Communiqué du Bureau Politique de l'AFP

Vendredi,  10 mars 2006

Le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le Vendredi 10 mars 2006, sous la présidence de M. Moustapha Niasse Secrétaire Général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale ;
2. Vie du Parti.

Le Bureau politique a tenu tout d'abord à adresser ses vives félicitations au Secrétaire général, Monsieur Moustapha Niasse qui, six semaines durant, a effectué une dizaine de missions dans quatre Continents, missions au cours desquelles il a rencontré des chefs d'Etat, des universitaires, des hommes de culture et des chefs d'entreprises. C'est ainsi que dans des villes comme Paris, Washington, Doha, Prétoria, Kinshasa, M. Moustapha Niasse a confirmé ses qualités d'homme d'Etat, de pédagogue, de diplomate et de fin négociateur, au service du dialogue des civilisations, de la paix et du développement
concerté.

Le Bureau politique de l'AFP a ensuite procédé à une analyse de la situation nationale, à la lumière des derniers développements relatifs à l'effondrement d'importantes unités industrielles, aux troubles qui se sont déroulés dans les Universités, au processus électoral piégé et au dialogue entre le pouvoir et l'opposition. Le Bureau politique de l'AFP a constaté que le gouvernement de Me Abdoulaye Wade poursuit son cheminement insouciant, n'arrive toujours pas à prendre la vraie mesure des problèmes et croit pouvoir s'en tirer à bon compte, en niant les évidences et en appliquant sa maxime : "le coupable c'est toujours l'autre".

En ce qui concerne les unités industrielles qui s'essoufflent, nombre de difficultés sont causées par des choix aventureux et l'incompétence notoire, qui affectent la crédibilité de l'Etat. C'est cela qui explique les relations souvent tendues avec les bailleurs de fonds que le gouvernement pense régler avec une approche polémiste et l'altération des faits. Est-il possible de nier aujourd'hui que la Sonacos privatisée est incapable d'acheter la production arachidière ? Est-il possible de nier que la Sénélec, avec ses interminables délestages, représente un sérieux obstacle pour les investisseurs ? Est-il possible de nier que les ICS, qui généraient des bénéfices avant l'alternance, sont aujourd'hui dans le gouffre ?

La triste réalité, c'est non seulement l'absence de nouveaux investissements pourvoyeurs d'emplois, mais la faillite des unités industrielles existantes et les menaces de désinvestissement qui planent sur l'économie nationale. En outre, les déclarations intempestives des tenants du pouvoir ne plaident guère pour l'amélioration des tendances.

C'est bien ce style boiteux du gouvernement de Me Wade qui a aggravé la crise du système éducatif sénégalais, notamment dans les Universités, où la violence physique et verbale est d'abord le fait des autorités. Depuis la mort de l'étudiant Balla Gaye, le bilan est lourd. "Les enfants gâtés" de Me Wade ce sont des étudiants qui vivent jusqu'à huit dans les chambres, ils suivent parfois le cours debout, derrière les fenêtres des amphithéâtres. Ils arrivent souvent en retard, du fait de la mobilité urbaine mise à plat par des travaux tous entamés en même temps, pour des raisons politiciennes, peut être aussi par incompétence.

Le Bureau politique de l'AFP invite le pouvoir actuel à bannir la violence, la tentation de la corruption et à négocier sérieusement avec les étudiants, autour d'une plateforme qui évoque des difficultés objectives, dont le manque d'infrastructures et d'équipements n'est pas des moindres.

En ce qui concerne le processus électoral, la volonté d'entretenir la nébuleuse est la seule constante. Aujourd'hui, le Sénégal est le seul pays au monde n'ayant pas connu de guerre civile et où les dates des élections générales sont méconnues. Guidé par sa peur bleue des électeurs qui l'ont élu le 19 mars 2000, le pouvoir actuel s'obstine à verser dans la discrimination, en refusant d'installer des commissions administratives d'inscriptions dans la plupart des zones rurales. La marche des paysans de wack ngouna traduit l'indignation du monde rural, mais aussi sa détermination à faire usage de ses droits civiques, pour se débarrasser d'un régime qui s'emploie à le piétiner. Aujourd'hui, tout est organisé pour ralentir les inscriptions jusqu'au début de l'hivernage, qui parachèvera cette politique inqualifiable d'exclusion du plus grand nombre. Il est manifeste que la refonte totale du fichier électoral est un échec patent, en partie programmé. Le recours à l'ancien fichier est devenu un impératif, à moins que le gouvernement de Me Wade ne veuille inventer d'autres subterfuges dangereux, pour éviter les rendez-vous électoraux.

Ces nombreux manquements devraient par conséquent figurer à l'ordre du jour de toute rencontre de l'opposition avec le Président de la République. Il en est de même des urgences sociales et des mesures de sauvegarde en faveur de l'industrie. Pour le Bureau politique de l'AFP, le dialogue du Chef de l'Etat avec l'opposition ne saurait être instrumentalisé, aux fins de propagande tapageuse, à l'image de celle que les médias d'Etat accaparés par le pouvoir actuel sert honteusement aux Sénégalais

Abordant le dernier point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a adressé ses vives félicitations aux femmes du parti, qui ont célébré avec dignité la Journée Internationale de la Femme. La participation et la solidarité agissante du Secrétaire général, M. Moustapha Niasse traduisent la permanence des options de l'AFP qui privilégient la protection et la promotion de la femme.




 

Fait à Dakar, le vendredi 10 mars 2006

Le Bureau politique de l' AFP