DECLARATION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 12 juin 2007

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le mardi 12 juin 2007, sous la présidence de M. Falilou Kane, Secrétaire national, chargé des Relations Internationales du Parti, en l'absence de M. Moustapha Niasse, en mission à l'étranger, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale ;
2. vie du Parti.

Le Bureau politique a tenu, tout d'abord, à s'incliner devant la mémoire de l'écrivain et cinéaste Ousmane Sembène qui a consacré son œuvre aux devoirs de mémoire, de témoignage, de dénonciation et de résistance face à l'injustice, aux maux et aux contre-valeurs. Pionnier du cinéma africain au Sud du Sahara, écrivain attentif au cheminement de son peuple, Ousmane Sembène était aussi un grand pédagogue.

Le Bureau politique de l'AFP a examiné, ensuite, la situation nationale caractérisée d'une part par la paupérisation accélérée qui frappe les populations et, d'autre part, par la fuite en avant du régime de Me Wade, qui, rivé à la mal gouvernance, accompagne son entêtement suicidaire de velléités dictatoriales l'amenant à nier jusqu'à l'existence de tous ceux qui sont contre ses choix.

Après le 19 mars 2000, le monde entier pensait, avec les Sénégalais que le dossier de la dévolution transparente du pouvoir au Sénégal était définitivement réglé. Hélas, la présidentielle et les législatives de 2007 ont mis à nu l'immense dispositif de fraude mis en place par l'Etat-Pds, pour se perpétuer au pouvoir, contre la volonté populaire. Quoiqu'en dise les courtisans et autres opportunistes payés pour dire des contrevérités et défendre l'indéfendable, le taux de participation aux législatives du 3 juin a franchi laborieusement la barre des 20%, malgré l'implication personnelle du président de la République, le piétinement répété de la loi électorale et l'argent distribué à flots, pour acheter encore les consciences et des hommes politiques qui ont vendu leur âme. Le taux d'abstention a largement dépassé les 70%.

C'est ainsi que, après le retrait pathétique de Talla Sylla de la scène politique, de nouveaux monstres se sont exprimés pour douter, dans la mauvaise foi absolue, du lien entre la besogne des tueurs et la maladie du courageux leader du Jëf Jël. C'est bien au Sénégal que des commanditaires, dont certains ont été identifiés, ont manipulé des assassins qui ont tenté d'éliminer un citoyen dont le seul tort a été de dénoncer des dérives, par la chanson.

Le Bureau politique de l'AFP condamne, encore une fois, l'impunité dont bénéficient les dangereux délinquants et leurs complices et exige des sanctions exemplaires, conformément à la loi, qui doit demeurer garante d'une vie sociale apaisée. En République, la justice doit pouvoir remplir ses missions en toute indépendance, sans aucune forme de pression. Et cette justice doit s'appliquer de manière impersonnelle, pour mettre un terme aux menaces que le PDS fait planer sur la paix civile, comme à Darou Mouhty où, fait grave, il y a eu mort d'homme.

Tous ces assauts contre l'Etat de droit et la démocratie se déroulent sur une toile de fond de choix économiques douteux, teintés d'affairisme, reléguant au second plan l'intérêt général et la protection du patrimoine national. La privatisation programmée d'une partie du port de Dakar, dans des conditions nébuleuses, après le bradage de la SONACOS est une parfaite illustration de la mal gouvernance ambiante. Le Bureau politique de l'AFP exprime sa solidarité aux travailleurs qui s'inquiètent pour la sauvegarde de leurs emplois.

En outre, aujourd'hui, la configuration de la corniche suscite des interrogations, notamment en matière de sécurité et de fluidité de la circulation. De surcroît, on semble croire que la gestion d'un dossier relatif à des travaux publics, avec des fonds publics, peut donner lieu à une propagande en faveur de la génération dite du concret. Or, quant on se veut concret en escamotant la nécessaire phase de concrétion, c'est-à-dire, de solidification, on devient en fait, un modeste étalagiste qui croit, à tort, qu'il est à même d'occuper et de confisquer l'espace public. A cet égard, la morale de la fable de la grenouille et du bœuf est plus que jamais actuelle. Une fois que les ambitions font irruption dans le royaume du déraisonnable, il s'enclenche un déterminisme fatal, qui mène à toutes les aventures.

Toutes ces dérives amènent le Bureau politique de l'AFP à exiger du pouvoir actuel une réduction drastique du train de vie de l'Etat, notamment en ce qui concerne la taille du gouvernement, le nombre pléthorique de ministres conseillers inutiles, l'acquisition, l'attribution et l'utilisation sauvages des véhicules de l'Administration, les logements administratifs, les innombrables voyages onéreux et sans objet sérieux, la création d'institutions au service de la clientèle du prince comme le CRAES et le Sénat, les trop nombreuses agences qui échappent aux règles de la comptabilité publique et la multiplication des représentations diplomatiques et consulaires ne correspondant à aucune carte diplomatique cohérente.

Le Bureau politique de l'AFP estime que cette réduction du train de vie de l'Etat est une exigence d'ici et maintenant, eu égard à la flambée inquiétante des prix que certains flagorneurs mettent sur le dos de la conjoncture internationale. Un bref regard sur la structure des prix du carburant constitue un démenti cinglant. En tout état de cause, les équilibres déjà fragiles de la paix sociale, voire de la paix civile, ont été rendus encore plus précaires par la hausse vertigineuse des prix des denrées de première nécessité comme le lait, le riz, l'huile et le sucre.

Pour toutes ces raisons, le Bureau politique de l'AFP estime que le dialogue auquel le Front Siggil Sénégal convie les tenants du pouvoir actuel, doit être élargi aux dossiers économiques, sociaux et culturels, à la bonne gouvernance, d'autant plus que plus de 22 milliards CFA ont été consacrés à l'élaboration d'un fichier électoral non fiable.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a procédé aux derniers réglages relatifs à la commémoration de l'appel du 16 juin 1999. Au-delà du repère qu'elle constitue dans la mémoire de l'AFP, cette date est constitutive de la substance même du Parti en tant qu'elle charrie tous les idéaux concentrés dans notre devise : Foi-Patriotisme-Solidarité. Par ailleurs, en ce qui concerne le programme de l'opposition démocratique, le Bureau politique de l'AFP a invité les responsables et militants du Parti à participer massivement, avec détermination, à toutes les phases validées du plan d'actions du Front Siggil Sénégal.


Fait à Dakar, le 12 juin 2007 

Le Bureau politique de l'AFP