COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Lundi 12 juillet 2010

 

Le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le lundi 12 juillet 2010, sous la présidence de M. Moustapha Niasse Secrétaire Général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale ;
2. Vie du Parti.

Le Bureau politique de l'AFP a tenu tout d'abord à s'incliner devant la mémoire de El Hadj Mouhamadou Lamine Bara Mbacké Falilou, Khalife Général des Mourides. Héritier d'une longue tradition de piété, porteur de valeurs qui font le soubassement de notre société, l'illustre disparu avait une très haute idée de sa mission, ce qui l'amenait à assumer ses fonctions de Guide religieux et sa citoyenneté, en s'impliquant dans des dossiers qui concernaient l'intérêt général, comme par exemple celui de la crise de la Casamance.

Le Bureau politique de l'AFP a élevé des prières pour que Dieu le Tout Puissant accueille le défunt Khalife Général des Mourides en son Paradis et inspire son successeur Serigne Cheikh Sidi Makhtar Mbacké dans la lourde charge qui lui incombe désormais. Le Bureau politique de l'AFP a envoyé à Touba, le mercredi 7 juillet 2010, une importante délégation conduite par le secrétaire Général, Monsieur Moustapha Niasse pour présenter les condoléances du parti à serigne Sidy Makhtar Mbacké, nouveau Khalif général de la Confrérie et à toute la famille de Serigne Touba.

Abordant la situation nationale, le Bureau politique de l'AFP a exprimé sa vive préoccupation face à la montée des périls, que la semaine écoulée vient de mettre en exergue. L'état de violence créé et entretenu par le régime de Me Abdoulaye Wade est ponctué de faits de violences gravissimes qui, une fois de plus, ont entraîné une mort d'homme. La tragédie de l'Ile de la Madeleine n'est en fait que la manifestation d'une crise profonde qui affecte le secteur de la pêche. Le Bureau politique de l'AFP adresse ses plus sincères condoléances aux parents et à l'épouse de feu Moustapha Sarr et exige que la lumière soit faite dans cette affaire, qui ne devrait pas être classée, encore, comme tant d'autres.

En ce qui concerne les émeutes de Médina Gounasse, elles sont la conséquence de la nébulosité qui a entouré la conception et l'exécution du Plan Jaxaay, le tout enrobé dans une arrogance et un autoritarisme auxquels les populations entendent résister, pour défendre leurs droits et leurs intérêts légitimes.

Quant au débat d'orientation budgétaire pour 2011, un regard non complaisant porté sur le mode de gouvernance économique, permet de constater que le régime de Me Abdoulaye Wade n'a aucune vision de qualité porteuse d'ambition pour l'avenir du Sénégal. Le Bureau politique de l'AFP constate que, malgré la crise dont les effets plongent les citoyens dans des difficultés sans nom, le gouvernement entend continuer d'augmenter ses dépenses, notamment les dépenses de prestige qui traduisent, avec arrogance, le mépris du pouvoir de Me Abdoulaye Wade pour populations.

Le BP de l'AFP recommande vivement au gouvernement de faire preuve de discernement et de bon sens en allouant, de manière judicieuse, des ressources suffisantes pour la prise en charge effective des problèmes qui étouffent les populations. 

Il s'agit notamment des investissements nécessaires pour résoudre définitivement le problème des inondations, d'autant que les victimes exigent des solutions et refusent désormais de servir de prétexte à l'enrichissement de prédateurs invétérés, sans foi ni loi.

Il s'agit ensuite de l'énergie marquée par les délestages récurrents qui plombent l'économie nationale, étranglent les entreprises et empêchent les artisans de production et de service de gagner leur pain quotidien. Les émeutes de Mbour, au-delà des problèmes de délestages constituent un signal fort à l'endroit de ceux-là qui pensent pouvoir profiter indéfiniment de la sueur des populations et des travailleurs meurtris.

Il s'agit enfin des investissements nécessaires au redéploiement de l'agriculture, à l'accès à l'eau potable, à la construction de logements sociaux aux conditions d'attribution à la portée des catégories sociales les plus démunies, aux soins de santé, aux infrastructures scolaires en milieu rural et à la formation professionnelle et à l'emploi.

En outre, le BP de l'AFP s'inquiète de l'utilisation qui pourrait être faite des sommes importantes concentrées dans l'espace des ministères confiés à M. Karim Wade. Plus de 47% des ressources internes de l'Etat en 2011, soit près de 180 milliards de francs CFA, seront en effet attribués à ses services, alors que 19% seulement, soit 73 milliards, seront destinés au monde rural.

Toutes ces tensions sur le front social n'ont épargné ni les travailleurs de la SONATEL, ni ceux de l'Hôpital Le Dantec, espace de souffrance s'il en fût. Le Syndicat Autonome des Médecins du Sénégal (SAMES) et les médecins internes des hôpitaux protestent en fait, comme les Inspecteurs du Travail, contre les injustices qu'ils ont subies, du fait du dérèglement de la Fonction publique provoquée par l'incompétence et le populisme au pouvoir.

Pour la plupart des Sénégalais, les privations imposées par le régime en place sont d'autant moins acceptables que la corruption, l'affairisme d'Etat et la gabegie se déroulent de plus belle, tous les jours, sous leurs yeux. Par ailleurs, on est forcément habité par l'indignation la plus profonde, si on pense aux dizaines de milliards consacrés aux voyages inutiles, aux communications privées de nos gouvernants, à l'entretien d'un parc automobile détourné des missions publiques et à un patrimoine bâti mis à la disposition d'individus qui n'ont pas encore fini de se pincer pour être sûrs qu'ils sont bien au pouvoir. Et le débat d'orientation budgétaire au lieu d'offrir des signes de repentir, présente plutôt les stigmates de l'arrogance, doublée d'une volonté morbide d'adouber un individu dont les états de service se résument à la mise à mort des principaux secteurs productifs de notre pays.

Evidement, pour toutes ces raisons, l'opposition patriotique sénégalaise, en particulier l'AFP, ne saurait être " intelligente " au sens d'un Wade naguère, parce qu'elle a conscience qu'elle a en face d'elle un système mafieux dont les objectifs sont aux antipodes de la moindre stratégie sérieuse de développement concerté. Le Bureau politique réitère la volonté de l'AFP d'œuvrer de toutes ses forces, pour préserver et développer l'unité de Bennoo Siggil Senegaal, dans le respect des identités des uns et des autres, pour donner le maximum de chances à notre peuple pour se débarrasser du régime nocif à tous égards de Me Abdoulaye Wade.


Fait à Dakar, le 12 juillet 2010 

Le Bureau politique de l'AFP