DECLARATION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 11 décembre 2007

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le mardi 11 décembre 2007, sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Secrétaire national chargé de la Coordination des Activités du parti, en l'absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général, en mission, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale;
2. vie du Parti.

Le Bureau politique a tenu tout d'abord à adresser ses vives félicitations à M. Moustapha Niasse, en sa qualité de membre du groupe de Haut Niveau de l'Alliance des Civilisations, créé suite à une Résolution de l'Assemblée Générale des Nations Unies et dont la 5è réunion vient de se tenir à Rio de Janeiro (Brésil). A cette occasion, M. Niasse a présenté une brillante communication sur le thème " Multilatéralité, diaspora africaine et développement, un monde en mutation ", en exprimant avec doigté les préoccupations de l'Afrique dans le contexte de la mondialisation et de la globalisation.

Par ailleurs, le Bureau politique de l'AFP s'est penché sur la situation nationale caractérisée par une tension et une morosité visibles à la veille de la Tabaski et des fêtes de fin d'année, période qui coïncide cette année avec les nombreuses questions sans réponse qui hantent le douloureux quotidien des populations. Victimes de la gouvernance du verbe et de la violence, dans un climat de corruption, sans précédent, constaté par les observateurs de la société civile internationale, les Sénégalais attendent ces échéances avec appréhension, du fait de la pauvreté qui les frappe de plus en plus durement.

C'est la raison pour laquelle ils ne ratent aucune occasion pour manifester leur hostilité à Me Abdoulaye Wade, dont le régime incompétent, autoritaire et bavard est la principale cause de la situation difficile avec laquelle ils sont confrontés. Au lieu de se faire le devoir de traiter méthodiquement et en profondeur les priorités des populations, les tenants du pouvoir saisissent n'importe quelle opportunité pour tirer la couverture vers eux, en s'obstinant à croire que la communication est à la fois, un moyen et une fin en soi. C'est le cas du dernier sommet Afrique-Union européenne, où la désinformation a tenté de couvrir la maladresse de la délégation sénégalaise qui n'a pas su engranger la sympathie et le soutien de beaucoup d'Etats concernés, à cause de comportements, attitudes et gesticulations peu classiques, sans aucune conformité avec les impératifs de la diplomatie.

Quand on laisse chez soi un pays plongé dans une crise multiforme qui n'épargne ni les Institutions, ni l'économie, ni les finances publiques, ni les volets sociaux, le minimum d'humilité, de tact et de sagesse, est recommandé, pour avoir la possibilité de prendre le dessus sur un narcissisme toujours débordant. Aujourd'hui, pour le régime actuel, il urge de restaurer sans délai l'Etat de droit, l'indépendance de la justice, et de contenir le présidentialisme débridé qui n'hésite pas à piétiner tous les autres pouvoirs. Le jeu du chat et la souris auquel se livre Me Wade en personne et, malgré eux, le Président de l'Assemblée nationale et l'ancien Président du défunt CRAES, n'est pas glorieux pour une démocratie respectable. La liberté d'appréciation et d'expression ne saurait être sujette aux humeurs et aux objectifs du prince.

Tout cela est d'autant plus inacceptable que les vrais chantiers prioritaires de notre pays ne sont pas ouverts, avec une volonté politique sérieuse de les faire avancer. Il s'agit, notamment, du monde rural qui continue sa lente et profonde agonie, de l'industrie et de la construction d'un environnement favorable à l'investissement et à l'emploi, d'un système éducatif stable et fiable, à la hauteur du défi du développement concerté.

Dans un tel contexte, l'invitation au dialogue que Me Wade vient de lancer à l'opposition ne saurait être acceptée si elle est sous-tendue par une nouvelle ruse pour desserrer l'étau que les Sénégalais et les partenaires du Sénégal font peser autour du cou d'un régime essoufflé par tant de turpitudes, d'errements et de tâtonnements. Le réflexe totalitaire est donc inefficace et constitue en plus un luxe de mauvais goût, coûteux pour la stabilité de notre pays et la paix civile. La fonction première d'un dialogue utile, c'est d'abord infléchir des orientations susceptibles d'ouvrir les portes de l'aventure périlleuse. C'est aussi replacer le Sénégal sur la rampe du progrès dans tous les domaines, y compris celui de la vraie démocratie et d'une dévolution transparente et apaisée du pouvoir. Eu égard aux expériences passées et aux enjeux, le cadre du dialogue est aussi important que son objet, car, il convient d'éviter qu'une nouvelle mise en scène cynique serve de trophée au pouvoir en place.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a entendu une communication du Secrétaire national chargé de la Coordination des Activités du parti, M. Madieyna Diouf, au sujet des journées d'études, sur la situation du monde rural, que la Coalition Alternative 2007 organise, à Kaolack, les 29 et 30 décembre 2007. Par ailleurs, tous les réglages ont été effectués concernant les prochaines Assemblées générales des Coordinations régionales qui seront présidées par le Secrétaire général de l'AFP, M. Moustapha Niasse. Il en est de même pour la préparation de la session du Comité directeur de janvier 2008 qui a fait l'objet d'une communication de la part de M. Pape Sedikh Seck, Secrétaire national chargé de l'Organisation et de la Mobilisation.


Fait à Dakar, le 11 décembre 2007 

Le Bureau politique de l'AFP