COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 12 mai 2009

 

Le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le jeudi 12 mai 2009, sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Secrétaire National chargé de la Coordination des Activités du Parti, en l'absence de M. Moustapha Niasse, en mission à l'étranger, autour de l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale ;
2. Vie du parti.

Le Bureau politique de l'AFP a examiné en profondeur la situation nationale plus d'un mois et demi après la débâcle de la coalition sopi lors des élections locales du 22 mars 2009. Aussi incroyable que cela puisse paraître, Me Wade et son clan s'emploient à contourner la volonté des Sénégalais, à partir d'une position de pouvoir dépourvue de la moindre once de légitimité. Au vu de l'entêtement suicidaire du régime actuel, tout porte à croire que le salut de notre pays passe par l'organisation de la résistance la plus large et la plus populaire possible.

Le remaniement ministériel en accordéon est une illustration éloquente du climat délétère qui règne au sommet d'un Etat animé par des hommes dépourvus de tout sens de l'intérêt général et omnibulés par leurs calculs politiciens. Le déroulement de la culture de la ruse et des astuces au quotidien porte un sérieux préjudice à la crédibilité de nos Institutions, à l'efficacité du travail gouvernemental, plombant ainsi toute possibilité de satisfaction des aspirations les plus élémentaires des populations. Non seulement le gouvernement reste pléthorique mais la répartition des services étale au grand jour les motivations qui animent Me Wade qui, avec ses réflexes autoritaires, a confirmé la main mise de son fils sur l'essentiel des dossiers de l'Etat, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays. En fait, ce dernier garde les prérogatives d'un vice-Président aux pouvoirs très étendus, en passant du statut officiel de Conseiller spécial du Président de la République à celui de Ministre d'Etat aux portefeuilles tentaculaires, pour parachever une destruction systémique aux antipodes d'un développement concerté.

Dans ce contexte, le projet de loi instituant une vice-Présidence pour brouiller davantage les cartes n'est que le premier pas vers la tentative d'organiser une succession par des subterfuges composés de décrets et un coup de force revêtu d'un habillage juridique qui ne tromperait personne.

Après la démolition de nos Institutions, voilà que se poursuit celle des principaux outils de production de richesses de notre pays. Derrière l'effondrement des principales unités industrielles du Sénégal, le ou les mêmes noms sont invariablement cités. La tragédie des ICS semble vouloir se rééditer à travers Air Sénégal International (ASI) et la SONATEL. Non seulement, ASI a été privé d'un marché aussi important que celui du Pèlerinage à la Mecque mais la mauvaise gestion a engendré un endettement insupportable et parfois injustifié, comme celui provoqué par l'affrètement, en faveur de Me Wade, d'avions d'ASI alors que la Pointe de Sangomar est opérationnelle après avoir fait l'objet de dépenses dont le montant tourne autour de 30 milliards de francs CFA. A cet égard, le Bureau politique de l'AFP salue les propositions pertinentes du Secrétaire Général de l'AFP qu'il tient de son expérience d'homme d'Etat détenant un carnet d'adresses qu'il met généreusement au service du Sénégal.

Dans le même esprit, le Bureau politique se félicite de la rencontre qu'une délégation du parti dirigée par le Secrétaire Général a eue avec des représentants des travailleurs de la SONATEL. A cette occasion, il est apparu clairement que le choix de la vente de 9,87 % des actions de l'Etat à France Télécom est une absurdité qu'aucune approche sophiste ne peut justifier. Les mêmes décisions nébuleuses parasitent le fonctionnement de l'Aéroport Léopold Sédar Senghor et d'autres dossiers qui mettent en ébullition le front social. Il en est ainsi des travailleurs du nettoiement de la Société VEOLIA, du cadre unitaire du Syndicat de l'enseignement et du Syndicat Autonome de l'Enseignement Supérieur (SAES) qui en est réduit à débrayer pour défendre un projet destiné au logement ficelé bien avant l'An 2000.

Le monde rural, qui a déjà payé un lourd tribut à la cupidité et à l'incompétence vient de faire l'objet d'un nouveau slogan tout aussi insipide et cynique que la GOANA, à savoir la " révolution rurale ". Neuf ans après la promotion d'une nouvelle race d'intermédiaires voraces désignés sur des bases clientélistes, l'Etat-PDS fait semblant de découvrir une situation qu'il a lui-même créée en appauvrissant des paysans aujourd'hui dépourvus de revenus, à cause de l'absence quasi totale de campagne de commercialisation agricole. En tout état de cause, les Sénégalais n'accepteront plus qu'on leur impose des sacrifices, au moment où un groupuscule jouit de privilèges exorbitants et indus au détriment du plus grand nombre.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a encouragé le Secrétaire Général, M. Moustapha Niasse, à poursuivre ses efforts dans le sens de l'approfondissement de l'unité de Bennoo Siggil Senegaal pour libérer notre pays des serres d'un régime qui, par ses dérives effrénées, est en train de compromettre dangereusement l'avenir de notre pays. L'AFP, avec ses alliés, est au cœur de ce combat salutaire qu'il continuera de livrer, en se hissant à la hauteur des impératifs de l'heure. La vente transparente des cartes et des renouvellements limpides constituent l'étape incontournable vers le Congrès du parti.


Fait à Dakar, le 12 mai 2009

Le Bureau politique de l'AFP