Communiqué de la réunion du Bureau politique de L'AFP 

Jeudi 12 octobre 2006

 


Le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le jeudi 12 octobre 2006, sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Secrétaire national chargé de la Coordination, en l'absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, en mission, autour de l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale ;
2. Vie du Parti.

Le Bureau politique de l'Afp a constaté qu'au fil des semaines, les populations subissent les mêmes maux, sans que le gouvernement de Me Wade soit capable de trouver des remèdes ici et maintenant. Pourtant, la nature des problèmes comme les délestages, les inondations, l'assainissement, les ordures et la mobilité urbaine appellent des solutions urgentes, pour éviter d'aggraver l'anémie de l'économie nationale, la misère des ménages et l'insalubrité.

La gestion erratique des ordures continue de plus belle, après les épisodes d'ALCYON, d'AMA-SENEGAL et du Ministère de l'Environnement. Il est temps que le pouvoir actuel comprenne que le pilotage à vue ne saurait être de mise dans la gestion des affaires publiques et que les services de l'Etat doivent, chacun en ce qui le concerne, accomplir, avec les ressources affectées, les missions qui lui sont dévolues. Le changement permanent et intempestif des attributions et des hommes, doublé de créations de structures fantaisistes, constitue donc un facteur de paralysie.

Comme la gestion des inondations et des ordures, celle de la mobilité urbaine souffre des mêmes incohérences. Il est étonnant que le projet d'élargissement de la V.D.N. ne soit pas pris en charge par les services classiques de l'Etat. Le Bureau politique de l'Afp estime que le Président de la République doit mettre un terme à la prolifération d'agences et autres structures coûteuses, tout en revenant aux rôles traditionnels de conception, d'orientation, d'impulsion et de contrôle, qui n'ont rien à voir avec la gestion de projets.

Le système éducatif est un autre dossier qui souffre de la malgouvernance ambiante. Les négociations avec le CUSEMS doivent être menées en toute objectivité, sans louvoiements et nouvelles tentatives de manipulation de l'opinion, en respectant la lettre et l'esprit du statut de la Fonction Publique. Les réticences que le gouvernement oppose à la satisfaction des revendications légitimes du CUSEMS ne sauraient être fondées ni sur le nombre des enseignants, ni sur le prétexte de ressources insuffisantes, car le train de vie déraisonnable de l'Etat et des tenants du pouvoir est criard.
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C'est d'ailleurs, la raison pour laquelle le Bureau politique de l'Afp rejette l'hypothèse d'une augmentation du prix de l'électricité, dans un contexte où le gaspillage et la corruption grèvent les possibilités de l'Etat.

La multiplication désordonnée des postes diplomatiques et consulaires est une autre source de gaspillage, d'autant plus que la gestion des ressources humaines a souvent obéi à des choix fantaisistes, qui ont conduit des aventuriers, des médiocres et autres escrocs récidivistes à ternir l'image de notre pays.

Le processus électoral constitue un autre grand volet qui entame sérieusement la crédibilité du Sénégal. Après l'immense espoir né des élections de mars 2000, voilà que la communauté internationale et tous les démocrates, posent un regard perplexe sur les tergiversations et le dispositif de fraude que le gouvernement a mis en place, pour tenter dangereusement le coup de force, malgré son impopularité grandissante et son échec multiforme. Quel que soit l'aveuglement des tenants du pouvoir, il n'est pas envisageable d'organiser aujourd'hui, au Sénégal, des élections avec un fichier électoral piégé et un code électoral taillé à la mesure de la panique du pouvoir actuel. Par ailleurs, le Bureau politique de l'AFP met en garde le gouvernement de Me Wade contre toute velléité de création d'une situation artificielle, qui servirait de prétexte au report des élections générales.

L'état d'esprit de ceux qui nous gouverne transparaît dans la distribution grotesque de la subvention à la presse, qui a mis au même niveau les organes crédibles et ceux qui se contentent de jouer le rôle de cerbères de la Cour, de surcroît avec un style dégageant des effluves de caniveaux.

Le Bureau politique de l'Afp exprime sa préoccupation, face à l'incapacité des animateurs de l'Etat à se mettre au service de l'intérêt général, conformément à l'éthique républicaine. Quant les services de ce même Etat sont détournés pour mettre fin à la liberté d'expression et à la liberté d'information, la pieuvre totalitaire se déploie.

Le Bureau politique de l'Afp réitère sa condamnation ferme des persécutions dont sont victimes, depuis l'avènement du régime de Me Wade, les hommes politiques, les écrivains et les journalistes. La récente convocation à la DIC du journaliste Assane Gueye, Directeur des Programmes à RFM et de son confrère Léopold Tamba de WALFADJRI constitue une nouvelle manifestation du réflexe totalitaire anachronique et suicidaire des tenants du pouvoir.

 


Fait à Dakar, le
12 octobre 2006 

Le Bureau politique de l'AFP