Communiqué du Bureau Politique de l'AFP

Jeudi, 13 juillet 2006


Le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le jeudi 13 juillet 2006, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale ;
2. Vie du Parti.

Le Bureau politique de l'AFP a étudié, avec une grande attention, l'évolution du Sénégal, sous la pression des évènements qui se succèdent sur le terrain économique social et politique. Le débat qui s'est instauré dans ce cadre a porté sur l'avalanche de dérives et autres scandales récents, qui confirme l'installation de notre pays sous le régime de l'inattendu, au détriment de l'Etat de droit, de l'équité, de l'éthique et du bien-être des populations.

En effet, la régression démocratique continue d'occuper nombre d'espaces de libertés consacrés par notre loi fondamentale. C'est ainsi que la gestion du processus électoral, notamment le volet du calendrier, obéit toujours aux objectifs politiciens du pouvoir en place, face à la détermination des Sénégalais d'en finir avec ce pouvoir incompétent, et qui a toujours le verbe haut. Après avoir envisagé un nouveau report des élections générales, le gouvernement de Me Wade a fini par annoncer qu'il les organisera le 25 février 2007, face à l'opposition conjuguée des démocrates Sénégalais et de la communauté internationale.

Cependant, le Bureau politique de l'AFP dénonce la permanence du projet de l'Etat-PDS, qui consiste à organiser des élections dont le caractère manifestement frauduleux a commencé d'apparaître, dès la phase des inscriptions sur les listes électorales et de la distribution des cartes d'électeurs. En effet, à un mois de la clôture des inscriptions, le ministère de l'Intérieur continue de priver le monde rural de son droit élémentaire de s'exprimer dans le cadre de la dévolution du pouvoir. Par ailleurs, la distribution des cartes d'électeurs est toujours modulée en fonction de préoccupations anti-démocratiques devenues une évidence, aujourd'hui.

Parallèlement, nos gouvernants continuent d'exercer une censure éhontée sur toutes les publications qui leur sont défavorables, alors que les ouvrages dithyrambiques d'auteurs opportunistes zélés bénéficient d'une politique de promotion sans limites, malgré leurs insuffisances scientifiques et leur manque d'objectivité.

Par ailleurs, l'image que nous renvoie la justice ces derniers jours, constitue une autre source de gêne pour notre démocratie. Et la cause ne se trouve pas seulement dans la corruption annoncée de certains magistrats. Le gouvernement de Me Wade est le premier responsable de cette image, lui qui ignore superbement le principe de la séparation des pouvoirs. Dans les systèmes de démocratie moderne, les hommes élus ou désignés pour assumer des responsabilités d'Etat ont l'obligation de veiller à exclure la justice sélective et l'impunité qui sont l'une des premières causes de l'absence d'investissements, malgré le rituel du mensonge d'Etat, qui essaie de faire croire le contraire.

C'est sous l'éclairage des ces dérapages que la gestion de la crise profonde que traverse notre système éducatif porte la même empreinte des gouvernants qui poursuivent leur dangereuse fuite en avant, en affirmant avec aplomb que l'examen du premier diplôme universitaire qu'est le baccalauréat, se déroule normalement. Le Bureau politique de l'AFP condamne le choix irresponsable du gouvernement de Me Wade, qui a opté pour le dilatoire et la manipulation, au détriment de la qualité de l'enseignement, et aux seuls fins de juguler les revendications légitimes d'un mouvement syndical écœuré par le caractère discriminatoire et arbitraire de décisions aux relents politiciens.

Cette crise scolaire n'est que la manifestation du malaise général qui frappe la plupart des corps de la fonction publique, les travailleurs des collectivités locales, ceux du privé comme la Sonacos et, au-delà du mouvement social, toutes les couches populaires, qu'il s'agisse du monde rural ou des habitants des villes et des zones périurbaines. En effet, les conséquences des hausses des prix des denrées de première nécessité, comme le sucre, et celles des produits énergétiques, tels que l'électricité, le gaz et le carburant, n'épargnent aucun Sénégalais, aujourd'hui.

C'est pourquoi, face à cette situation, le dialogue reste la seule solution. Le Bureau politique de l'AFP invite le gouvernement de Me Wade à avoir le courage de regarder la réalité en face, de reconnaître la gravité des faits et l'ampleur des risques de cette crise sur l'avenir de la jeunesse sénégalaise.

S'agissant de la vie du parti, le Bureau politique de l'AFP, examinant, les activités programmées à la base, a retenu des directions d'actions, pour les 11 régions du pays, dans les secteurs du placement des cartes du parti, du fonctionnement des instances au niveau des femmes, des jeunes et des structures mixtes.

Les mesures conséquentes ont été prises et feront l'objet d'une circulaire du Secrétaire Général du parti pour leur correcte mise en application sur le terrain.


 

Fait à Dakar, le jeudi 13 juillet 2006

Le Bureau politique de l' AFP