DECLARATION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 11 mars 2008

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le mardi 11 mars 2008, sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Secrétaire national chargé de la Coordination des Activités du Parti, en l'absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, en mission, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale ;
2. vie du Parti.

Le Bureau politique de l'AFP s'est penché sur la situation nationale plombée par un style de gouvernance où le mensonge d'Etat au service d'un groupe privé, la tortuosité et le cynisme sont aux premières loges. Quand, au sommet de l'Etat, on cultive le divorce avec l'éthique, la morale, la parole donnée et toutes les valeurs de la République, une dictature grotesque s'installe à petits pas, en hypothéquant l'économie nationale, notre démocratie et l'avenir de notre pays.

Les populations qui ont déjà payé un lourd tribut consécutif à tous ces agissements, viennent de découvrir que l'irresponsabilité de ceux qui nous gouvernent ne peut être freinée qu'avec la construction d'un rapport de forces favorable au mouvement historique que le peuple du 19 mars avait enclenché avec détermination. Le report programmé de longue date des élections locales obéit à plusieurs considérations, dont la moindre n'est pas la normalisation du PDS, pour le mettre au service du projet monarchique qui obsède ceux qui ont tant de comptes à rendre au peuple sénégalais. La décision de l'opposition significative de participer à ces élections, dans le cadre de la large coalition "And Siggil Senegaal", n'est pas non plus étrangère à cette énième forfaiture. Inutile donc de s'attarder sur l'indigence des arguments qui convoquent le nouveau découpage territorial. Depuis la nuit des temps, les médiocres sont incapables de sortir de l'espace de la médiocrité. La procédure utilisée, par l'entremise d'un Parlement dont la légitimité est nulle, illustre bien cette assertion. En plus, la révision des listes électorales, prévue par le code électoral, n'est, pour les fraudeurs zélés du Ministère de l'Intérieur, que l'occasion rêvée de se livrer à une nouvelle manipulation du fichier électoral, avec des actes délictueux comme les transferts illégaux que la CENA vient de dénoncer. Ce petit pas, qui est à encourager, devrait annoncer une ligne de conduite permanente de cet organe de supervision et de contrôle qui encadre le processus électoral, tout le processus électoral, avec le plein exercice des prérogatives telles que l'injonction, le dessaisissement, la citation directe et la réflexion pour l'amélioration du système électoral en œuvrant avec intransigeance pour la régularité, la transparence et la sincérité des élections.

Pour toutes ces raisons, le Bureau politique de l'AFP estime que tout tête à tête de l'opposition patriotique avec le régime actuel est à proscrire, car, si l'on considère les données en présence, il apparait que le vrai dialogue ne peut se dérouler que dans le cadre des Assises nationales qui, du reste, embrassent tous les secteurs de la vie nationale, dont aucun n'a échappé aux méfaits foncièrement nocifs de la mal gouvernance des pseudo-libéraux.

Par exemple, l'amateurisme qui a présidé à la préparation du Sommet de l'OCI n'a pas échappé aux observateurs, malgré le grand tapage médiatique organisé tout autour, aux fins évidentes de manipulation, dans un registre religieux qui n'a rien à voir avec une conférence dont les participants représentent des Etats, qui planchent sur un ordre du jour dont les principaux points sont quasi invariables. Après avoir longtemps confondu les chantiers opaques avec les travaux du Sommet proprement dits, le régime patrimonial actuel s'est tardivement souvenu que notre pays recèle, en la matière, des ressources humaines en qualité et quantité suffisante qui peuvent donner des leçons aux pilleurs qui, une fois leur besogne accompli, sortent de l'ombre, le verbe haut, dans une ambiance foraine , pour prétendre confisquer la souveraineté du peuple.

Le Bureau politique de l'AFP réaffirme solennellement que cette obsession morbide préfigure les futurs crimes de sang, qui seront le prolongement naturel des nombreux crimes économiques qui ont déjà mis à genou l'économie nationale. En ouvrant les vannes du Trésor public à des arrogants, incapables de concevoir et d'exécuter un projet de bout en bout, le gouvernement de Me Abdoulaye Wade est tombé dans les excès et la bouffonnerie caractéristiques des dictatures qui ont assombri l'histoire récente de plusieurs pays du Tiers-Monde. Certaines mesures prises dans le cadre du Sommet de l'OCI illustrent la volonté du régime de plonger obstinément dans la démesure, en faisant fi de l'intérêt général. Nul ne peut justifier la fermeture des établissements scolaires et universitaires du Sénégal pendant une semaine, alors que le système éducatif est gravement menacé, du fait des choix démagogiques des tenants du pouvoir, incapables d'honorer, en temps utile, leurs promesses. La plus grande fête musulmane, la Korité, n'entraîne pas le verrouillage de l'Ecole sénégalaise pendant une semaine. Nul ne peut justifier que les Sénégalais soient chassés, comme des malpropres, des infrastructures qu'ils ont financées avec la sueur de leur front, même s'ils n'ont pas pu contrôler les modalités qui ont présidé à l'utilisation de leur propre argent. Il en est de même pour la journée fériée, chômée et payée, du 13 mars 2008 et des absurdes posters géants à la Ceausescu.

L'école, les secteurs secondaire et tertiaire, informel, les masses urbaines et suburbaines, ne sont pas les seuls à avoir subi de sérieux préjudices. Le monde rural, dont le système productif s'est effondré depuis l'avènement de Me Wade, voit ses acteurs tomber dans un dénuement extrême qui ne les épargne pas des affres de la famine. Le Bureau politique de l'AFP engage les tenants du pouvoir à se départir de leur machiavélisme pour porter assistance aux ayants droit, dans la transparence et dans l'équité, sans renvoyer aux calendes grecques, la distribution des vivres de soudure, qui ne saurait être sujette à des préoccupations électoralistes.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a engagé les comités électoraux du Parti à maintenir la dynamique de la mobilisation, dans le cadre de la coalition "And Siggil Senegaal". En ce qui concerne les Assises nationales, le Bureau politique invite les mouvements intégrés et tous les mouvements affiliés à s'organiser avec méthode pour une participation de qualité aux Assises nationales qui regroupent toutes les forces vives de la Nation. Les pseudo-libéraux apprendront à leurs dépens, qu'il ne sert à rien de s'opposer au mouvement historique qui rythme la marche des peuples.



Fait à Dakar, le 11 mars 2008 

Le Bureau politique de l'AFP