DECLARATION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mercredi 11 juillet 2007

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le mercredi 11 juillet 2007, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale ;
2. vie du parti.

Le Bureau politique de l'AFP a examiné la situation nationale encore caractérisée par des actes de mal gouvernance que multiplie le régime de Me Wade, toujours incapable de se hisser à la hauteur que requiert la gravité des difficultés qui assaillent notre pays et ses populations. La fuite en avant continue de plus belle, avec les errements qui prennent le contour d'une approche systémique ayant tout l'air d'une offre publique d'achat sur le Sénégal.

Même les lois et règlements qui constituent un obstacle aux desseins privés de ceux qui nous gouvernent sont réformés pour les adapter à leurs propres priorités. C'est dans cette grille de lecture qu'il convient d'appréhender les contradictions entre, d'une part, l'intérêt général, les missions publiques, et d'autre part, la cascade de choix nébuleux concernant l'APIX, version Société Anonyme, la réforme fiscale décriée courageusement par des Inspecteurs des Impôts et la multiplication effrénée des agences aux activités reconnues comme opaques.

Dans ce contexte, il n'est pas étonnant que des Sénégalais se sentant menacés dans leur dignité défendent leur outil de travail. C'est le cas de certains travailleurs évoluant dans le Port de Dakar, qui ont été victimes d'une répression sauvage, parce qu'ils ont manifesté leurs inquiétudes et leur angoisse sur la question du destin futur de cet outil important dans le tissu économique du Sénégal. Or, la Charte fondamentale protège les droits des travailleurs. Le Bureau politique de l'AFP condamne cette violence d'Etat au service d'un groupuscule de courtiers.

De même, les paysans paient, au prix fort, les errements du régime de Me Wade. Après la mise à mort brutale de la filière arachidière qui a asphyxié le monde rural et l'économie nationale, voilà que le régime dit libéral revient avec ses programmes spéciaux intempestifs, pour fixer, sans aucune logique apparente, un objectif d'un million de tonnes de maïs. C'est un nouvel échec programmé, quand on sait que ce sont les paysans qui peuvent produire ce maïs, et non le Gouvernement.

Il est vrai que le sort du monde rural confronté à la période difficile de la soudure, après la diminution drastique de ses récoltes et de ses revenus, n'est pas une préoccupation des tenants du pouvoir. Même la distribution des semences d'arachide, vendues au comptant aux paysans, est le cadre d'une discrimination flagrante. En effet, des clients du parti au pouvoir sont ouvertement privilégiés, alors que des citoyens désireux d'acheter des semences se voient opposer un refus catégorique ou reçoivent des quantités minimes, de 6 à 10 kg, par chef de carré, ce qui est totalement éloigné de leurs besoins en ce début d'hivernage.
En plus, comme tous les Sénégalais, sans aucun doute avec des conséquences plus dramatiques, les paysans sont frappés de plein fouet par la flambée des prix, qui accélère la paupérisation des plus démunis, dans les campagnes, comme dans les villes.

C'est la raison pour laquelle l'achat annoncé d'un avion présidentiel, encore agité et financé, comme par hasard, à hauteur de 50 milliards, par de prétendus "amis", relève du mépris à l'endroit des Sénégalais qui, au soir d'un certain 19 mars, avaient pensé confier la magistrature suprême à un homme qui inaugurerait une nouvelle ère de transparence, de vertu républicaine et de progrès.

La duplicité n'épargne pas le champ des libertés et de la démocratie. C'est ce qui explique qu'au moment où une dizaine d'ouvrages subissent une censure de fait, Me Abdoulaye Wade vient de présider l'ouverture de la Conférence Internationale du PEN Club qui se tient en ce moment à Dakar et qui aborde, notamment, le thème des libertés d'expression et de création.

Le déficit de crédibilité du régime au pouvoir a également été mis à nu lors du dernier sommet de l'Union Africaine qui s'est tenu à Accra, avec, à la clé, un camouflet dommageable pour l'image du Sénégal. Quand on délaisse l'esprit d'organisation et de méthode qui a fait durablement ses preuves, pour emprunter précipitamment les sentiers de l'improvisation et de la compromission politique, le résultat est prévisible. Hélas, la culture de courtier au service d'autres ambitions semble s'être incrustée au sommet de l'Etat.

Abordant le dernier point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP s'est penché sur les modalités de la vente des cartes du parti, à la lumière de la circulaire du Secrétaire Général y afférente. Il exhorte les Commissaires politiques, les responsables et les militants à s'en tenir strictement aux dispositions de ladite circulaire, pour permettre la fluidité et la transparence des opérations.

Par ailleurs, le Bureau politique de l'AFP a adressé un appel à tous ses élus locaux, pour les inviter à s'abstenir de participer à la nouvelle mascarade électorale concernant cette fois-ci le Sénat du PDS. Avec le peuple sénégalais, l'AFP doit relever ce nouveau défi arrogant que le pouvoir de Me Abdoulaye Wade a lancé aux populations exsangues.


Fait à Dakar, le 11 juillet 2007 

Le Bureau politique de l'AFP