Communiqué du Bureau Politique de l'AFP

Jeudi, 13 avril 2006


Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le Jeudi 13 avril 2006, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général du parti, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale ;
2. vie du parti.

Avant d'entamer l'ordre du jour, le Bureau politique a tenu tout d'abord à s'incliner devant la mémoire de notre compatriote feu Samba Lamsar Sall, étudiant victime de l'intolérance et du racisme primaires. Le Bureau politique présente ses vives condoléances à la famille éplorée et à toute la communauté universitaire sénégalaise en Russie

Le Bureau politique de l'AFP a procédé à une analyse de la situation nationale, dans le contexte du harcèlement inqualifiable dont fait l'objet le leader du PIT, M. Amath Dansokho. La remise en cause des libertés démocratiques participe d'un plan d'ensemble du régime pseudo-libéral, qui entend bâillonner les forces vives, pour réaliser son projet d'édification d'un système totalitaire. Maître Wade et son camp pensent avoir trouvé ainsi des dérivatifs, pour masquer les graves problèmes qui affectent les secteurs vitaux de notre économie et privent la majorité des Sénégalais du minimum vital.

Le Bureau politique de l'AFP a pris la mesure des dangers que les tenants du pouvoir font planer sur la paix, la sécurité et la stabilité de notre pays. Il invite les formations de l'opposition à se concerter pour exécuter un plan d'actions approprié, en collaboration avec les forces vives de notre pays. L'ébullition du front social, en particulier la grève de l'intersyndicale enseignante, commande une conjugaison patriotique des énergies pour résister contre l'arbitraire et la violence d'un clan, qui usurpe les habits de l'Etat aux fins de continuer à s'accrocher obstinément à des privilèges et autres prébendes.

C'est cet aveuglement du régime de Maître Wade qui ne lui a pas permis d'appréhender le bien-fondé des protestations des paysans. Sur toute l'étendue du territoire national, ceux-ci ont successivement dénoncé, avec véhémence, la mauvaise qualité des semences, l'insuffisance du matériel agricole et des intrants, les bons impayés et le manque de financements de la campagne de commercialisation. Le Conseil interministériel tapageur qui vient de se tenir sur la prochaine campagne agricole, avec ses effets d'annonce, ne règle pas en profondeur les problèmes du monde rural, d'autant plus que le Gouvernement de Maître Wade a habitué les Sénégalais à mettre sous le boisseau la parole donnée. Par ailleurs, à supposer que les financements attendus deviennent effectifs, l'expérience montre que les pseudo-libéraux sont incapables de prendre de la hauteur, pour mettre en avant l'intérêt général et traiter les populations sur un pied d'égalité.

La phase difficile que traversent les ICS suscite des interrogations sérieuses, quant à l'accessibilité des engrais à des prix compétitifs, par rapport au pouvoir d'achat des producteurs. La perfusion éventuelle, dont cet ex-fleuron de notre industrie pourrait bénéficier, de la part des partenaires indiens, ne servirait à rien si la malgouvernance n'en est pas vigoureusement extirpée. Malgré les multiples scandales révélés, le rapport d'audit commenté par la dernière édition de l'hebdomadaire " Jeune Afrique " n'est, en fait, que la pointe de l'iceberg. Ici comme ailleurs, le régime libéral donne libre cours à ses penchants épicuriens et à sa volonté de gaspiller l'argent public à des fins politiciennes. Le Bureau politique de l'AFP réexprime son soutien aux milliers de travailleurs des ICS et à leurs familles, sans oublier les populations riveraines et les PME dont les activités gravitent autour des ICS.

Ces graves errements dans le domaine économique et social ne jettent pas le voile sur la gestion du processus électoral, qui n'est qu'une des modalités de la malgouvernance qui frappe d'autres secteurs. Après l'opposition, la CENA a déjà exprimé ses vives préoccupations relatives à la mise à sa disposition des moyens qui devraient lui permettre de mener à bien ses missions, conformément à la loi. En outre, le responsable de l'Informatique de la CENA a mis à nu le manque de transparence qui entoure la refonte totale du fichier électoral, que le pouvoir de Maître Wade entend transformer en botte secrète pour se perpétuer, malgré la volonté de l'écrasante majorité des Sénégalais. La mise au point vaseuse du ministère de l'Intérieur n'a même pas convaincu ses propres auteurs. Pour réaliser des économies de bout de chandelle, l'on ne sait guère au profit de qui, le Gouvernement n'a pas acquis tout le matériel de pointe pour garantir la fiabilité des opérations. Oui les inscriptions multiples sont bien possibles !

Le Bureau politique de l'AFP invite les Sénégalais à participer massivement à l'exécution du plan d'action de la Coalition Populaire pour l'Alternative (CPA) pour résister contre le blocage programmé du processus électoral, la fraude massive qui nous mène droit vers une parodie d'élections, si toutefois le régime pseudo-libéral a la volonté de les organiser.


 

Fait à Dakar, le jeudi 13 avril 2006

Le Bureau politique de l' AFP