Communiqué du Bureau Politique de l'AFP

Mardi, 12 février 2008


Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le mardi 12 février 2008, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale ;
2. vie du Parti.

La situation nationale a attiré l'attention du Bureau politique, qui a constaté avec regret que le gouvernement de Me Wade continue d'ignorer les priorités de notre pays et de consacrer l'essentiel de son temps à la gestion des intérêts d'un groupe privé tétanisé par la perspective de perdre le pouvoir et de devoir rendre compte au peuple souverain affecté par les multiples conséquences de tant d'incompétence, de tant d'errements, de tant de choix douteux en porte à faux avec l'intérêt général.

Le monde rural n'a pas fini de payer le lourd tribut qui semble être son lot sous l'ère des pseudo-libéraux. La campagne agricole 2007/2008 a été si désastreuse que la précarité sociale s'est aggravée. A quelques semaines de la fin de la commercialisation de la campagne arachidière, à peine 34.000 tonnes de graines ont été collectées. A Kaolack, par exemple, où l'usine SUNEOR a une capacité de trituration de 280.000 tonnes, seules 15.000 tonnes ont été collectées. En outre, le déficit vivrier est tellement évident que les tenants du pouvoir actuel ont du mal à poursuivre leur politique de l'autruche. Cependant, à ce jour, aucune mesure sérieuse n'est prise, pour voler au secours des populations démunies, avec efficacité et dans la transparence.

La mort de la filière arachidière que Me Abdoulaye Wade et son régime avaient promise aux Sénégalais, depuis octobre 2001, est en train de devenir, au fil des semaines et des mois, une réalité vécue par tous. La responsabilité d'un tel désastre sera assurée entièrement devant l'histoire, par ceux qui se sont engagés dans cette voie, sans avoir conçu et planifié avec méthode des solutions de remplacement. Le prétendu appel lancé par Me Abdoulaye Wade aux Sénégalais établis à l'Etranger, pour rentrer au pays et s'y voir attribuer des fermes, atteint le summum du ridicule, quand on sait qu'il n'existe aucune politique agricole sérieuse, dans les perspectives du régime actuel, dont les préoccupations sont loin des dossiers liés aux vraies semences, aux engrais et à des prix rémunérateurs pour les produits agricoles.

Le monde du travail n'est guère mieux loti, raison pour laquelle l'ébullition du front social ne connaît pas d'interruption depuis plusieurs mois. Après la paralysie de plusieurs facultés de l'UCAD qui restent plongées dans l'insalubrité, l'insécurité, le sous-équipement et les effectifs pléthoriques, voilà que les travailleurs des secteurs de la pêche et ceux du nettoiement crient leurs ras le bol et exigent le respect du droit minimum que constitue le paiement de leurs salaires. Quant aux sites inondables dans les villes, aucun traitement sérieux n'a été envisagé, alors que le gouvernement de Me Wade sait parfaitement qu'en la matière, les mêmes causes produiront les mêmes effets. Le plan jaxaay qui avait servi de prétexte fallacieux pour manipuler le calendrier républicain n'a pu résoudre le problème récurrent des quartiers inondés des banlieues, qui continue de vivre dans l'insalubrité et l'insécurité. Des familles entières qui avaient fait l'objet d'un déguerpissement ont enduré stoïquement les affres des camps de fortune, avant d'en être chassées avec arrogance par les tenants du pouvoir, sans qu'un logement leur soit attribué. Le Bureau politique de l'AFP réaffirme avec force que le plan jaxaay doit faire l'objet d'un audit sans complaisance qui couvrirait, bien entendu, son exécution financière et les aspects techniques.

Malgré toutes ces priorités de l'heure, les pseudo-libéraux, sur le dossier des investitures, pour les élections locales à venir, font étalage de leur culture de violence sur toute l'étendue du territoire national, en perturbant dangereusement l'ordre public. Les faits de violence qui se sont déroulés à Fatick préfigurent des dérapages incontrôlables que porte en lui-même un projet de succession, dont les bases reposent sur l'assassinat de la démocratie. Sujet à un déterminisme fatal, ce projet narcissique et déraisonnable, mène droit aux crimes de sang. Le Bureau politique de l'AFP condamne cette volonté de ramer à contre courant de l'histoire et tient Me Abdoulaye Wade lui-même, son gouvernement et tous les laudateurs opportunistes, pour seuls responsables de toute aventure coûteuse qu'une telle attitude pourrait imposer à notre pays.

Naturellement, le processus électoral est affecté par ce réflexe anti-démocratique qui amène les fraudeurs zélés du Ministère de l'Intérieur à vouloir organiser une victoire électronique que les populations, directement concernées par les locales, n'accepteront pas. Le Bureau politique de l'AFP met en garde les tricheurs aux cols blancs contre les pratiques illégales de transferts d'électeurs, de vote multiple et de rétention des cartes d'électeurs qui constitue un véritable déni de droit. Les citoyens qui n'ont jamais reçu leurs cartes d'électeurs depuis la mascarade de février 2007, doivent être impérativement rétablis sans dans leurs droits. Il y va de la transparence des prochaines élections locales. En outre, le régime de Me Wade devrait, pour une fois, respecter ses engagements internationaux, notamment le Protocole additionnel de la CDEAO et avoir la décence de ne pas modifier, à quelques encablures des locales, la loi électorale, en fonction des intérêts du parti-Etat.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a fait le point de l'installation des premiers comités électoraux à la base, sous la supervision des commissaires politiques envoyés par la direction du Parti. Il apprécie positivement le déroulement des opérations et exhorte les militants et les responsables à s'en tenir scrupuleusement aux recommandations du Parti, dans un esprit d'ouverture, dans la vigilance, notamment dans la lutte contre la fraude et dans la prise en compte des délais légaux, pour les actes relatifs aux différentes phases du processus électoral.

Par ailleurs, le Bureau politique de l'AFP a effectué les derniers réglages concernant l'Assemblée générale de la Coordination régionale de Kolda, qui se tiendra le samedi 16 février 2008, sous la présidence du Secrétaire général, M. Moustapha Niasse. Le Bureau politique a également validé le calendrier proposé pour la poursuite des Assemblées générales des autres coordinations régionales.


 

Fait à Dakar, le mardi 12 février 2008

Le Bureau politique de l' AFP