisantes tant du point du vue qualité que du point de vue du volume, mais ces manquements engendreront fatalement des perturbations, car il est impératif de trier le tout-venant. Ce tableau déjà sombre est noirci par les nombreux bons impayés qui ont privé les paysans de ressources financières importantes. C’est le lieu d’exiger la distribution non partisane de vivres de soudure pour soutenir les paysans, ces compatriotes déjà éprouvés par les conséquences de dix ans de tâtonnements et d’impéritie. 

     Hélas, les récents faits de corruption et la réaction consécutive des tenants du pouvoir n’incitent guère à l’optimisme. Qu’il s’agisse des 20 milliards sordides de SUDATEL ou du FESMAN, le clan fait bloc et pour ceux qui doutaient encore de sa volonté de poursuivre sa fuite en avant dans l’encouragement de l’impunité, le dernier réaménagement ministériel confirme une volonté sans équivoque de mettre une chape de plomb sur un espace de service public aussi sensible que la justice, qui est censée être rendue au nom du peuple sénégalais.  

     Dans le même ordre d’idées, le processus électoral doit être surveillé comme du lait sur le feu pour que la transparence et la contrôlabilité de toutes les phases soient effectives. Les blocages, la manipulation et la désinformation du clan des Wade se poursuivent mais, en aucune manière, il ne saurait être question d’empêcher les experts indépendants de l’UE et de l’USAID de mener leurs missions jusqu’à leurs termes. Le Bureau politique de l’AFP renouvelle son soutien à ces experts et à ceux de Bennoo Siggil Senegaal dont l’objectif, sans équivoque, est de procéder à l’audit, au contrôle de tout le processus électoral, et des Institutions et Structures en charge d’organiser et de superviser les élections au Sénégal. En effet, notre pays mérite, pour une fois sous l’ère des Wade, que la matière électorale, c’est-à-dire le système comme le processus, soit entourée d’une transparence et d’une fiabilité incontestables.  

     Abordant la situation internationale, le Bureau politique de l’AFP a condamné avec la dernière énergie l’attaque criminelle d’Israël contre une flottille à caractère humanitaire en faveur des populations meurtries de Gaza. 

     Le Bureau politique a enfin réaffirmé la volonté de l’AFP d’œuvrer à la synergie de toutes les forces vives de la Nation pour faire pièce au projet liberticide des Wade dont les soucis se résument aujourd’hui à la conservation du pouvoir, quel qu’en soit le prix. Le peuple debout, vaincra ! 



Fait à Dakar, le 14 juin 2010 

Le Bureau politique de l'AFP