Communiqué du Bureau politique de l'AFP
Jeudi 13 janvier 2005

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le jeudi 13 janvier 2005, sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Secrétaire National chargé de la Coordination des Activités du Parti, en l'absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général, en mission, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale
2. vie du parti

Le Bureau politique de l'AFP a examiné la situation nationale caractérisée par le trop plein d'errements et de dérives continus qui suscitent des interrogations graves de la part des Sénégalais toutes couches confondues. L'opinion nationale et la communauté internationale médusées constatent comment le gouvernement de Me Wade, lesté par son manque de vision et son incompétence, se réfugie dans la diversion et la manipulation permanentes.

C'est dans ce contexte qu'il faut appréhender l'inqualifiable loi EZZAN, dont l'exposé des motifs boiteux n'a convaincu personne, pas même ses inspirateurs. Cette initiative du régime de Me Wade tente d'empêcher l'éclatement de la vérité et protège des criminels condamnés par la justice. Le Bureau politique de l'AFP tient à saluer tous les démocrates et patriotes, qui se sont dressés contre cette manœuvre grossière, qui met gravement en danger la cohésion nationale et sape les soubassements de notre démocratie. Le Bureau politique félicite tout particulièrement le groupe de l'Espoir, pour le travail accompli à l'Assemblée nationale avec les partis alliés, pour marquer leur opposition à la " proposition " de loi EZZAN. Le BP engage le parti à poursuivre ce combat légitime contre l 'oubli et l'impunité, au nom de la démocratie, de la défense et du respect scrupuleux de la Constitution.

Cette dérive de plus n'arrive pas à masquer l'échec multiforme du gouvernement de Me Wade. Aucun secteur ni aucun Sénégalais honnête ne sont épargnés.

L'échec de la présente campagne de commercialisation agricole est concomitant au regain de tension qui affecte le système éducatif et la santé. Que ce soit Kaffrine, Louga, Tambacounda, à Thiès ou à Dakar, partout les élèves, et les étudiants expriment le malaise profond, provoqué par le manque d'infrastructures, le ratio inadéquat enseignants- enseignés et les nombreuses promesses non tenues. Le SUTSAS n'est pas épargné par le dilatoire du gouvernement, qui traîne les pieds pour appliquer un protocole d'accord dûment signé.

Au lieu de s'employer à traiter avec rigueur les problèmes de développement économique et social de notre pays, le gouvernement de Me Wade, à l'occasion de la rentrée des Cours et Tribunaux, sort de sa manche la question foncière, en passant à côté du vrai diagnostic. Depuis l'alternance, de hauts responsables de l'Etat et de nombreux élus du PDS sont cités dans des initiatives nébuleuses et des irrégularités caractérisées. On se souvient de la tentative saugrenue de délocalisation du Lycée Lamine Guèye récemment relayée par la cession du Stade Assane Diouf au détriment des populations. On se souvient également de la tentative avortée de création de l'Agence de l'Espace Rural qui devait se spécialiser dans la spéculation foncière. Le Bureau politique met en garde le gouvernement de Me Wade contre toute velléité de réforme qui spolierait les populations, les paysans notamment, au nom d'intérêts inavouables. Les conséquences d'un tel choix sont d'autant plus désastreuses que la terre, au delà des enjeux économiques et sociaux, charrient des éléments qui relèvent de la culture et de l'identité.

Ces aspects sont partie intégrante du dossier complexe de la Casamance. C'est la raison pour laquelle le Bureau politique de l'AFP regrette les déclarations enfantines, irresponsables et tout en muscles du Ministre de l'Information, qui est incapable d'assimiler la pédagogie limpide, en la matière, de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général de l'AFP.

S'agissant du processus électoral, le Bureau politique de l'AFP tient, une fois de plus, à stigmatiser les décisions unilatérales du pouvoir qui est en train de manipuler la carte électorale. Ce qui, hier, était présenté comme des propositions, glisse vers une prétendue " mise à jour ". le Bureau politique de l'AFP recommande la plus grande vigilance, pour organiser la résistance, face aux innombrables louvoiements du pouvoir en place, effrayé par la perspective d'élections libres, transparentes et sincères.

Abordant le deuxième point de son ordre du jour, le Bureau politique a condamné avec vigueur les méthodes aux antipodes de l'éthique, des tenants du pouvoir qu'inquiètent la ligne cohérente et la massification de l'AFP. Le Bureau politique salue les nombreuses adhésions du 9 janvier 2005, date à laquelle le Secrétaire Général, à la tête d'une délégation du Bureau politique, a reçu de nombreux démissionnaires du PDS, en provenance de Yeumbeul, Pikine, Guédiawaye et Dagana.

Le Bureau politique de l'AFP engage les responsables et camarades des instances concernées à réserver le meilleur accueil à ces concitoyens qui ont décidé, librement, de venir partager, avec nous, les idéaux de l'Appel du 16 juin 1999.

Par ailleurs, le Bureau politique de l'AFP s'est penché sur le programme d'activités du parti à la base et sur les rencontres programmées, à Dakar, puis sur le terrain, avec les responsables des 34 départements et des 320 communautés rurales. Dans cet ordre d'idées, le Bureau politique félicite les responsables et les militants de la délégation départementale de Mbour qui, en accord avec l'Ecole du parti, ont commencé à exécuter leur programme d'action. Les mêmes félicitations sont adressées à l'Ecole du Parti, qu'il engage à poursuivre son déploiement, pour assurer la formation des militants, notamment dans le domaine du processus électoral.

Enfin, le Bureau politique de l'AFP a encouragé le Comité de coordination qui s'emploie à la préparation de la Convention nationale du parti, qui se tiendra en mars 2005, pour poursuivre la mise en œuvre des décisions du Comité directeur du 7 décembre 2003.

 

Fait à Dakar, le 13 janvier 2005

Le Bureau politique de l'AFP