COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 09 septembre 2008

 


Le Bureau politique de l’Alliance des Forces de Progrès s’est réuni le mardi 9 septembre 2008, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général, autour de l’ordre du jour suivant :

1.    Situation nationale;

2.    Vie du Parti.

Examinant le premier point, le Bureau politique s’est penché sur la situation insoutenable créée par les inondations et l’envahissement de Dakar et de sa banlieue par les ordures ménagères et les eaux usées. Il a tenu à exprimer toute sa solidarité envers les populations sinistrées abandonnées à leur sort par Abdoulaye Wade et son pouvoir pseudo libéral, populations qui ont tenu à manifester leur mécontentement contre le cortège du Premier Ministre, avec brassards rouges et concerts de casseroles, malgré la forte présence policière.

Les conséquences de ce désastre, à la fois écologique, social et économique, étaient prévisibles. Rien n’a été entrepris, avec conscience et volontarisme pour protéger les populations contre ces inondations, et c’est le fait de l’incurie et du manque de savoir-faire, en de nombreux domaines, d’un régime qui a touché le fond de l’incompétence.

C’est pourquoi, l’Alliance des Forces de Progrès exige des Autorités de l’Etat la mise en place rapide de mesures et de moyens propres à apporter des réponses définitives, tant en ce qui concerne les urgences que pour les court et moyen termes, aux préoccupations des habitants de ces zones. En effet, le régime PDS, qui a englouti 52 milliards dans le soit disant Plan Jaxaay prétexte brandi, à l’époque, par Abdoulaye Wade, pour repousser les élections législatives de 2006, continue d’afficher son incompétence et son irresponsabilité, avec des promesses vite rangées aux oubliettes et en jetant de la poudre aux yeux des populations par des dispositions inefficaces et insuffisantes.

C’est ainsi que le dernier Conseil interministériel n’a prévu qu’une enveloppe insignifiante de 300 millions de francs CFA destinée aux Sapeurs pompiers de Dakar pour faire face aux conséquences des inondations. Cette somme qui ne constituera qu’une goutte d’eau dans les mares qui jalonnent le parcours des habitants de Dakar et banlieue, a d’ailleurs du mal à être effectivement versée dans les comptes des Soldats du feu, en raison de la situation calamiteuse de la Trésorerie de l’Etat. Que représentent 300 millions comparés au coût des vacances en Europe de Me Abdoulaye Wade et de ses ministres ?

A ce propos, le Bureau politique a, une fois de plus, évoqué la crise financière profonde que connait l’Etat du Sénégal, aujourd’hui au bord de la banqueroute, conséquence d’une gestion gabegique des ressources publiques dont les dépassements budgétaires avoués par le gouvernement, suite aux pressions des Institutions de Bretton Woods, et le limogeage spectaculaire du Ministre du budget, ne sont que l’arbre qui cache la forêt. Cette crise financière affecte sérieusement, non seulement la sécurité de milliers d’emplois et l’équilibre des entreprises du secteur privé tout près du dépôt de bilan pour non respect par l’Etat de ses engagements de règlement, mais aussi le fonctionnement même des structures dépendant de l’administration, comme les hôpitaux publics dont la dette aux fournisseurs s’élèverait à plusieurs dizaines de milliards de francs CFA.

L’AFP tient entièrement pour responsable de cette situation Abdoulaye Wade et son régime, habitués à dilapider les fonds publics pour satisfaire les besoins d’un train de vie effréné, par le biais de transferts inconsidérés de crédits et de l’exécution de dépenses publiques sans couverture budgétaire, entrainant, ipso facto, des gouffres dans la trésorerie de l’Etat et, le tout, en violation des dispositions de la Loi de Finances.  

Le Bureau politique a, par ailleurs, dénoncé et condamné avec vigueur, le calvaire permanent que sont contraints d’endurer, par la turpitude et l’incompétence du régime d’Abdoulaye Wade, les usagers de  l’axe routier Dakar – Bargny, obligés de passer ente 4 et 8 heures, dans un environnement envahi par les eaux de pluies, les ordures ménagères et les eaux usées, pour parcourir les 30 kilomètres de l’unique voie d’accès à la capitale. Le Bureau politique exige la réalisation, non seulement d’un audit financier, mais aussi d’une évaluation technique d’étape des travaux de l’autoroute à péage qui ont déjà accusé un retard considérable sur le programme annoncé, sans qu’une alternative provisoire adaptée soit proposée aux populations. Cette évaluation doit aussi éclairer les Sénégalais sur les causes ainsi que les conséquences financières et sociales de ces retards, en particulier sur les énormes pertes financières causées à l’économie nationale estimées à des centaines de milliards de francs CFA par an.

Examinant la situation  créée par les violences exercées par l’Etat-PDS sur les journalistes et les organes de presse, le Bureau politique de l’Alliance des Forces de Progrès, tout en se félicitant des premiers résultats obtenus par la pression et la mobilisation des journalistes de la presse nationale soutenus par l’opinion publique et par leurs confères de la presse internationale, considère que les forces démocratiques doivent demeurer vigilantes et exiger que justice soit faite, très rapidement, dans le dossier Farba Senghor, qui doit être traduit devant les juridictions appropriées et, le cas échéant, sanctionné à la hauteur des forfaits commis. Le Bureau politique de l’AFP estime, en effet, qu’il n’est pas exclu que les Sénégalais assistent, encore une fois, dans cette affaire impliquant un proche d’Abdoulaye Wade, à une mise en scène théâtrale et burlesque d’un vaudeville qui se terminerait par l’impunité de l’auteur, à l’instar de ce qui s’est toujours passé lorsqu’il s’agit de forfaits commis ou commandités par des individus, dès lors que ces derniers se trouvent dans l’entourage immédiat d’Abdoulaye Wade, comme ce fut le cas dans l’affaire Talla Sylla.

Le Bureau politique de l’AFP appelle tous les démocrates sénégalais et toutes les organisations de défense de libertés à ne pas baisser la garde, à constituer un large Front national de Défense des Libertés démocratiques pour exiger que justice soit rendue dans l’affaire Farba Senghor ainsi que dans les violences perpétrées contre Talla Sylla et les journalistes Kambel Dieng et Karamokho Thioune afin que prenne fin le règne de l’impunité, d’autant que des journalistes continuent de faire l’objet de convocations intempestives pour des auditions à la DIC et de menaces portant sur leur intégrité physique et leurs outils de travail.

Le Bureau politique de l’AFP a, d’autre part, évoqué le martyre quotidien vécu par les Sénégalais face au renchérissement du coût de la vie qui a atteint des proportions inacceptables, et à la rareté des denrées de première nécessité ainsi que devant les délestages continus et la hausse vertigineuse des prix de l’électricité. A ce sujet, le Bureau politique condamne le cynisme dont a fait preuve le régime d’Abdoulaye Wade qui s’est illustré par la suppression de la subvention sur le riz, denrée de base de la nourriture des Sénégalais, à la veille du mois béni de Ramadan. Ce, pendant que la fourniture de l’électricité connait de plus en plus de défaillances, sans véritable perspective de solution, malgré les subventions de plusieurs centaines de milliards de francs CFA versées à la Sénélec qui continue, de plus belle, par ses avatars de gestion et ses déficits structurels de production, de plomber l’économie du pays et de plonger les ménages sénégalais dans les pires difficultés.

Abordant le deuxième point de l’ordre du jour, le Bureau politique a entendu un exposé du Secrétaire national chargé de la coordination des activités du parti sur la réalisation du programme d’activités du parti, notamment de celui des Jeunes et de celui des Femmes, ainsi que sur la vente des cartes et la préparation du prochain Congrès du parti.

Le Bureau politique s’est aussi félicité du bon déroulement du travail des commissions thématiques des Assisses nationales et de la mise en place, dans de nombreux départements, des Comités départementaux de pilotage chargés de la mise en œuvre des Consultations citoyennes.


Fait à Dakar, le 09 septembre 2008 

Le Bureau politique de l'AFP