COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Lundi 12 octobre 2009

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le lundi 12 octobre 2009, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale ;
2. vie du Parti.

Le Bureau politique de l'AFP a tenu tout d'abord à s'incliner devant la mémoire de feu Massini Thiam, architecte et ancien membre actif de l'Alliance Nationale des Cadres pour le Progrès (ANCP). Doté d'une expérience solide en matière de mouvements sociaux et très au fait de la dialectique du socialisme scientifique grâce à un long séjour dans l'ex-Union Soviétique, feu Massini Thiam avait cheminé au sein de la croisade de l'AFP pour le changement pendant des années et avait toujours défendu ses points de vue dans la finesse et dans la courtoisie. Le Bureau politique de l'AFP adresse à sa veuve éplorée, à sa famille et à tous ses amis, ses vives condoléances, en élevant une fervente prière pour que le Tout-Puissant l'accueille en Son Paradis.

Examinant la situation nationale, le Bureau politique constate qu'au fil des semaines, le gouvernement de Me Wade se révèle totalement incapable de traiter avec sérieux les nombreux problèmes qui assaillent les populations et asphyxient dangereusement notre pays. Préférant se réfugier dans la manipulation effrénée, les tenants du pouvoir poursuivent leur construction d'un monde virtuel, loin des urgences de l'heure et des préoccupations des Sénégalais. Les pénuries, les délestages, l'inflation galopante font partie d'un quotidien d'autant plus insupportable que ceux qui nous gouvernent continuent de mener leur vie fastueuse avec insouciance et arrogance. Ni les complaintes des populations, ni les chiffres des partenaires au développement qui relèguent le Sénégal de Wade parmi les derniers dans le classement des pays du monde, en termes d'arriération et de retard économique.

Ainsi, au moment où le monde rural continue de subir une paupérisation accélérée, le régime actuel choisit l'expectative, se contentant de scruter les cours mondiaux de l'arachide, pour fixer le prix au producteur. Le libéralisme à la carte de Me Wade et de ses affidés ne profite exclusivement qu'à leur clan qui bénéficie, de manière cynique, du travail et des efforts du plus grand nombre. Pour accompagner l'inflation, le renchérissement des intrants et la baisse substantielle des revenus du monde rural, le Bureau politique de l'AFP exige que les tenants du pouvoir mettent fin au gaspillage, à la corruption chronique et fixe le prix au producteur à 250 F CFA. En plus, il engage les pseudos-libéraux à mettre en place à temps, pour une fois, les mécanismes assurant un bon financement de la campagne de commercialisation agricole. C'est le minimum qu'il puisse faire, pour éviter l'exploitation inhumaine de la sueur des paysans, dont certains ont commencé à brader leur arachide à 60 F CFA le kg, depuis la fin du mois d'août, particulièrement dans le bassin arachidier.

Par ailleurs, dans le contexte de la rentrée des classes, le système éducatif, poursuit sa descente aux enfers, quoiqu'en dise le discours officiel marqué par l'autosatisfaction et la politique de l'autruche. L'Ecole publique qui est censée offrir à notre jeunesse un cadre idoine pour sa formation et son épanouissement est plongée depuis plusieurs années dans une crise sans précédent qui impose une évaluation urgente pour diagnostiquer ses maux chroniques afin de leur trouver une solution salutaire, dans un secteur dont le caractère stratégique est malheureusement ignoré par les pseudos-libéraux. Ici et maintenant, on ne peut faire l'économie d'une réflexion sérieuse sur la croissance des effectifs et ses conséquences, sur les hiatus dans le ratio enseignants/enseignés, sur les infrastructures, leur niveau d'équipement et les outils pédagogiques. Quand, manifestement les 40% déclarés du budget affectés à l'Education nationale ne produisent pas l'effet escompté, des interrogations s'imposent, pour éviter une implosion préjudiciable à l'avenir de notre pays.

En plus, les salles de classes encore occupées par les victimes démunies des inondations rappellent les liens étroits entre le développement de l'Ecole et son environnement. Comme tous les autres secteurs, l'Education nationale subit les contrecoups de la mal gouvernance généralisée, aussi bien dans la définition des objectifs à atteindre que dans la mobilisation des moyens appropriés relevant de la responsabilité de l'Etat.

Il en est de même des hôpitaux publics où le règne de l'insalubrité et le dénuement favorisent la multiplication des infections nosocomiales. Faute d'un plateau médical à la hauteur des besoins et suite à des difficultés de trésorerie liées à une dette jusqu'ici non soldée, plusieurs services importants ferment leurs portes à un public de plus en plus désemparé. Pendant ce temps, les laudateurs invétérés continuent de narrer la fable sur le bilan positif de Me Wade, entre autres, dans le domaine de la santé. En ce qui concerne le pèlerinage à la Mecque, le gouvernement devrait faire face à ses responsabilités et prendre toutes les dispositions nécessaires, pour prévenir la grippe porcine qui se développe partout dans le monde, y compris au Moyen-Orient et les pays du Golfe.

L'incompétence manifeste des tenants du pouvoir laisse également des traces indélébiles dans la gestion de la crise en Casamance. Ce dossier qui est un paramètre important pour la stabilité de notre pays doit faire l'objet, d'une approche qui intègre toutes ses dimensions, notamment les aspects liés à l'économie, au désenclavement, au social, à la culture, à la sociologie, à la géopolitique et à la sécurité.

Le Bureau politique de l'AFP déplore vivement les maladresses que commet Me Wade dans nos rapports avec nos voisins et qui se manifestent dans les développements tragiques que connaît le peuple frère de Guinée. Et les tentatives de dernière heure visant à rattraper les effets des erreurs d'analyse commises par Me Abdoulaye Wade, avec des approches diplomatiques imprudentes et hasardeuses, n'y changeront rien. Le peuple de Guinée est un peuple lié à celui du Sénégal par une longue histoire et une culture communes. Il a droit à la sécurité, au respect de ses valeurs de dignité et aux exigences de son propre développement dans l'unité et dans la paix.

Naturellement, en accordant son soutien à ceux qui tentent de piétiner la volonté des peuples, Me Wade ne fait qu'exporter des pratiques en cours dans notre pays où le règne de l'impunité continue de plus belle, dans un contexte marqué par la tentative suicidaire de construction d'une succession monarchique. Et pour cause ! L'on comprend aisément pourquoi le régime actuel développe tous azimuts une stratégie de conservation du pouvoir, quitte à brandir un argumentaire qui tourne le dos aux principes républicains et à l'éthique démocratique.

Pour ce qui concerne notre pays, l'Alliance des Forces de Progrès réaffirme solennellement sa détermination à ne pas céder un seul pouce sur le caractère républicain de l'Etat et la souveraineté non négociable du peuple sénégalais. Cet axe sera approfondi, entre autres, par le prochain Congrès de l'AFP, qui sera un jalon et un moment importants dans la construction de la victoire du peuple contre ceux qui se sont employés à briser son élan du 19 mars 2000.


Fait à Dakar, le 12 octobre 2009 

Le Bureau politique de l'AFP