COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Lundi 11 janvier 2010

 

Le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le lundi 11 janvier 2010, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, autour de l'ordre du jour suivant :

Situation nationale ;

Vie du Parti.

La situation du Sénégal, en ces premiers jours de l'année 2010 a retenu l'attention du Bureau politique de l'AFP qui constate, avec une profonde préoccupation, que Me Abdoulaye Wade et ses affidés poursuivent leur course folle qui finira inéluctablement par engendrer une riposte populaire foudroyante. En lisant laborieusement son message à la Nation, le président de la République, Secrétaire général national du PDS, a donné l'impression qu'il se soumettait à une évaluation dont les résultats médiocres étaient connus d'avance. Et il le savait. C'est dans cet esprit que les Sénégalais ont donc suivi la longue litanie qui n'a, en définitive, ouvert aucune perspective nouvelle.

En se gargarisant de mots pour continuer d'essayer de maquiller la triste réalité, Abdoulaye Wade s'est révélé tel qu'en lui-même, c'est-à-dire, un simple mortel qui commet une faute grave, en se livrant éperdument à la quête du profil de l'Absolu, dont Seul Dieu est le détenteur. Toutes ses réactions épidermiques sont en fait l'écho d'un égo tellement hypertrophié qu'il ne tolère pas la cohabitation sur la planète terre avec tous ceux qui ne sont pas admiratifs devant son bilan, que même ses laudateurs les plus zélés, ont du mal à percevoir. L'horrible statue dite de la Renaissance africaine, dans sa conception, son mode de financement, comme dans sa réalisation, résume, à lui seul, la tragédie d'un homme à jamais marqué par un échec spectaculaire qui frappe le pouls du pays et les moindres pores de la Nation.

Le Bureau politique de l'AFP tient à rappeler aux tenants du pouvoir qu'un simple coup d'œil rapide sur les données en présence met à nu une situation catastrophique qui mène le Sénégal vers le chaos, si le peuple debout n'exerce pas son droit à la résistance. En effet, au fil du temps, le régime en place a méticuleusement détruit les principaux secteurs de l'économie nationale générateurs de richesses. L'incompétence, ajoutée à l'affairisme débridé, est rapidement arrivé à bout des principales unités industrielles de notre pays que sont la SONACOS, les ICS, la SAR et la SENELEC. En plombant l'énergie, le pouvoir a hypothéqué durablement les capacités de production, la rentabilité, l'investissement et l'emploi.

Quant au monde rural, il subit, depuis l'avènement de Me Wade, le poids des tentacules qui le prive de semences en quantité et qualité suffisantes, d'engrais et de matériels agricoles accessibles, et surtout de financements en temps réel, pour bénéficier de vraies campagnes de commercialisation agricole. Privés de revenus, pris dans le tourbillon de la paupérisation accélérée, les paysans, éleveurs et pêcheurs sénégalais font de surcroit l'objet d'une tentative de caporalisation digne des régimes autoritaires d'un autre âge.

Naturellement, pour les franges les plus démunies de la population, la spirale inflationniste a aggravé les pénuries de toutes sortes et revêt un caractère dramatique. Face à un environnement profondément affecté par l'appauvrissement des sols, l'avancée du désert, le paysan sénégalais est pris dans l'étau de l'exode rural pour grossir dans les villes et les zones périurbaines les rangs déjà serrés des sans-emploi qui se livrent, au quotidien, à une lutte âpre pour la survie. Comme la plupart des Sénégalais honnêtes, ces victimes du système en place financent, par le calvaire subi, le train de vie arrogant d'un clan qui n'en a cure. Bien entendu, les finances publiques totalement anémiées ne peuvent plus supporter le cout minimal d'une politique sociale à même de prendre en charge des dossiers brûlants tels que ceux de l'Education, de la Santé et du logement.

Au même moment où ces secteurs subissaient des coupes sombres, les vannes du Trésor public étaient largement ouvertes à des tenants du régime aux fins de conduire des travaux de l'ANOCI qui sont le plus grand scandale du Sénégal indépendant. Hélas, le coup de frein donné par le peuple sénégalais le 22 mars 2009 n'a pas encore mis fin à la trajectoire des prédateurs dont les agissements criminels sont en train de porter un préjudice incommensurable à notre pays et à ses populations. Barça ou Barsakh !

Insensibles aux récriminations du peuple, le régime de Me Wade continue désespérément de tenter d'imposer une succession monarchique, en démantelant les acquis démocratiques. L'approche grossière du ministère de l'Intérieur, pour tenter d'imposer un point de vue partisan lors des réunions relatives à la revue du code électoral, n'est qu'un élément d'un énorme puzzle où figurent un fichier électoral piégé, la terreur que le président de la République a exercée lui-même sur le président de la CENA, l'interminable tripatouillage de la Constitution et la création d'Institutions inutiles et illégitimes comme la vice-présidence de la République, le Sénat et le Conseil économique et social, dont les membres ont été nommés sur des considérations bassement politiciennes. Ces dérives se situent dans un contexte général où règne l'impunité, illustrée par le sac sans suite de sièges d'organes de presse, conduit par un homme de main de Me Abdoulaye Wade, sans oublier les événements tragiques de Kédougou, qui ne sont guère isolés.

Le Bureau politique de l'AFP estime que toutes ces tensions répétées constituent une grave montée des périls d'autant plus inquiétante que la situation dans la sous-région est instable, qu'il s'agisse de la Guinée Conakry ou de la Guinée Bissau. Mais là également, le manque de mesure des autorités sénégalaises a provoqué un isolement de notre pays qui consacre l'échec d'une diplomatie qui était, jusqu'en l'An 2000, citée en exemple, dans le monde entier. L'affaire Segura a donné le coup de grâce. Eu égard à tous ces éléments palpables et visibles comme le soleil de midi, le Bureau politique de l'AFP invite Me Abdoulaye Wade à prendre conscience de ses limites inquiétantes et du préjudice qu'il cause au Sénégal dans les actes qu'il pose et les déclarations malheureuses qu'il fait.

C'est pour toutes ces raisons que le Bureau politique de l'AFP invite tous les responsables et militants du Parti à saisir la gravité du moment et à se mobiliser, dans la solidarité avec toutes les forces patriotiques, au sein de Bennoo Siggil Senegaal, des parties prenantes aux Assises nationales, de la société civile et du peuple pour défendre notre démocratie contre le clan qui s'emploie à la museler. C'est ainsi que les démocrates sauveront notre pays des serres des prédateurs impénitents. C'est aussi dans cet esprit qu'il convient de préparer minutieusement l'organisation intellectuelle, politique et matérielle du prochain congrès du Parti.

Unis, nous vaincrons !

 


Fait à Dakar, le 11 janvier 2010 

Le Bureau politique de l'AFP