COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Jeudi 13 novembre 2008

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le jeudi 13 novembre 2008, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale ;
2. vie du Parti.

Le Bureau politique de l'AFP a tenu tout d'abord à s'incliner devant la mémoire de Feu Madia Diop, syndicaliste de premier plan, qui a marqué de son empreinte l'histoire du monde du travail. Homme de principe, porteur des valeurs qui ont assis les fondements de notre société, Feu le Président Madia Diop était habité par un courage intrépide et une générosité profonde qui ont imprégné ses actes dans les circonstances exceptionnelles, où ses responsabilités l'ont amené à occuper le devant de la scène. Le Bureau politique de l'AFP présente ses condoléances attristées à la famille éplorée, au monde du travail et à ses camarades du Rassemblement pour le Socialisme et la Démocratie/Takku defaraat Senegaal (RSD/TDS).

Par ailleurs, le Bureau politique de l'AFP a adressé ses vives félicitations au Secrétaire général, M. Moustapha Niasse, pour sa brillante participation aux travaux de la Session annuelle de la Fondation Mondiale pour le Leadership, qui vient de se tenir à Niagara-on-the Lake au Canada. Les thèmes qui y ont été abordés sont d'autant plus opportuns qu'ils concernent les échanges commerciaux, les flux financiers internationaux et les rapports Nord-Sud.

Abordant la situation nationale, le Bureau politique a constaté l'élargissement du fossé qui sépare les tenants du pouvoir des grandes tendances qui se développent dans le monde, par rapport à la démocratie et au respect des Droits humains. Assurément, l'élection de M. Barack Obama à la tête de la première puissance du monde ne sonne pas seulement le glas des préjugés anachroniques et des discriminations de toutes sortes. Bien entendu, le Président élu des Etats-Unis d'Amérique a ses priorités qui sont propres à son pays, mais l'attente de ses électeurs est en conformité avec l'exigence de démocratie en Afrique et au Sénégal, en particulier. La lucidité élémentaire devrait persuader Maître Abdoulaye Wade qu'aujourd'hui le réflexe dictatorial ne peut prospérer au 21ème siècle, dans un contexte où les peuples asphyxiés par les difficultés économiques et sociales aspirent clairement à la liberté effective, à l'Etat de droit et au développement concerté, pour prendre résolument en main leur destin.

A cet égard, le spectacle honteux déroulé par les pseudos libéraux à l'Assemblée nationale, sous l'impulsion du Chef de l'Exécutif, renseigne sur l'état d'esprit de ceux qui nous gouvernent et leur déconnexion par rapport aux exigences minimales d'une démocratie moderne. Quant au style des protagonistes, il constitue un baromètre édifiant sur le culte des anti-valeurs auquel ils se livrent, pensant ainsi, à tort, favoriser la promotion de leur funeste projet monarchique. Le Bureau politique de l'AFP estime qu'à ce stade de l'histoire de notre pays, la tâche immédiate est de mettre fin à ces errements du régime de Maître Abdoulaye Wade, qui constituent un véritable danger pour le Sénégal et la sous région.

La gestion du processus électoral par les tenants du régime démontre à souhait qu'ils ont décidé de confisquer la volonté populaire, en faussant complètement le jeu de la dévolution du pouvoir. Le bilan de la révision des listes électorales confirme que leur objectif, pendant cette étape, n'était rien d'autre que la mise à jour de leur système de fraude diabolique. Comme naguère pour Malicounda les fraudeurs zélés, ont procédé à des transferts illégaux d'électeurs à Keur Madiabel et dans d'autres localités du Nioro, pour tenter de faire main basse sur des collectivités contrôlées par M. Moustapha Niasse, Secrétaire général de l'Alliance des Forces de Progrès, et son parti. Il est clair que les fraudeurs visent là un symbole qui constitue pour eux un obstacle gênant. C'est la raison pour laquelle, malgré la réaction diligente des représentants de l'AFP dans les commissions administratives concernées, ni les autorités de l'Administration territoriale, ni le représentant de la CENA qui est pourtant légalement outillé, n'ont daigné prendre les mesures correctives qui s'imposent.

Le Bureau politique de l'AFP engage les responsables et les militants à la base à s'opposer physiquement aux transferts illégaux d'électeurs, pour empêcher la violation de la Loi électorale.

Au moment où le pouvoir actuel est obnubilé par l'organisation de la régression intégrale de la démocratie, l'effondrement de notre économie devient de plus en plus évident, avec ses corollaires que sont l'anémie des finances publiques et les problèmes sociaux subséquents. Les Sénégalais continuent de subir les effets ravageurs de la mal gouvernance chronique. Le monde rural, qui constitue la majorité, poursuit son douloureux chemin de croix, après les fastes indécents de la fête d'une GOANA virtuelle, alors qu'il n'est pas encore édifié sur les prix rémunérateurs au producteur. Il est à se demander si le bradage des récoltes n'est pas souhaité par les pseudos libéraux, qui ont l'habitude de livrer les paysans aux spéculateurs véreux, dont le gros des troupes constitue leur clientèle.

Le Bureau politique de l'AFP dénonce vigoureusement ce manque de générosité, qui a également amené les tenants du pouvoir à décider de supprimer la subvention du gaz butane, sous des prétextes fallacieux, inacceptables pour un Etat organisé. Les populations qui étaient déjà exsangues continueront de traîner leur mal vivre, que la baisse de plus de 50% du prix du baril n'a guère atténué, car le régime de Maître Abdoulaye Wade n'entend pas réduire le train de vie de l'Etat et mettre fin aux gaspillages. A ce sujet, la lecture du projet de Loi de Finances 2009 confirme l'entêtement et l'arrogance du gouvernement de Maître Abdoulaye Wade.

La corruption est une autre gangrène dont les conséquences sont subies de plein fouet par les populations, notamment dans le domaine de la santé, où la spéculation foncière n'épargne pas une infrastructure comme l'hôpital Le Dantec. Dans le collimateur des spéculateurs depuis des années, cet hôpital est plus que jamais menacé, comme le laissent apparaître clairement les interventions en plénière de certains députés instrumentalisés, pour préparer l'opinion à accepter l'inacceptable. Le Bureau politique de l'AFP met en garde le régime de Maître Abdoulaye Wade contre la mise à mort de l'hôpital Le Dantec qui serait un crime, même maquillé, sous le vocable de délocalisation. Il en est de même du Lycée Lamine Gueye et du Patrimoine bâti de l'Etat. En effet, aucun peuple ne saurait tolérer durablement l'aliénation de son patrimoine, au profit d'intérêts obscurs qui n'épargnent ni les hôpitaux, ni les écoles, ni les infrastructures sportives, ni les terres des paysans, ni les parcs nationaux, ni les cimetières, ni le littoral.

C'est là, précisément, l'objectif primordial des Assises Nationales qui sont le cadre idéal pour permettre au peuple de dire son mal et son mot, balisant ainsi les chemins de sa libération, qui consacrera la fin du cauchemar.


Fait à Dakar, le 13 novembre 2008 

Le Bureau politique de l'AFP